mercredi 25 août 2010

P ≠ NP, Sexe et SMS

Selon une enquête aux US, les jeunes de moins de 25 ans répondent à des messages électroniques pour :
  1. 22% en réunion
  2. 49% en mangeant
  3. 24% sur les gogues
  4. 10% quand ils baisent.
Voir http://adage.com/article?article_id=143705 (trouvé sur le tweet de FB)

C'est encore une expression de la supériorité de la nouvelle génération: ils sont plus "multithreaded" (multi-tâches?) que leurs anciens.

Une enquête indépendante sur un échantillon de 3 personnes dans le RER B a conduit à des résultats similaires. Un exposé devant la direction de l'INRIA a montré que dans les tranches plus âgées, jusqu'à 87% des personnes assistant à une présentation peuvent en même temps répondre à des messages électroniques.

PS: je voulais écrire un article sur la nouvelle "preuve" de P ≠ NP. J'étais très intéressé parce qu'elle utilise la théorie des modèles finis. Mais voilà, j'ai fini sur un sujet plus léger.

jeudi 19 août 2010

Mes livres numériques à moi

J'ai regardé les formats de livres numériques, et voilà mes deux romans en format epub.

Le Livre d'Axel
Hirondelles sur le Web
PS: les versions epub sont thanx to Pierre S.

Webdam Access

Dans l'article précédent, je racontais les derniers jours de la vie privée. J'aurais aussi pu mentionner les trous de sécurité des smart phones, les virus qui s'infiltrent sur ces téléphones comme sur les PCs pour violer l'intimité numérique, ou du vol d'identité. Sur une note plus positive, je vais parler ici de travaux sur un Web plus protégé, notamment autour de la thèse d'un de mes doctorants, Alban Galland.

Le point de départ de Webdam Access est d'utiliser des signatures et de l'encryption pour protéger les données sur le Web. Evidemment, si je vous passe une photo encryptée et son secret, rien ne vous empêche, après l'avoir décryptée, de la publier sur un site quelconque. On va juste essayer de définir ce qui est autorisé ou pas, et de garantir que vous ne vous puissiez pas prouver que vous avez le droit de faire ça. C'est un peu minimum mais c'est déjà beaucoup. Donc on attache à toutes les informations des droits d'accès. On impose des règles comme " vous ne pouvez donner en clair une information à quelqu'un que si vous avez la preuve qu'il a le droit de l'avoir. " On attache aussi des informations de provenance aux informations, elles aussi authentifiées. Bref, on réalise collectivement un contrôle d'accès semblable à ce qu'on trouve dans les bases de données mais dans un environnement où de nombreux " pairs " partagent de l'information. Si tous les pairs sont honnêtes, on aura un système sûr. Sinon, si quelqu'un réalise une action illégale à l'intérieur du contexte sécurisé, on saura le détecter. Ailleurs, c'est la jungle du Web. On peut évidemment combiner tout cela avec d'autres techniques comme le watermarking (marquage en filigrane) qui permet de glisser, par exemple dans une copie de photo, une signature invisible qui permet de la distinguer d'autres copies et ainsi de détecter qui a " fuité ".
Dans ce cadre distribué, la gestion de données peut vite devenir une tâche de raisonnement complexe : trouver qui possède l'information cherchée, trouver une preuve de son droit d'accès à cette information, peut-être décrypter et vérifier que personne n'a triché. Une des difficultés est la gestion des mises-à-jour. Comment je fais pour révoquer maintenant les droits de quelqu'un sur un rapport, quand des tas de gens croient savoir que cette personne a le droit de le lire ?
Pour plus d'info, contacter Alban.Galland <à> inria.fr

mardi 17 août 2010

On cache tout – On cache rien

La globalisation de la société s'accompagne d'une autre globalisation peut-être aussi effrayante, celle de la vie privée. Après la famille, la tribu, le village, la ville, vous voilà plongés dans le réseau universel. Du 22 à Asnières, vous êtes passés brutalement à machin@gmail.com. Comme vos jobs, vos adresses sont délocalisées. Vous n'êtes plus nulle part et pourtant jamais vous n'avez été aussi suivis, tracés, espionnés : CCTV, Navigo, GPS, CB, etc. Vos trucs à vous, votre petite vie étriquée qui n'intéresse personne, sont exposés dans leurs moindres détails.

Une bêtise de jeunesse que vous vouliez cacher, des goûts que vous préféreriez garder pour vous, des entorses banales à la loi ou à des morales trop étriquées. Tout peut y passer ! Pas de droit à l'oubli, pas de droit au secret. Des pages Web viennent réveiller des souvenirs que vous aimeriez gommer, des blogs, des forums, les ressasser, leurs images peut-être vous hanter. Vous n'êtes rien et pourtant, vous vous mettez à exister dans des recoins du Web contre votre gré. Des ennemis ou pire des "amis" viennent vous rappeler vos erreurs, ou juste raconter, déformer des vérités qui ne leurs appartiennent pas. Et puis la rumeur peut enfler, et détruire encore plus efficacement que la langue de vipère ou le corbeau d'antan. Comment lutter contre une pieuvre qui enveloppe la terre avec la mémoire infinie de ses téraoctets ?

On vous avait dit que le Web apportait la connaissance universelle. On avait oublié de vous dire qu'il traînait dans ses guêtres, la commère de tous les commérages. L'informatique procure des moyens considérables pour obtenir des informations sur vous, les stocker dans des bases de données innombrables - vos comptes bancaires, vos mails sur Google, vos amis sur Facebook, vos bookmarks sur Firefox Sync, etc - et maintenant les disséminer. Les lois sur la protection de la vie privée (comme Informatique et Liberté) se révèlent bien inefficaces devant l'ampleur du problème.

