lundi 15 avril 2013
La net neutrality à la cantine
Le 16/4 de 18h30 à 21h à La cantine
Le podcast pour tout savoir sur la neutralité du net.
vendredi 29 mars 2013
L'académie avec nous
A lire à : http://www.epi.asso.fr/blocnote/lena.pdf (*)
De Jacques Baudé : Dans un ouvrage collectif (Actes/Sud IHEST,332 pages,2013) Pierre Léna, membre de l'Académie des sciences, s'exprime sur la nécessité d'un enseignement précoce de l'Informatique : " Chacun des quatre ingrédients de base de cette nouvelle science informatique - les algorithmes, les machines, le langage, l'information selon Gilles Dowek et Gérard Berry - peut être abordé dès l'entrée au lycée, mais aussi dès l'entrée au collège, et sans doute dès l'école primaire."
De Serge: Merci Pierre Léna ! Lisez son texte.
(*) EPI: Association Enseignement Public & Informatique
jeudi 28 mars 2013
Big data : où va ma mutuelle ?
J'ai lu un peu sur le sujet des assurances auquel je ne connaissais rien. Ça fait froid dans le dos. Imaginez un assureur qui sait tout sur vous avec ses big data, peut évaluer votre risque personnalisé. Heureusement j'ai aussi rencontré des assureurs qui ne partagent pas cette vision.Vive les mutuelles !
mardi 12 mars 2013
Extension du domaine de la net neutrality
Le CNNum a rendu à Fleur Pellerin son avis sur le neutralité du net avec un rapport explicatif.
Extrait:La neutralité des réseaux de communication, des infrastructures et des services d’accès et de communication ouverts au public par voie électronique garantit l’accès à l’information et aux moyens d’expression à des conditions non-discriminatoires, équitables et transparentes.
L'idée nouvelle c'est de ne pas limiter la neutralité aux tuyaux mais de l'étendre aux services d'accès. C'est à mon avis essentiel car à quoi sert un tuyau neutre si on accède à l'information et si on publie avec des services qui truquent le jeu. Reste à être vigilants pour que cela conduise vraiment à des lois et que ces lois soient appliquées.
vendredi 1 mars 2013
Dense avec François Bon
Rencontres sur le site de Tiers Libre
Les propos de François n'engagent que lui mais la rencontre fut fort agréable.
Dans cette suite de rencontres autour du plateau d’Orsay/Saclay, c’est à partir de cet échange avec
Serge Abiteboul que je n’ai plus réussi à rester dans le mouvement : dense rencontre,
chaque fois, moi qui pousse mes questions, un monde qui lève, mes notes
dans le cahier bleu, puis déposer cela ici sur web, enfin laisser mûrir,
si possible avec l’interviewé lui-même, et le sentiment que jusqu’ici
on n’a fait qu’ouvrir quelques canaux dans les labyrinthes...
jeudi 28 février 2013
vendredi 22 février 2013
¿ de quién, de quién son estos datos ? (*)
Table ronde à l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, février 2013.
On passe énormément de temps à parler des risques du numérique. Cette attitude négative est préjudiciable pour l’industrie française. Si la high-tech californienne a été aussi efficace, c’est peut-être aussi parce qu’elle pensait aux nouvelles fonctionnalités du numérique plus qu’à ses risques. Il faudrait donc parler plus souvent des apports considérables du numérique et des réseaux sociaux. Il faudrait parler du plaisir des jeunes sur Facebook, de la richesse de certains débats sur Twitter, dire comment des personnes âgées brisent leur isolement avec les réseaux sociaux. On aurait des tas de choses à raconter. Mais nous sommes ici pour parler des risques des réseaux sociaux, pas de leurs bienfaits.
Vous trouverez facilement sur le Web des listes de ces risques avec, en tête de gondole, la perte de repères et les addictions ; le Docteur Valleur vient juste de nous parler de l’une d’entre elles, la « masturbation assistée par ordinateur ». Je vais plutôt me concentrer sur un risque particulier que je trouve particulièrement sérieux, l’atteinte à la vie privée.
Les réseaux sociaux récupèrent des tas de données sur vous. Pourquoi ? Pour mieux vous servir. Par exemple, pour vous recommander un restaurant, c’est mieux si on connaît vos goûts, vos interdits alimentaires, vos problèmes de santé, le temps dont vous disposez avant votre prochain rendez-vous, et les mêmes informations pour la personne qui partage votre lunch. Et avec toutes les données des utilisateurs, on va pouvoir faire de la fouille de données et découvrir des tas de trucs sur vous et sur le monde entier. Tiens ça tombe bien, si on sait tout ça, on va pouvoir mieux cibler les pubs.
