lundi 19 juillet 2010

Des bits et pas de la fibre cellulosique

A mon humble avis :
  • L’imprimerie est condamnée par le numérique comme le papyrus a été condamné par l’imprimerie.
  • Les éditeurs sont condamnés à passer numérique ou à disparaitre avec le papier.
En focalisant le débat sur la défense du papier, on rate les vrais sujets, et ce qui compte vraiment, l’accès à la lecture pour tous. On lisait avant Gutenberg et on continuera à lire après le livre numérique. Le numérique ne tuera pas le livre comme les lecteurs mp3 n’ont pas tué la musique. (Il n’y a jamais eu autant de gens dans les concerts.) Est-ce qu'on lira autrement? Et aussi, selon des travaux récents, le numérique bénéficie surtout à ceux qui maitrisent déjà bien les connaissances. Comment faire pour que le plus grand nombre profite de ces nouvelles technologies ?

Un aspect parmi d’autres, le numérique devrait permettre de faire baisser le prix de l’accès aux contenus. Qu’en est-il ? Ca coûte combien ? Pour un journal ? J’ai cherché sur le Web et j’ai trouvé des offres (12 euros/mois pour Libé) mais souvent la durée et le contenu n’étaient clairs. Les livres ? Combien ça coûte un bon vieux livre en format électronique ? On trouve déjà des classiques pour rien ou presque. C’est génial ! Et les livres récents ? Voilà un test qui vaut son pesant de cacahuètes. Sophie a voulu acheter le dernier roman de John Irving, « Last Night in Twisted River », chez Amazon, le roi du livre numérique. Nous avons adoré le « pricing » (j’utilise un mot anglais pour nous distancier de cette aberration) : 11.56 $ en poche ; 18.48 $ relié ; et 20.01 $ en numérique !

Donc on paie plus cher alors que les éditeurs font des économies de papier, d’impression, de stockage, de transports, d’invendus au pilon. Il va falloir qu’ils se calment s’ils veulent qu’on achète leurs livres sinon on peut toujours les télécharger illégalement. Ça ne vous rappelle rien ?
Aujourd’hui, si on n’a pas d’argent, on peut lire autant de livres qu’on veut gratuitement en allant à la bibliothèque. Et demain avec le numérique ? Aujourd’hui, on peut passer des livres à ses copains. Et demain avec le numérique ?

Le papier est en train de disparaître. Un nouveau système est à inventer. Il faut trouver un système qui permette aux écrivains de vivre de leur travail. Il reste aux éditeurs un rôle assez noble, celui de sélectionner les livres que nous liront. Mais d’autres modes de sélection sont possibles, par exemple basés sur la recommandation dans des réseaux sociaux. On aimerait que l’accès à la lecture pour tous soit au centre du dispositif et pas juste le profit des éditeurs.

Note : En temps passé sur chaque média. La télévision est en baisse (–37 %) ; les journaux aussi (–18 %). Les gagnants : les jeux vidéo (+77 %), Internet (+39 %) et la télévision par câble (+20 %). Le livre se défend bien (+3 %). Source US Census Bureau.

Note : Il faudrait aussi parler de la Babel du format. Par exemple, on en arrive à utiliser le lecteur Kindle sur l’Ipad pour lire un livre acheté chez Amazon. Bien sûr, la plupart des livres qu’on trouve sont sous des formats propriétaires. Erk ! La vie est dure !

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