Est-ce que la techno qui nous a mis dans ce merdier peut nous sortir de là? Je crains que non. La loi pourrait. Mais j'ai peur que les remèdes ne soient bien pires que le mal. Un flicage intensif ne servirait que les dictateurs et les moralisateurs de tous poils.

Alors on fait quoi ? On peut s'acheter une île, y interdire les nouvelles technologies, ou à défaut de l'argent pour, rejoindre les derniers rescapés du fléau, SDF et autres IAPF (Internet Access Provider Free).


















Il faut plutôt apprendre à vivre avec ces nouvelles technologies. Il faut apprendre à ne pas mettre tout et n'importe quoi sur le Web. Publier le nom de votre coup de foudre d'hier soir sur Facebook, ce n'est peut-être pas très intelligent. Mettre la photo d'un pote très ému sur votre blog, ce n'est pas drôle. Il faut apprendre à se protéger. Il faut développer pour le Web, des règles de bases de vie en communauté.

PS : Dr. Twitter et M. Carpe. A coup de blogs, de tweets, et autres instruments de ramdam, nous prenons tant de plaisir à nous raconter dans un étalage qui donne parfois le vertige, la nausée. Et en même temps, on aimerait vivre caché? On veut dire ou on veut taire ? C'est quoi cette schizophrénie ?

dimanche 25 juillet 2010

Mourir sur Facebook

J'ai causé d'un article du New York Times, Facebook After Death avec des amis. Dans le roman que j'écris en ce moment, l'Arpette, il y a un chapitre sur le sujet. En voilà un extrait:

Elle avait de nombreux contacts sur Facebook. Il faudrait compter combien parmi eux n'étaient que des loosers qui n'avaient accepté ou même demandé à être son " ami " que pour améliorer leurs propres scores ? Donnant-donnant. Tu fais plus un et moi aussi. Certains savent à peine qui était Denise Hervieux. D'autres l'ont oublié ou ne l'ont peut-être même jamais su. Peu parmi eux s'apercevront de sa disparition. Ils seront encore moins à la pleurer.

Son compteur de contacts s'est bloqué car elle n'est plus. Facebook va continuer à la proposer comme amie, dans de charmants clins d'œil de l'au-delà. On frissonne devant un de ces messages même si on sait bien que le mort n'a rien à voir avec l'indélicatesse de la proposition. Finalement, reste une occasion troublante de se souvenir.


Avec un employé pour des centaines de milliers d'utilisateurs, on comprend que Facebook ne fasse dans la dentelle. Un jour, ils s'apercevront de la disparition de Denise, sans doute parce qu'une de ses amies aura trouvé le bouton de déclaration de décès. Un contrôleur de mort vérifiera qu'il ne s'agit pas d'une mauvaise plaisanterie. Peut-être accolera-t-il alors au nom " Denise Hervieux ", une petite croix, pour elle la si peu catholique. Et ses pages Facebook deviendront un mausolée.


Facebook n'était qu'un truc de gosses. Des vieux y meurent maintenant et leurs morts compliquent la vie du réseau.


Les amies de Denise vont essayer de continuer à la faire vivre sur le Web. Mais l'issue de leur combat contre le temps ne fait aucun doute. Les comptes de celle qui vient de mourir vont être arrêtés. Ses pages sur Facebook finiront par disparaitre. Son site Web se figera. Encore quelques années et il sera fermé, entraînant avec lui dans sa mort, la mention " Webmaître Denise Hervieux ". Tous les sites où elle écrivait s'éteindront eux aussi l'un après l'autre. Ça prendra peut-être du temps, mais les marques qu'elle a laissées sur la toile s'estomperont , disparaitront. Vingt ans, cent ans, deux cents, l'infini pour le Web, et Denise finira avec Sebastian, fossilisés ensemble dans les archives du Web, sur la Wayback Machine, fosse commune des internautes disparus.

lundi 19 juillet 2010

Des bits et pas de la fibre cellulosique

A mon humble avis :
  • L’imprimerie est condamnée par le numérique comme le papyrus a été condamné par l’imprimerie.
  • Les éditeurs sont condamnés à passer numérique ou à disparaitre avec le papier.
En focalisant le débat sur la défense du papier, on rate les vrais sujets, et ce qui compte vraiment, l’accès à la lecture pour tous. On lisait avant Gutenberg et on continuera à lire après le livre numérique. Le numérique ne tuera pas le livre comme les lecteurs mp3 n’ont pas tué la musique. (Il n’y a jamais eu autant de gens dans les concerts.) Est-ce qu'on lira autrement? Et aussi, selon des travaux récents, le numérique bénéficie surtout à ceux qui maitrisent déjà bien les connaissances. Comment faire pour que le plus grand nombre profite de ces nouvelles technologies ?

Un aspect parmi d’autres, le numérique devrait permettre de faire baisser le prix de l’accès aux contenus. Qu’en est-il ? Ca coûte combien ? Pour un journal ? J’ai cherché sur le Web et j’ai trouvé des offres (12 euros/mois pour Libé) mais souvent la durée et le contenu n’étaient clairs. Les livres ? Combien ça coûte un bon vieux livre en format électronique ? On trouve déjà des classiques pour rien ou presque. C’est génial ! Et les livres récents ? Voilà un test qui vaut son pesant de cacahuètes. Sophie a voulu acheter le dernier roman de John Irving, « Last Night in Twisted River », chez Amazon, le roi du livre numérique. Nous avons adoré le « pricing » (j’utilise un mot anglais pour nous distancier de cette aberration) : 11.56 $ en poche ; 18.48 $ relié ; et 20.01 $ en numérique !