Alors toutes ces données que vous voudriez privées circulent sur la Toile ? Oui ! Le Web est devenu un village global où ce que vous faites est à la vue de tous. On n’a pas le choix ; il faut accepter de vivre dans ce village même si cela s’accompagne de la perte d’une certaine vie privée. Oui ! Le Web expose vos informations privées. Des tas de systèmes récupèrent des informations sur vous parfois sans même que vous le sachiez. Pour vérifier que la situation est encore bien pire que dans vos pires cauchemars, vous pouvez utiliser un logiciel comme Collusion. Vous surfez le Web, quelques pages visitées, et Collusion vous montre que plus d’une dizaine de serveurs Web savent déjà ce que vous faites. Essayez de comprendre pourquoi quand vous consultez une page du Monde, Facebook est notifié de votre passage dans ce journal.
A part se débrancher, y-a-t-il quelque chose à faire pour protéger ses données privées sur les réseaux sociaux ? Oui ! On peut œuvrer dans quatre directions : la loi, les associations, l’éducation, et la recherche.
La loi. On dispose en France sans doute mieux qu’ailleurs de lois pour protéger les données privées comme par exemple la loi « Informatique et Liberté ». Mais ça ne suffit pas. Essayez par exemple de faire respecter le droit à l’oubli. La première chose qu’on doit faire dans de nombreux réseaux sociaux, c’est de signer sans le lire un contrat de 20 pages en caractères illisibles par lequel en gros on abandonne tout droit sur ses données. C’est juste inacceptable. Le législateur devrait faire le ménage en interdisant de telles pratiques et en encourageant des pratiques plus saines. La difficulté dans ce cadre c’est de savoir de quel législateur on parle. Prenez le cas d’un internaute français utilisant depuis la Chine un réseau social américain hébergé en Irlande ? Quelle juridiction s’applique ?
Les associations. Des systèmes comme Facebook ne valent absolument rien sans les données que les internautes mettent dedans. Technologiquement, ils n’apportent pas grand-chose. Ils sont relativement interchangeables. Les associations d’utilisateurs disposent donc de l’arme absolue : le boycott. C’est par exemple ce qui s’est passé récemment avec Instagram, une filiale de Facebook, qui a été obligée de reculer devant la pression des internautes. Les associations doivent arriver à imposer aux réseaux sociaux des règles de bonne conduite. Et cela passe par la transformation de chacun en « citoyen maitre de son destin numérique », donc par l’éducation.
L’éducation. Il faut apprendre aux gosses et aux adultes aussi à se protéger. Oui certes l’enseignement des usages du numérique est essentiel. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi enseigner la science au cœur du numérique, l’informatique. Le citoyen doit apprendre les bases de l’informatique pour pouvoir comprendre ce qu’il fait, devenir un acteur dans la gestion de son information et pas juste un utilisateur dépassé par la technologie. Comment voulez-vous apprendre à quelqu’un les risques qu’il court en autorisant une application Facebook à lire ses données si la personne ne sait pas ce que c’est qu’une base de données, n’a jamais vu la moindre ligne de code, ne sait pas la différence qu’il y a entre une application qui s’exécute sur sa machine, et une autre qui s’exécute sur une machine inconnue, d’un pays inconnu, etc. ?
La recherche. La recherche peut aider à développer de nouvelles techniques, de nouveaux outils pour mieux protéger les informations privées. Je travaille par exemple sur le contrôle d’accès dans un cadre général comme celui de l’internet. Nous étudions des mécanismes de contrôle d’accès compliqués. Mais une difficulté, c’est que l’internaute « moyen » ne veut pas se fatiguer à spécifier des politiques de contrôle d’accès compliquées. Il faut donc l’aider en utilisant des techniques d’apprentissage automatique super sophistiquées. Et puis il faut utiliser pour les données des techniques connues de traçabilité et de gestion de la provenance. C’est par exemple la clé pour pouvoir garantir le droit à l’oubli ou supporter des politiques de rétention d’information (spécifiant par exemple la destruction de l’information après un temps donné). On pourrait aussi imaginer de développer des réseaux sociaux en logiciel libre. De tels systèmes tournant sur des machines directement contrôlées par les internautes... C’est un rêve ?