Donc on paie plus cher alors que les éditeurs font des économies de papier, d’impression, de stockage, de transports, d’invendus au pilon. Il va falloir qu’ils se calment s’ils veulent qu’on achète leurs livres sinon on peut toujours les télécharger illégalement. Ça ne vous rappelle rien ?
Aujourd’hui, si on n’a pas d’argent, on peut lire autant de livres qu’on veut gratuitement en allant à la bibliothèque. Et demain avec le numérique ? Aujourd’hui, on peut passer des livres à ses copains. Et demain avec le numérique ?

Le papier est en train de disparaître. Un nouveau système est à inventer. Il faut trouver un système qui permette aux écrivains de vivre de leur travail. Il reste aux éditeurs un rôle assez noble, celui de sélectionner les livres que nous liront. Mais d’autres modes de sélection sont possibles, par exemple basés sur la recommandation dans des réseaux sociaux. On aimerait que l’accès à la lecture pour tous soit au centre du dispositif et pas juste le profit des éditeurs.

Note : En temps passé sur chaque média. La télévision est en baisse (–37 %) ; les journaux aussi (–18 %). Les gagnants : les jeux vidéo (+77 %), Internet (+39 %) et la télévision par câble (+20 %). Le livre se défend bien (+3 %). Source US Census Bureau.

Note : Il faudrait aussi parler de la Babel du format. Par exemple, on en arrive à utiliser le lecteur Kindle sur l’Ipad pour lire un livre acheté chez Amazon. Bien sûr, la plupart des livres qu’on trouve sont sous des formats propriétaires. Erk ! La vie est dure !

mardi 6 juillet 2010

Evaluons, evaluons

Un numéro spécial de Nature sur la bibliométrie si vous n'êtes pas encore saturés par ce sujet qui finit par devenir plus important que la recherche elle-même.

samedi 3 juillet 2010

J’ai même pas d’iPad

Il est beau. Il est lisse. Il sent bon le luxe. Mais il sert à quoi ? Il est plus cher qu’un netbook. C’est un peu comme un gros Iphone mais sans caméra (pas de vidéo sur Skype) et super trop lourd pour téléphoner. Il est trop fragile pour qu’on l’emmène sur les chantiers. Un jour on pourra s’en servir comme télécommande globale à la maison pour la télé, les machines à laver, le frigidaire, etc. Mais pour l’instant, on ne peut même pas éteindre la lumière avec.

Buzz réglé au millimètre, rupture de stock bien orchestrée, records de vente, annonces modestes : "Ladies and gentlemen, well mostly ladies. I give you the greates invention of all time! (Steve Jobs pour la sortie de l'iPad.)

Combien ça coûte : 500 et 900 euros pour l’iPad selon Wikipédia. (C’est fou ce qu’on trouve dans les encyclopédies de nos jours.) C’est cher pour lire son mél et surfer le oueb. Mais quand on aime, on ne compte pas.

Cela a facilement convaincu les branchés, ceux qui l’ont attendu, ceux qui ont fait la queue pour l’acheter, ceux qui l’ont déjà, ceux qui ne peuvent plus s’en passer, ceux qui ont déjà commandé l’iPhone 4. Mais c’est pas pour :

  • Les ringards comme moi qui pensent pouvoir vivre sans.
  • Les malins qui attendent la prochaine version qui sera beaucoup mieux.
  • Les radins qui attendent que le prix baisse.
  • Les pauvres membres de l’Institut de Prévention des Accidents Domestiques devenu introuvable sur le Web.
  • Les écolos qui n’y voient que pollution et gaspillage de moult matières premières.
  • Ceux qui trouvent que c’est liberticide qu’un développeur ait à demander la permission à Apple pour proposer la moindre application et d’avoir à leur refiler un pourcentage des ventes. (Apple a presque coulé parce que le Mac était trop fermé. Ils refont la même erreur ? Je ne comprends pas tout.)
  • Tous ceux qui ne voient pas à quoi il sert.
  • Et les pauvres qui n’ont pas les moyens de se payer tous les nouveaux gadgets inutiles.

Ca fait quand même beaucoup de monde. Apple devrait s’inquiéter

Une photo qui commence à dater mais que je trouve toujours drôle

Sérieusement, on peut s’en servir pour regarder des films dans les trains ou les avions. On faisait déjà ça avec son laptop mais l’image et le son sont meilleurs. OK mais pas de quoi crier à la révolution. C’est aussi un des nombreux supports pour le livre numérique. Petite mise au point : iPad n’était pas le premier. Dans le créneau, je verrais même une avance pour le Kindle d’Amazon qui est basé sur du papier numérique et permet de lire des e-book. Pub gratuite : le Kindle ne coûte que 189$ chez Amazon US.

jeudi 17 juin 2010

Informatique en Terminal S: formation des profs

Si ça vous a échappé, allez voir le programme proposé par Jean-Pierre Archambault, Gérard Berry, Gilles Dowek et Maurice Nivat.

Il présente parfois une vision un peu française du domaine, mais on ne cachera pas notre plaisir. Un programme ambitieux et intéressant qui a d'abord le mérite d'exister.

Pas mal d'info sur le site de l'Association Enseignement Public & Informatique, EPI: http://www.epi.asso.fr

mercredi 12 mai 2010

Mégalo campus - suite

Si vous avez comme moi un avis réservé sur le mégalo campus Cassoulet, allez lire:

La cité scientifique de Tsukuba gagnée par l’obsolescence

[Tôgo Tsukahara et Hironori Ayabé, Annales de la Recherche Urbaine]

Ca parle de Tsukuba (le mégalo campus Sushi?) et des problemes d'urbanisme notamment. Un morceau choisi:

Actuellement, Tsukuba est confrontée à tant de problèmes qu’on ne peut tous les énumérer. Citons seulement le grand nombre de terrains inutilisés, le retard dans l’ancrage de la population, la faible propension à accueillir des étrangers et la pauvreté du réseau de transports en commun. Aujourd’hui, on espère beaucoup du train express Tsukuba de la compagnie JR, qui relira dès août 2005 Tsukuba au centre de Tokyo.

Les mauvaises langues vont dire que c'est ce que sera le mégalo campus dans 20 ans.

lundi 3 mai 2010

NoSQL. La fin d'un mythe ?

Comme pas mal d'autres chercheurs en bases de données, j'ai développé avec le temps une schizophrénie certaine. J'enseigne les bases de données relationnelles et je parle aux élèves de la beauté du calcul relationnel (First-order logic, les petits!), de l'algèbre relationnelle, et de notre standard SQL. Et à coté, j'aligné la recherche sur des données N1NF, des données déductives, des données objet, des données semistructurées; autant d'agressions contre le dogme relationnel. Et si on trouvait toujours quelqu'un pour nous dire que ça ne servait rien, que le monde était relationnel, ça ne nous a jamais empêché de vivre.

Et puis est arrivé XML qui est devenu un standard pour les données, plus standard que le standard relationnel. A l'occasion, on en a profité pour réaliser que maintenant que tout le monde programmait en objet, les bases de données objets s'imposaient sans combat. Même la déduction qui revevait à la mode! Mais elle était où la mode?

Une rumeur venue des US: Le monde devient NoSQL!

Késako NoSQL? Pour les prudents: cela veut dire "not only SQL". Donc c'est juste une platitude car tout le monde sait qu'il n'y a pas que des tableaux à deux dimensions dans la vie. Alors du pipeau? Non! C'est comme Web 2.0, c'est scientifiquement indéfinissable, mais c'est un état d'esprit, un mouvement, presqu'un art de vivre (ouf: je vais me faire chambrer). En tous cas, NoSQL ça doit être cool car même Mike Stonebraker se met tirer à dessus.

Bienvenue dans le monde fascinant de la gestion de données à l'échelle du Web avec ses DHT, ses map-reduce, et ses annotations sémantiques! Enfin de la techno qui décoiffe. [Voir le livre là-dessus "Web Data Management and Distribution", Pub (*).]

Un avis personnel, on peut voir dans NoSQL deux aspects principaux :

  • On peut faire de la gestion de données avec un opérateur scan, un index clé/valeur et basta!
  • On peut faire de la gestion de données en utilisant massivement la distribution.
Tout ça, c'est ce qu'on gagne: la simplicité et le passage à l'échelle. Le prix à payer: on zappe la gestion stricte de la concurrence, style ACID, et les requêtes compliquées, genre plein de jointures.

D'un point de vue logiciel, ça conduit à plein de logiciels souvent libres. (NoSQL, c'est un peu "A bas les serveurs relationnels d'Oracle, IBM et Microsoft".) Notamment:

  • Des systèmes autour de Map-Reduce comme Hadoop.
  • Des bases de données objet comme db4o.
  • Des bases de données XML comme eXist.
  • Des systèmes de stockage massif de documents.
  • Des systèmes de clé/valeur autour d'une DHT comme Dynamo.
(*) SA, Ioana Manolescu, Philippe Rigaux, Marie-Christine Rousset, Pierre Senellart. Version alpha à http://webdam.inria.fr/textbook/ - écrivez moi si vous voulez les login et passwd. Sortie cette année chez un éditeur. Stay tuned!

lundi 5 avril 2010

Libérez les données publiques !

Excuses : cet article est trop long. Mais c’était un long weekend, le temps était pourri et le sujet me tient à cœur.

Vous vous êtes sûrement déjà révoltés contre des organismes publics qui se refusaient à publier leurs informations. Vous vous êtes énervés sur d’autres qui les cachaient dans des labyrinthes de pages Web indigestes. Pas vous ? Moi si ! C’est de l’information publique payée par nos impôts, qu’on cache dans des armoires, qu’on planque au fond du Web. Les nouvelles technologies, ce ne sont pas juste des trucs pour que l’Etat puisse mieux fliquer. Cela doit aussi permettre d’ouvrir vraiment la vie politique au plus grand nombre, de mieux contrôler l’Etat. On va dire (et désolé pour les gros mots) que l’ouverture des données publiques est à la base de la démocratie moderne.