Voilà pour ce tour d’horizon rapide. Je conclurai par un exemple et une idée très bête. L’exemple nous vient encore une fois des Etats-Unis. Un employeur pour sélectionner des employés à l’embauche leur demandait leurs mots de passe Facebook, pour consulter leurs données privées. Pourquoi ne pas aussi demander aux futurs employés de céder leurs collections de timbres à la société en question. Les données privées ne sont-elles pas privées ? Les données d’un internaute dans un réseau social, sont privées. Elles appartiennent à cet internaute et à personne d’autre. Cette propriété est inaliénable et il faut aider l’internaute à se réapproprier ses données.
(*) A qui, à qui sont ces données, d’après Andaluces De Jaen de Paco Ibanez ; avec l’aide de Google translate.
On passe énormément de temps à parler des risques du numérique. Cette attitude négative est préjudiciable pour l’industrie française. Si la high-tech californienne a été aussi efficace, c’est peut-être aussi parce qu’elle pensait aux nouvelles fonctionnalités du numérique plus qu’à ses risques. Il faudrait donc parler plus souvent des apports considérables du numérique et des réseaux sociaux. Il faudrait parler du plaisir des jeunes sur Facebook, de la richesse de certains débats sur Twitter, dire comment des personnes âgées brisent leur isolement avec les réseaux sociaux. On aurait des tas de choses à raconter. Mais nous sommes ici pour parler des risques des réseaux sociaux, pas de leurs bienfaits.
Vous trouverez facilement sur le Web des listes de ces risques avec, en tête de gondole, la perte de repères et les addictions ; le Docteur Valleur vient juste de nous parler de l’une d’entre elles, la « masturbation assistée par ordinateur ». Je vais plutôt me concentrer sur un risque particulier que je trouve particulièrement sérieux, l’atteinte à la vie privée.
Les réseaux sociaux récupèrent des tas de données sur vous. Pourquoi ? Pour mieux vous servir. Par exemple, pour vous recommander un restaurant, c’est mieux si on connaît vos goûts, vos interdits alimentaires, vos problèmes de santé, le temps dont vous disposez avant votre prochain rendez-vous, et les mêmes informations pour la personne qui partage votre lunch. Et avec toutes les données des utilisateurs, on va pouvoir faire de la fouille de données et découvrir des tas de trucs sur vous et sur le monde entier. Tiens ça tombe bien, si on sait tout ça, on va pouvoir mieux cibler les pubs.
Alors toutes ces données que vous voudriez privées circulent sur la Toile ? Oui ! Le Web est devenu un village global où ce que vous faites est à la vue de tous. On n’a pas le choix ; il faut accepter de vivre dans ce village même si cela s’accompagne de la perte d’une certaine vie privée. Oui ! Le Web expose vos informations privées. Des tas de systèmes récupèrent des informations sur vous parfois sans même que vous le sachiez. Pour vérifier que la situation est encore bien pire que dans vos pires cauchemars, vous pouvez utiliser un logiciel comme Collusion. Vous surfez le Web, quelques pages visitées, et Collusion vous montre que plus d’une dizaine de serveurs Web savent déjà ce que vous faites. Essayez de comprendre pourquoi quand vous consultez une page du Monde, Facebook est notifié de votre passage dans ce journal.
A part se débrancher, y-a-t-il quelque chose à faire pour protéger ses données privées sur les réseaux sociaux ? Oui ! On peut œuvrer dans quatre directions : la loi, les associations, l’éducation, et la recherche.
La loi. On dispose en France sans doute mieux qu’ailleurs de lois pour protéger les données privées comme par exemple la loi « Informatique et Liberté ». Mais ça ne suffit pas. Essayez par exemple de faire respecter le droit à l’oubli. La première chose qu’on doit faire dans de nombreux réseaux sociaux, c’est de signer sans le lire un contrat de 20 pages en caractères illisibles par lequel en gros on abandonne tout droit sur ses données. C’est juste inacceptable. Le législateur devrait faire le ménage en interdisant de telles pratiques et en encourageant des pratiques plus saines. La difficulté dans ce cadre c’est de savoir de quel législateur on parle. Prenez le cas d’un internaute français utilisant depuis la Chine un réseau social américain hébergé en Irlande ? Quelle juridiction s’applique ?
Les associations. Des systèmes comme Facebook ne valent absolument rien sans les données que les internautes mettent dedans. Technologiquement, ils n’apportent pas grand-chose. Ils sont relativement interchangeables. Les associations d’utilisateurs disposent donc de l’arme absolue : le boycott. C’est par exemple ce qui s’est passé récemment avec Instagram, une filiale de Facebook, qui a été obligée de reculer devant la pression des internautes. Les associations doivent arriver à imposer aux réseaux sociaux des règles de bonne conduite. Et cela passe par la transformation de chacun en « citoyen maitre de son destin numérique », donc par l’éducation.