Longue digression sur des sujets liés : Le livre électronique et le patrimoine de la BNF. Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu comme bêtise récemment :
  1. Le livre électronique allait tuer la lecture (comme le papyrus ou l’imprimerie l’avaient fait il y a belle lurette ; c’est bien connu).
  2. On allait perdre le plaisir de la lecture : la bonne odeur du papier (ma préférée), le bonheur de feuilleter les encyclopédies en vingt volumes (tout le monde a ça chez soi), l’enchantement de vivre entouré des milliers de livres de sa bibliothèque personnelle (à la portée de tous les prolos bien sûr).
  3. On allait tuer les libraires et les éditeurs. Il est vrai que ces métiers risquent de disparaître au moins comme on les connait aujourd’hui. Mais un préalable : l’objectif sociétal est de garantir l’accès à la lecture (pas aux livres papiers) pour tous au meilleur prix, et pas de sauver l’édition ou la librairie. Si ces métiers doivent changer, désolé, qu’ils changent !
  4. On allait brader notre patrimoine. On revient sur le sujet. Le patrimoine de la BNF (même si ce n’est pas vraiment de ça qu’on parle), c’est des données publiques. On a eu droit au match de boxe, BNF contre Google. Du Grand-Guignol. Des gens très savants nous ont expliqué les horreurs d’une indexation moderne impérialiste et inculte. Est-il nécessaire de le préciser ? L’indexation et les annotations sémantiques ne sont ni de gauche ni de droite, ni intelligentes, ni anti-intelligence. Elles sont ce que vous en faites. Google ne va pas voler notre culture et la transformer en parc d’attraction. Soyons sérieux ! La techno de Google est loin d’être parfaite. Elle n’est pas compliquée à reproduire. Par contre, le patrimoine de la BNF est unique. N’ayons pas peur ! Ces informations représentent de la valeur et l’Etat est bien placé pour imposer ses règles. Négociez ! Imposez des règles !
Pourquoi cette longue digression ? Parce que pour les données publiques aussi, la nouveauté fait peur. Pour les données publiques, l’argument principal va sans doute être le risque de détournements que l’on pourrait faire de toutes ces données si elles étaient disponibles sur le Web. Il ne faut pas être naïf, ces risques existent. OK. Mettez des règles !

C’est vrai qu’on peut imaginer une véritable révolution. On ne sait pas très bien ce que c’est les données publiques : des budgets, des statistiques, des formulaires, des règlements, etc. Les détails du chômage, de l’exclusion, du racisme ? La réalité du mal-logement ? Les performances des hôpitaux ? La criminalité près de chez vous ? Les accidents de la route dans votre ville ? Le travail ou pas de vos élus ? Les prix de l’immobilier ? Que feraient les citoyens s’ils savaient vraiment ce qui se passe ? C’est la vérité qui fait peur ? Pourtant, elle seule permet d’attaquer les problèmes.

A l’étranger, ça déménage ! Avec data.gov, les US d’Obama sont volontaristes. D’autres pays s’y mettent, comme les anglais avec data.gov.uk conseillés par Sir Tim Berners-Lee. Depuis peu, Google Data Explorer (encore le méchant loup) facilite l’exploration et la visualisation de données publiques américaines. C’est encore limité mais ça vaut le coût d’aller voir.

Et la France ? Je nous croyais en retard comme on l’est en général dans le domaine de l’e-démocratie. Mais un copain, François Bancilhon, m’a convaincu que ce n’était pas totalement vrai. Ça bouge. Des villes comme Rennes sont pionnières dans ce domaine. (Vive les bretons !) Une fondation, la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération), lance des expérimentations sur la réutilisation des informations publiques territoriales au service de l’innovation et de la proximité. Un petit groupe, Libertic, milite pour la promotion de la libération des données publiques. Et d’autres.

Et l’Etat ? On a depuis peu l’Agence du Patrimoine Immatériel de l’Etat (Si vous savez pourquoi ils sont en https, merci de m’expliquer.) Je cite Wikipedia : « l’APIE est un service à compétence nationale français en charge du patrimoine tels que brevets, licences, fréquences radioélectriques, marques, images, bases de données ou tout autre patrimoine ou propriété immatérielle appartenant à l'Etat français… L’APIE doit répondre à 3 objectifs :
  • optimiser l’impact de la gestion du patrimoine immatériel sur l’économie ;
  • tirer parti d’une meilleure valorisation des actifs pour moderniser les services publics, soutenir la conduite des politiques publiques au profit des usagers et contribuer au désendettement ;
  • prémunir l’État et les usagers contre d’éventuels risques de détournement. »
Ça fout la trouille. Avec des mots comme gestion, actifs ou valorisation, on a peur qu’il s’agisse surtout de faire payer l’usager pour des trucs qu’il a déjà payé avec ses impôts. Il faut militer pour que son objectif premier devienne simplement : « rendre accessible gratuitement et facilement au citoyen, toutes les informations dont disposent l’État et les collectivités locales. »

Peut-être que pour rendre publique les données publiques en France, on pourrait faire moins étatique, faire participer des associations, des fondations, des entreprises privées. Le privé ? Pourquoi pas, si les règles sont claires et si on n’oublie pas que l’objectif est de « rendre accessible gratuitement et facilement au citoyen, toutes les informations dont disposent l’État et les collectivités locales. » N’ayons pas peur ! Ces informations représentent de la valeur et l’État est bien placé pour imposer ses règles. Négociez ! Imposez des règles !

Je finirais par Data Publica, un projet conduit par trois startups françaises : Araok, Nexedi et Talend. Pour faire simple, l’objectif de leur projet est de mettre en place et opérer une place de marché sur laquelle ceux qui possèdent des données viendront publier leurs méta-données ou leurs API. Je n’en sais pas beaucoup plus, mais c’est prometteur. François est impliqué dans data publica, qui organise en 2010 une conférence sur le sujet avec l’INRIA et Cap digital. Si vous êtes intéressés, stay tuned !

samedi 3 avril 2010

Please, arrêtez les conneries !

Une des phrases peut-être les plus antiscientifiques qui soient, est "il ne faut pas travailler sur tel sujet." La plupart des scientifiques se battraient pour défendre le droit de chacun de soutenir quelque thèse scientifique que ce soit. Donc, Messieurs Allègre et Courtillot ont le droit de penser ce qu'ils veulent. Ils ont le droit de faire la recherche qu'ils veulent.

Venons en au vrai sujet : ils ont la liberté des sciences mais ils en ont aussi les devoirs.

Je ne suis pas climatologue (eux non plus d'ailleurs), donc je ne peux pas vérifier leurs affirmations. Mais il suffit d'écouter les spécialistes à la radio, de lire les journaux. Leurs écrits, surtout ceux d'Allègre, semblent scientifiquement bourrés d'erreurs. Ils ont oublié que si le scientifique a une liberté scientifique totale, il a aussi un devoir de rigueur scientifique.

Par désir d'exister, de passer à la radio, de vendre des livres, il semble avoir plongé dans une spirale médiatique, jouant sur la tendance naturelle des journalistes de vendre du sensationnel simpliste, plutôt que des idées complexes. Notre devoir de scientifique est d'éclairer le débat public de nos connaissances. Il n'est pas de l'obscurcir avec des faux messages comme les avions renifleurs, le créationnisme, la négation du réchauffement climatique.

Bon! Des scientifiques qui se trompent, des théorèmes faux, des chiffres erronés, ce n'est pas rare. Pourquoi en faire un plat ici ? Parce que la polémique soulevée par Allègre et Courtillot est particulièrement néfaste. Face au réchauffement climatique, nous avons peu de temps pour agir. Des lobbys comme ceux des pétroliers et de l'automobile font déjà tout pour empêcher des mesures efficaces qui iraient à l'encontre de leurs intérêts. Les politiques les yeux braqués sur le quotidien et les sondages, s'ils peuvent à l'occasion surfer sur une vague écolo, hésitent souvent à prendre des mesures difficiles portant sur le long terme.

Donc : Please, arrêtez de dire des conneries!

Signé: Un chercheur (*) qui ne connait rien à la climatologie, mais qui s'inquiète du réchauffement climatique généré par l'activité humaine (**)

(*) Allègre et Courtillot sont tous les deux académiciens. C'est d'ailleurs à l'origine de l'écriture de cet article. Un copain m'a demandé s'ils exprimaient le point de vue de l'académie ? Non! Leur point de vue n'est pas celui de l'académie des sciences. Voir la déclaration commune des Académies des sciences sur
la réponse globale au changement climatique
.

(**) Je me suis demandé si j'avais le droit d'exprimer cette dernière affirmation moi qui ne connait rien au sujet. Voilà où ce genre de polémiques conduit. J'ai décidé que oui, car je m'appuie sur les affirmations des spécialistes. (Voir la lettre de quatre cent spécialistes .) De la même façon, un climatologue a le droit de déclarer qu'il existe certaines fonctions qui ne sont pas calculables même s'il ne comprend rien à la théorie de la calculabilité.

vendredi 12 mars 2010

Chatroulette

On vit une époque incroyable. J'ai cru pendant longtemps que le Web était la plus grande invention depuis Gutenberg. Mais le Web avait un coté incomplet. Je pouvais lire les textes de quelqu'un à l'autre bout du monde, dont je ne soupçonnais pas même l'existence. Il pouvait lire les miens. So what? Je ne lisais pas les siens. Il ne lisait pas les miens. Et puis est arrivé l'invention la plus stupéfiante : chatroulette. On vous met en contact webcam de manière aléatoire avec un autre internaute. Enfin quelque chose de nouveau, de révolutionnaire, qui allait détruire le communautarisme. Oublié votre petit cercle étroit sur Facebook. Mieux que Meetic qui essayait péniblement de vous trouver une âme sœur. On allait enfin parler au monde.

Avant d'y aller, j'ai surfé un peu pour me mettre dans l'ambiance. Et là, stupeur et désespoir, les commentaires sont unanimes: "You see more dicks than humanly possible." Les pervers se sont appropriés l'invention. Ne jouons pas les personnes-la-vertue, Minitel et le Web ont aussi démarré avec plein de cul.

On va nous en remettre avec des études sociologiques, nous dire que cela montre l'abîme des relations humaines aujourd'hui. Bon, je parie que s'ils avaient eu chatroulette au moyen âge, ils auraient plongé eux aussi. Et aujourd'hui, si ca fait plaisir aux exhibitionnistes...

Faites une pause et allez écouter John Stewart

En tous cas, pas la peine de vous fatiguer à protéger vos enfants de chatroulette. C'est un truc de vieux. Eux, ils ont WoW depuis longtemps. A ma connaissance, ils s'y font des potes et ils s'amusent avec un système qui est techniquement bien plus intéressant que chatroulette. Mais peut-être y-a-t-il aussi une planète d'Azeroth où on se téléporte au hasard pour y voir des hommes montrer leurs queues. Je ne connais rien à WoW. Mais j'ai peut-être plus envie de connaître que chatroulette.

dimanche 21 février 2010

Mégalo campus ou cassoulet de Shanghai ?