L’éducation. Il faut apprendre aux gosses et aux adultes aussi à se protéger. Oui certes l’enseignement des usages du numérique est essentiel. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi enseigner la science au cœur du numérique, l’informatique. Le citoyen doit apprendre les bases de l’informatique pour pouvoir comprendre ce qu’il fait, devenir un acteur dans la gestion de son information et pas juste un utilisateur dépassé par la technologie. Comment voulez-vous apprendre à quelqu’un les risques qu’il court en autorisant une application Facebook à lire ses données si la personne ne sait pas ce que c’est qu’une base de données, n’a jamais vu la moindre ligne de code, ne sait pas la différence qu’il y a entre une application qui s’exécute sur sa machine, et une autre qui s’exécute sur une machine inconnue, d’un pays inconnu, etc. ?
La recherche. La recherche peut aider à développer de nouvelles techniques, de nouveaux outils pour mieux protéger les informations privées. Je travaille par exemple sur le contrôle d’accès dans un cadre général comme celui de l’internet. Nous étudions des mécanismes de contrôle d’accès compliqués. Mais une difficulté, c’est que l’internaute « moyen » ne veut pas se fatiguer à spécifier des politiques de contrôle d’accès compliquées. Il faut donc l’aider en utilisant des techniques d’apprentissage automatique super sophistiquées. Et puis il faut utiliser pour les données des techniques connues de traçabilité et de gestion de la provenance. C’est par exemple la clé pour pouvoir garantir le droit à l’oubli ou supporter des politiques de rétention d’information (spécifiant par exemple la destruction de l’information après un temps donné). On pourrait aussi imaginer de développer des réseaux sociaux en logiciel libre. De tels systèmes tournant sur des machines directement contrôlées par les internautes... C’est un rêve ?
Voilà pour ce tour d’horizon rapide. Je conclurai par un exemple et une idée très bête. L’exemple nous vient encore une fois des Etats-Unis. Un employeur pour sélectionner des employés à l’embauche leur demandait leurs mots de passe Facebook, pour consulter leurs données privées. Pourquoi ne pas aussi demander aux futurs employés de céder leurs collections de timbres à la société en question. Les données privées ne sont-elles pas privées ? Les données d’un internaute dans un réseau social, sont privées. Elles appartiennent à cet internaute et à personne d’autre. Cette propriété est inaliénable et il faut aider l’internaute à se réapproprier ses données.
(*) A qui, à qui sont ces données, d’après Andaluces De Jaen de Paco Ibanez ; avec l’aide de Google translate.
mercredi 13 février 2013
La dure vie du doctorant
Sur la vie en milieu académique et à plus
court terme sur comment survivre jusqu’à la fin de votre thèse,
Workshop étudiants, Congrès de la SIF (Société d'informatique de France), 2013.
vendredi 8 février 2013
Enseignement: ça bouge !
Gilles Braun, conseiller de Peillon pour le numérique : Quelle place pour l’informatique et les sciences du numérique à l’école ?
Si vous ne l'avez pas encore suivi: L'enfant et les écrans. Et un article au vitriol contre le rapport de l'académie. Je ne sais pas trop quoi penser. Je ne suis pas trop supporter des jeux vidéos hyper-violent, ni de la télé à haute dose. Mais le Web, la lecture, les réseaux sociaux... sur écran...
lundi 28 janvier 2013
Le Modèle Turing, de Catherine Bernstein
Le film est produit par CNRS Images et Inria à l’occasion du centenaire de la naissance d’Alan Turing, Plutôt bien fait. Pose très bien le caractère exceptionnel du mec.
http://www.cnrs.fr/ins2i/spip.php?article201
http://www.cnrs.fr/ins2i/spip.php?article201
jeudi 24 janvier 2013
Recherche profs d'informatique désespérément
Pour comprendre la société numérique actuelle,
l'enseignement de l'informatique est devenu une nécessité. Et
celui-ci ne sera efficace que s'il est assuré par des
professeurs d'informatique, dédiés à cette discipline.
Un article de Serge Abiteboul, Gilles Dowek et Colin de la Higuera
à lire dans 01net
http://pro.01net.com/editorial/585095/recherche-profs-dinformatique-desesperement/
Un article de Serge Abiteboul, Gilles Dowek et Colin de la Higuera
à lire dans 01net
http://pro.01net.com/editorial/585095/recherche-profs-dinformatique-desesperement/
vendredi 18 janvier 2013
Le CNNum nouveau est arrivé
Fleur Pellerin a procédé ce matin au lancement du Conseil National du Numérique présidé par Benoît Thieulin. Voir sa composition.
J'en fais partie.
Et pour répondre à quelques questions, un coupé-collé d'un interview par Benjamin Gans de Data Publica
Data Publica : Pour quelle raison avoir accepté de participer au CNN ?
Je dis CNNum plutôt que CNN. Essayez sur twitter. Comment refuser ? On a l’impression de pouvoir servir une cause noble ; et puis il y a la petit note de fierté d’avoir été choisi.
Quel point de vue avez-vous envie de défendre au sein du CNNum ?
J’imagine que j’y suis au titre de ma recherche sur les données et les connaissances sur la Toile. Peut-être, qui sait, aussi pour mes prises de positions sur des tas de trucs comme le fait que les données personnelles doivent appartenir aux personnes et à personne d’autres. Si je devais choisir une chose qui me tienne à cœur c’est : grâce au numérique, l’accès pour tous aux connaissances et à la culture. Et comme je parle pour Data Publica, j’ajouterai : et aux données publiques.
Savez-vous déjà quel est le sujet le plus urgent que vous aurez à traiter ?
Le conseil n’a pas encore commencé à travailler. La ministre Fleur Pellerin (que j’ai trouvée super impressionnante) a déjà mentionné des sujets. J’espère que nous ne travaillerons pas uniquement dans l’urgence.
La parité est-elle une bonne idée ?
Une bonne chose ? C’est topissime. Je n’ai jamais été dans un groupe pareil. Des nanas – je veux dire des dames – avec des parcours passionnants, une variété fantastique. Les mecs ne sont pas mal non plus. Vraiment le conseil fourmille de personnalités, de gens avec des idées, des points de vue qui dérangent. J’espère que nous ne décevrons pas.
PS: oui. C'était une bêtise d'utiliser le mot "nanas". Mais c'était avec tous le respect et l'admiration du monde pour les dames du conseil.
Conférence de presse d'installation du CNNum 2.0
@Creative Commons Tristan Nitot
lundi 14 janvier 2013
La triste fin d'Aaron Swartz
Le Hacker-Activiste (aka hacktiviste) Aaron Swartz s'est suicidé.
Voir dans le San Jose Mercury News.
Aaron ado était un des inventeurs de RSS (un idiome XML) très utilisé par exemple pour les blogs. Il a été ensuite un défenseur acharné de l'accès libre aux informations. Là on touche au problème. Pour beaucoup de gens (dont je fais partie), l'accès libre à des informations publiques comme des articles de recherche est une loi qui s'impose avant toute autre loi. Mais de nombreuses zones d'ombre existent qui expliquent les ennuis sérieux d'Aaron avec la justice qui ont peut-être conduit à son suicide.
Évidemment, le libre accès à l'information ne doit pas conduire à tous les délires. Mais pour ce que je sais d'Aaron, il était plus dans des propositions raisonnables que dans un extrémisme à la manière des Anonymous.
Voir dans le San Jose Mercury News.
Aaron ado était un des inventeurs de RSS (un idiome XML) très utilisé par exemple pour les blogs. Il a été ensuite un défenseur acharné de l'accès libre aux informations. Là on touche au problème. Pour beaucoup de gens (dont je fais partie), l'accès libre à des informations publiques comme des articles de recherche est une loi qui s'impose avant toute autre loi. Mais de nombreuses zones d'ombre existent qui expliquent les ennuis sérieux d'Aaron avec la justice qui ont peut-être conduit à son suicide.
Évidemment, le libre accès à l'information ne doit pas conduire à tous les délires. Mais pour ce que je sais d'Aaron, il était plus dans des propositions raisonnables que dans un extrémisme à la manière des Anonymous.
samedi 12 janvier 2013
Kdos de nouvel an
Deux perles dans des genres différents à ne pas rater:
Surtout (même si c'est un peu long)
Cédric Villani explique l'erreur d'Henri Poincarré qui a conduit ce dernier à la découverte du phénomène de sensibilité aux conditions initiales, la porte vers la théorie du chaos. Et je conseille fortement son roman "Théorème vivant". Ce mec est top!
Et aussi
Michel Serres pulvérise Alain Finkielkraut (en tous cas, à mon humble avis). Le sujet sur France Q était « L'école dans le monde qui vient ». Ils ont surtout parlé des enfants et d'Internet et on a pu observer les méconnaissances totales du sujet par AF, son mépris pour le modernisme qui voisinait un début de haine pour la jeunesse.