En s’appuyant sur la riche tradition scientifique locale, malgré des distances qui ne favorisent pas les échanges, le campus du plateau de Saclay s’est mis en place depuis des années avec ses réseaux thématiques Digiteo ou Triangle de physique, le PRES Universud Paris, des structures comme Soleil, Neurospin ou le pôle de compétitivité System@Tic. Un plan Campus a été lancé par le gouvernement en 2008 pour faire émerger des pôles universitaires d’excellence capables de rivaliser avec le reste du monde. On voyait bien que les mêmes millions étaient affichés plusieurs fois mais on voyait aussi à peu près où on allait. Et puis le projet a dérapé. Il est devenu d’intérêt national. Il s’est s’installé dans la démesure sans vraie discussion, sans débat démocratique. On s’est retrouvé dans le Grand Paris de Christian Blanc. Les décideurs ont décidé. Vous avez intérêt à être pour si vous voulez des crédits.

Je ne sais pas quand tout s’est emballé mais j’ai vu des Powerpoint qui font peur. Je vous passe « le futur plus grand campus pluridisciplinaire d’Europe » avec ses je-ne-sais-pas-combien de dizaines de milliers d’étudiants « plus que dans les plus grands campus américains ». On est passé dans l’irrationnel, dans une mégalomanie franchouillarde. Est-ce qu’on réfléchit encore à ce qu’on fait ? Est-ce que quelqu’un pilote le projet ?

Résumons la vision, le grand dessein du campus du plateau de Saclay : mettre dans une casserole des régionaux de l’étape, l’Université Paris-Sud 11, l’Ecole Polytechnique soi-même, Supélec, et des transmigrants, l’ENS de Cachan, les Mines de Paris, Télécom Paris et Sud-Paris, Centrale, l’ENSTA, Agro, l’ENSAE, HEC, assaisonnés de CNRS, d’INRIA, d’INRA, de CEA, d’ONERA, et j’en oublie pour sûr. Et vous obtenez le fin du fin de la cuisine française, le cassoulet sauce Shanghai.

Autour de moi, j’entends des copains qui sont contre. Des télécoms Paris qui veulent rester Parisiens. Des Cachanais qui ne veulent pas changer de département. Et bien d’autres. On sait que l’universitaire de base n’aime pas le changement. Ca râle dans les labos mais on a l’habitude. Et finalement, on trouve assez peu de critiques sur le fond. Ou alors c’est que je ne sors pas assez. Une exception quand même, j’ai entendu Marc Lipinski, vice-président de la région Île-de-France, un camarade Verts, questionner le projet.

Ca sert à quoi un immense campus ? On ne vante en général pas un campus pour sa taille mais pour la qualité de sa recherche et de son enseignement. C’est une bonne idée le mégalo campus ?

Des arguments pour : la taille critique et Shanghai.
Même si on vous jure que ce n’est pas pour ça, on voit bien l’avant Shanghai, décentralisation et saupoudrage partout, et l’après, concentration et taille critique. Il est vrai que certains labos (en informatique au moins) sont petits et gagneraient à des regroupements. Ca permettrait de mieux bosser, de partager des ressources. Ca permettrait aussi d’offrir aux étudiants de meilleurs cours en partageant les filières. Mais on pouvait sûrement rester à taille humaine en se basant sur moins de doctrine et plus de pragmatisme. Peut être même en demandant leur avis aux chercheurs. (My God ! Un révolutionnaire qui veut demander l’avis des chercheurs.) On pouvait aussi améliorer les scores à moindre frais en signant nos articles de façon moins baroque, en rattachant les écoles d’ingénieurs à des facs, etc.

Des raisons d’être dubitatif
On nous dit qu’on fait ça pour l’ « effet cafétéria ». On pourrait croire qu’à l’heure d’Internet, on bossait sur Skype et SVN. Pas du tout ma bonne dame, tout se passe devant un caoua comme au bon vieux temps. Mais elle est où la cafétéria du campus ? A Orsay ? A Saclay ? A Palaiseau ? Ailleurs ? Ils ont dû la voir sur un Powerpoint ? Regardez les distances entre la zone du Moulon, la zone Polytechnique, le CEA ? Vous faites ça à pied ? J’ai essayé un séminaire en commun (entre Paris XI et Polytechnique). Les chercheurs ne se sont pas déplacés. Pas de transports en commun.

On nous dit qu’on va nous construire un campus de rêve. A Orsay, même si les bâtiments sont vétustes, on est près de la ville, on a le RER, des résidences pour les étudiants. On va recréer tout ça en mieux sur le plateau ? Baladez vous au Parc Club d’Orsay qui existe depuis des années ! Cherchez les cafés, les commerces, les services ! Pas un flipper ! La zone ! Juste une gendarmerie. Avec ses bâtiments perdus au milieu de nulle part, dans l’absence de lieu de vie, dans l’absence de logement, dans l’absence de transports en commun, qui prendra plaisir à vivre sur un plateau balayé par les vents ?

Des raisons contre : les coûts
Tout ça va dévorer des crédits de la recherche et de l’enseignement supérieur déjà bien maigres si on compare aux autres pays développés. Est-ce que cela a un sens quand les dettes du pays explosent, de dépenser une fortune pour déplacer des écoles et des universités pour une opération à l’intérêt pour le moins discutable ? Est-ce que cela a un sens de focaliser toutes les énergies sur un projet douteux quand il y a tant à faire pour améliorer la recherche, et répondre aux grands défis comme le réchauffement climatique ?

Des raisons contre : L’écologie.
Le Plateau de Saclay accueille les terres agricoles les plus riches de la région. Des projets locaux existent pour aider à la transformation d’une agriculture céréalière en agriculture nourricière, respectueuse de l’environnement, créatrice d’emplois non délocalisables, utile socialement. Quand il faudrait les encourager, quand il faudrait arrêter la progression de la ville et soutenir l’agriculture de proximité, on bousille des centaines d’hectares de terres cultivées et on force à fermer des exploitations du plateau. Des constructions massives vont imperméabiliser encore plus les sols à proximité des vallées de la Bièvre et de l’Yvette, déjà bien stressées. En concentrant des milliers de chercheurs et d’étudiants sur un territoire vide de tout transports en commun (mais Monsieur Blanc a promis une station de son super métro dans…20 ans… peut être), c’est la bagnole que l’on va encore encourager.

PS : Pour Paris où ça a l'air bien compliqué, ils ont Bernard Larrouturou qui essaie de donner du sens. Et nous ?

PPS: Pourquoi avoir choisi le cassoulet ? A cause d’une blague pourrie trouvée sur le Web et un peu aménagée : La droite Cassoulet c’est une petite saucisse avec des fayots autour et le résultat du vent, du vent ! Le vent qui souffle sur le plateau de Saclay bien sûr.

jeudi 4 février 2010

L'ère d'Internet - Pour la Science

A regarder, un numéro spécial de Pour la Science sur Internet.

Pas mal d'articles intéressants.

vendredi 29 janvier 2010

Open Access par Michel.Beaudouin-Lafon

Un article sur les publications Open Access dans CACM de février.

Michel Beaudoin-Lafon écrit: "J'ai écrit cet article en réaction à ce qui me semble être une part d'angélisme ou de naïveté de la part de nombreux défenseurs de l'Open Access. La rubrique "Viewpoints" où il est pubié a pour but de provoquer la discussion - et je pense que nous sommes tous concernés par les évolutions des pratiques de publication scientifique."

L'article de MBL

NB: je fais partie des naïfs et je l'assume :-)

Je crois vraiment qu'on peut trouver un modèle qui combine (i) un accès libre et gratuit sous license Creative Commons, (ii) des coûts pour les labos qui ne soient que marginaux. Dans l'article super intéressant de MBL, je questionnerai un seul point: ça coûte cher! Je pense que nous sommes dans des produits virtuels et les prix calculés aujourd'hui n'ont que peu de sens. (Les seules choses concretes, ce sont le sang, la sueur et les larmes des chercheurs qui ont fait le travail, écrit et édité l'article, écrit les rapports.) Donc il n'est pas simple de chiffrer combien ça coûte. Le même service (relativement proche) de gestion de site Web était très couteux, et cela ne coûte presque plus rien maintenant. De plus, on parle beaucoup de l'aspect "pérennité". Mais il faudrait dire que c'est légalement le rôle d'organismes comme la BNF en France, la Library of Congres, etc. Ce n'est pas à nous de payer pour cela.

Ce qui conduit à un tout autre sujet, la multiplication des journaux et conférences qui tiennent plus du pourriel (aka spamming) que de la science...

samedi 23 janvier 2010

Pub pour Gérard Berry

Vous trouverez des liens vers ses cours au Collège de France sur sa page Web

Ecoutez aussi la tête au carré.

Enfin, on parle de l'informatique!

vendredi 15 janvier 2010

Un nouveau boss au CNRS

J'ai lu dans Lemonde.fr:

"Ce chimiste a été préféré au mathématicien Antoine Petit, directeur du centre de recherche de l'Inria-Paris, et au spécialiste de la cryptologie Jacques Stern... "

Et ça leur arracherait la plume de dire qu'Antoine et Jacques sont des informaticiens, entre autres passés par les labos d'informatique des ENS Cachan et Ülm?

Serge, chercheur en informatique

PS: Félicitations à Alain Fuchs, même s'il n'est que chimiste.

mardi 5 janvier 2010

Informatique : la France peut mieux faire

Des efforts insuffisants en matière d'enseignement, une organisation trop complexe de la recherche et un manque d'ambition gouvernementale empêchent l'informatique française de réaliser tout son potentiel.

On l'a assez répété : l'économie française ne se développera qu'avec les hautes technologies. Or leur point commun est de s'appuyer sur l'informatique. Mais qu'est-ce que l'informatique ? Il ne s'agit pas de « science des ordinateurs » (computer science en anglais), expression trop restrictive, mais d'une science qui englobe le traitement de l'information par des programmes et inclut la robotique, l'automatique les télécommunications modernes, etc.

En France, on confond trop souvent informatique et science des ordinateurs, d'où l'invention de termes tels que « sciences et technologies de l'information et des communications (stic) » ou « sciences du numérique ». L'absence d'un terme clair pour désigner un concept ouvre la porte à la confusion. On finit ainsi par entendre que la France n'a que peu d'industrie informatique. C'est vrai dans un sens étroit : on n'y construit pas beaucoup d'ordinateurs et on n'y est pas à la pointe pour l'édition de logiciels à destination du grand public. Mais pour ce qui est de l'informatique au sens large, le reproche est stupide. La France est en très bonne position pour d'autres matériels informatiques (tels les composants pour systèmes embarqués) et dans de grands domaines de l'informatique au sens large (télécommunications, multimédia, jeux vidéo, etc.), essentiels à nos industries de pointe (aéronautique, pharmaceutique, transport, etc.).

Cette réussite n'est pas surprenante. La France a une école mathématique d'exception, et l'informatique est d'abord une histoire de mathématiques. Les classes préparatoires aux Grandes écoles forment des étudiants avec un excellent niveau scientifique. La recherche française en informatique se porte bien, comme l'illustre le prix Turing 2007 de Joseph Sifakis, et a comblé une partie de l'important retard sur les États-Unis constaté...


Pour la science, Décembre 2009