Surtout (même si c'est un peu long)
Cédric Villani explique l'erreur d'Henri Poincarré qui a conduit ce dernier à la découverte du phénomène de sensibilité aux conditions initiales, la porte vers la théorie du chaos. Et je conseille fortement son roman "Théorème vivant". Ce mec est top!
Et aussi
Michel Serres pulvérise Alain Finkielkraut (en tous cas, à mon humble avis). Le sujet sur France Q était « L'école dans le monde qui vient ». Ils ont surtout parlé des enfants et d'Internet et on a pu observer les méconnaissances totales du sujet par AF, son mépris pour le modernisme qui voisinait un début de haine pour la jeunesse.
mardi 8 janvier 2013
Et l'informatique
Les mathématiques sont beauté, esthétique de
l’absolu, du zéro et de l’infini. Elles définissent la pensée, posent des lois.
Elles participent de la vérité.
La physique et la chimie proposent des lectures de la nature, des explications, depuis les structures de l’infiniment petit jusqu’aux espaces galactiques. De l’explosion du Big Bang au magma plasmatique, elles révèlent les équations qui régissent le monde.
La biologie est le royaume de la complexité. De la plus petite bactérie au cerveau le plus élaboré, la vie se multiplie, se compose, se combine, se reproduit dans des mystères insondés. Avec la médecine, il ne s’agit rien de moins que de repousser les limites de la maladie et de la mort.
Les sciences humaines brillent dans leur diversité. Elles sont miroirs et mémoires de nos combats, reflets de nos illusions, de notre humanité. Peut-être un jour nous aideront elles à comprendre nos folies.
Et l’informatique ? – a demandé Maurice. A la fois science et technologie, l’informatique sait si bien bousculer les frontières. Avec les mathématiques, elle tient du rêve ; elle se marie à la physique et la chimie dans des expériences prodigieuses ; elle est peut-être la clef pour décrypter les intrications de la biologie. Ses algorithmes disent pourquoi ; ils disent comment.
Et de l’informatique, donc, quelle est l’essence ?
Si les mathématiques définissent la vérité, si physique et chimie expliquent les merveilles du monde et si la biologie donne les clés de la vie, l’informatique est, quant à elle, le pouvoir de créer. Elle nous permet d’inventer notre propre monde, de nous ré-inventer. Esclaves de la machine ou acteurs d’un monde durable. L’informatique multiplie le champ des possibles. A nous de décider. (*) Maurice, c'est Maurice Nivat, bien sûr.
La physique et la chimie proposent des lectures de la nature, des explications, depuis les structures de l’infiniment petit jusqu’aux espaces galactiques. De l’explosion du Big Bang au magma plasmatique, elles révèlent les équations qui régissent le monde.
La biologie est le royaume de la complexité. De la plus petite bactérie au cerveau le plus élaboré, la vie se multiplie, se compose, se combine, se reproduit dans des mystères insondés. Avec la médecine, il ne s’agit rien de moins que de repousser les limites de la maladie et de la mort.
Les sciences humaines brillent dans leur diversité. Elles sont miroirs et mémoires de nos combats, reflets de nos illusions, de notre humanité. Peut-être un jour nous aideront elles à comprendre nos folies.
Et l’informatique ? – a demandé Maurice. A la fois science et technologie, l’informatique sait si bien bousculer les frontières. Avec les mathématiques, elle tient du rêve ; elle se marie à la physique et la chimie dans des expériences prodigieuses ; elle est peut-être la clef pour décrypter les intrications de la biologie. Ses algorithmes disent pourquoi ; ils disent comment.
Et de l’informatique, donc, quelle est l’essence ?
Si les mathématiques définissent la vérité, si physique et chimie expliquent les merveilles du monde et si la biologie donne les clés de la vie, l’informatique est, quant à elle, le pouvoir de créer. Elle nous permet d’inventer notre propre monde, de nous ré-inventer. Esclaves de la machine ou acteurs d’un monde durable. L’informatique multiplie le champ des possibles. A nous de décider. (*) Maurice, c'est Maurice Nivat, bien sûr.
dimanche 30 décembre 2012
Ordinateur, mon pote
Laurent SALTERS pour La banque des savoirs
m'a demandé une réaction à L'ordinateur a de la mémoire mais aucun souvenir.
La voici, la voilà.
Ordinateur, mon pote. T’as zéro mémoire. Si je coupe ton courant, ta mémoire va se décomposer. T’auras tout oublié. Ta mémoire, c’est une passoire. Et je suis assez bête pour te confier mes souvenirs les plus précieux ! Tu ranges ça au fond de ton disque. A tout hasard Balthazar, tu planques ça quelque part dans les nuages. Déconne-pas ! Ta mémoire, ce sont mes souvenirs, pas les tiens. Car passent les jours et passent les semaines. Les photos s’effacent, les chansons s’évanouissent, les courriels se fanent. Mes souvenirs se perdent au bout de la nuit. J’ai tout oublié. Mais pas toi ! Quel bazar, t’as tout phagocyté ! Mes souvenirs sont devenus les tiens, même ceux que j’aurais préféré effacer. Ordinateur, mon pote. T’as trop de souvenirs pour me laisser mourir tranquille.
Voir Questions de sciences
La voici, la voilà.
Ordinateur, mon pote. T’as zéro mémoire. Si je coupe ton courant, ta mémoire va se décomposer. T’auras tout oublié. Ta mémoire, c’est une passoire. Et je suis assez bête pour te confier mes souvenirs les plus précieux ! Tu ranges ça au fond de ton disque. A tout hasard Balthazar, tu planques ça quelque part dans les nuages. Déconne-pas ! Ta mémoire, ce sont mes souvenirs, pas les tiens. Car passent les jours et passent les semaines. Les photos s’effacent, les chansons s’évanouissent, les courriels se fanent. Mes souvenirs se perdent au bout de la nuit. J’ai tout oublié. Mais pas toi ! Quel bazar, t’as tout phagocyté ! Mes souvenirs sont devenus les tiens, même ceux que j’aurais préféré effacer. Ordinateur, mon pote. T’as trop de souvenirs pour me laisser mourir tranquille.
Voir Questions de sciences
dimanche 9 décembre 2012
Enseignement de l'informatique en prépa - suite
La situation de cet enseignement est désolante.
Une proposition de programme allant dans le bon sens est en consultation jusqu'au 15 décembre sur le site du ministère. Les "grands papas ronchons" de Michel Serres sont à la manœuvre contre ce programme, ce qui serait tout à fait au détriment des petites poucettes de prépa et de leurs potes. Soyez nombreux à soutenir le programme existant à consultation.
La position de la Société Informatique de France
Objet : Sur l’enseignement de l’Informatique et des Sciences du Numérique dans les programmes rénovés des CPGE scientifiques
L'acquisition de bases en science informatique est indispensable à tout ingénieur d'aujourd'hui.
La Société Informatique de France (SIF) constate donc avec satisfaction que les nouveaux programmes des CPGE scientifiques accordent une place réelle à l'Informatique et aux Sciences du Numérique, et donnent ainsi aux étudiants qui vont les suivre, les clés pour appréhender la société du XXIème siècle.
La SIF salue également les efforts et l'esprit de dialogue qui ont permis l'élaboration des nouveaux programmes en CPGE.
La SIF estime néanmoins nécessaire que les volumes horaires soient plus importants (par exemple, 1 heure de plus par semaine) et que, dans un futur proche, tous les enseignants en charge des modules d'informatique en CPGE aient des compétences disciplinaires attestées dans le cadre de leur formation initiale.
Le 3 décembre 2012
Le Conseil d’Administration de la Société Informatique de France
Le Conseil Scientifique de la Société Informatique de France
Une proposition de programme allant dans le bon sens est en consultation jusqu'au 15 décembre sur le site du ministère. Les "grands papas ronchons" de Michel Serres sont à la manœuvre contre ce programme, ce qui serait tout à fait au détriment des petites poucettes de prépa et de leurs potes. Soyez nombreux à soutenir le programme existant à consultation.
La position de la Société Informatique de France
Objet : Sur l’enseignement de l’Informatique et des Sciences du Numérique dans les programmes rénovés des CPGE scientifiques
L'acquisition de bases en science informatique est indispensable à tout ingénieur d'aujourd'hui.
La Société Informatique de France (SIF) constate donc avec satisfaction que les nouveaux programmes des CPGE scientifiques accordent une place réelle à l'Informatique et aux Sciences du Numérique, et donnent ainsi aux étudiants qui vont les suivre, les clés pour appréhender la société du XXIème siècle.
La SIF salue également les efforts et l'esprit de dialogue qui ont permis l'élaboration des nouveaux programmes en CPGE.
La SIF estime néanmoins nécessaire que les volumes horaires soient plus importants (par exemple, 1 heure de plus par semaine) et que, dans un futur proche, tous les enseignants en charge des modules d'informatique en CPGE aient des compétences disciplinaires attestées dans le cadre de leur formation initiale.
Le 3 décembre 2012
Le Conseil d’Administration de la Société Informatique de France
Le Conseil Scientifique de la Société Informatique de France
dimanche 25 novembre 2012
Tout est pas mirifique dans le numérique
Je me reproche parfois - boulot oblige - d'avoir tendance à oublier un peu trop le coté obscure des nouvelles technologies. Un buzz sur Internet vient de me rappeler que tout n'est pas angélique dans le numérique.
Ca se passe en Arabie Saoudite. On savait que les femmes devaient pour quitter le pays avoir l'autorisation de leur "tuteur mâle". Yuk ! Maintenant elles peuvent être surveillées électroniquement et leur tuteur reçoit un SMS quand elles sortent du pays... Beurk ! Yuk !
Lire http://www.rawstory.com/rs/2012/11/22/saudi-arabia-implements-electronic-tracking-system-for-women/
PS: On se rassure en se disant que si l'informatique est une composante centrale du numérique, elle n'en est qu'une composante. Au moins on partage la responsabilité avec d'autres.
Ca se passe en Arabie Saoudite. On savait que les femmes devaient pour quitter le pays avoir l'autorisation de leur "tuteur mâle". Yuk ! Maintenant elles peuvent être surveillées électroniquement et leur tuteur reçoit un SMS quand elles sortent du pays... Beurk ! Yuk !
Lire http://www.rawstory.com/rs/2012/11/22/saudi-arabia-implements-electronic-tracking-system-for-women/
PS: On se rassure en se disant que si l'informatique est une composante centrale du numérique, elle n'en est qu'une composante. Au moins on partage la responsabilité avec d'autres.
vendredi 23 novembre 2012
La littérature peut-elle raconter la science ?
Je ne crois pas qu'on ait résolu le problème, mais en tous cas, on en a causé...
France Culture, Science publique, de Michel Alberganti
Ecouter: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4535323
Invités:
Serge Abiteboul, Directeur de Recherche à INRIA, l'institut de recherche en informatique et automatique, membre de l'académie des sciences.
François Bon, écrivain, auteur de théâtre, organisateur d’atelier d’écriture en résidence d’écrivain sur le plateau de Saclay d’avril à décembre 2012
Jean-Michel Frodon, journaliste, longtemps au Monde et aujourd’hui sur Slate.fr, critique de cinéma, professeur associé à Sciences-Po Paris, Coorganisateur des Artssciencefactory Day jusqu'au 29 novembre à Palaiseau.
Valérie Masson Delmotte, paléoclimatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement du CEA et membre du GIEC.
France Culture, Science publique, de Michel Alberganti
Ecouter: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4535323
Invités:
Serge Abiteboul, Directeur de Recherche à INRIA, l'institut de recherche en informatique et automatique, membre de l'académie des sciences.
François Bon, écrivain, auteur de théâtre, organisateur d’atelier d’écriture en résidence d’écrivain sur le plateau de Saclay d’avril à décembre 2012
Jean-Michel Frodon, journaliste, longtemps au Monde et aujourd’hui sur Slate.fr, critique de cinéma, professeur associé à Sciences-Po Paris, Coorganisateur des Artssciencefactory Day jusqu'au 29 novembre à Palaiseau.
Valérie Masson Delmotte, paléoclimatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement du CEA et membre du GIEC.
mardi 6 novembre 2012
Feit, Thompson et Gonthier
Le théorème de Feit-Thomson qui traite de la classification des groupes finis simples a été démontré par Walter Feit et John Griggs Thompson in 1963. Il dit (ne me demandez pas de détail) que chaque groupe fini d'ordre impair est résoluble. Georges Gonthier et son équipe du labo INRIA-Microsoft ont achevé en
Septembre sa preuve formelle en utilisant le système Coq
développé à l'INRIA. Bravo!
Polémique hier au café au LSV:
Développer une preuve mathématique est quelque chose de purement artisanal, souvent impliquant seulement un crayon et une feuille de papier. On peut imaginer l'arrivée d'outils qui aideront les mathématiciens en vérifiant leurs hypothèses, en proposant des pistes, en développant des preuves formelles. Le mathématicien serait libéré de la partie fastidieuse des démonstrations. On sort de l'artisanat.
Développer une preuve mathématique est quelque chose de purement individuel (le plus souvent). On peut imaginer des collaborations entre des groupes de mathématiciens autour d'outils informatiques qui leurs permettraient d'additionner leurs talents, leurs efforts.
Bien sûr, tout ce que je dis s'applique aussi aux preuves de programme. C'est finalement un peu la même chose.
Il est énormément plus complexe de découvrir une preuve que de la vérifier. Les ordinateurs font mieux que nous dans la vérification. J'ose le sacrilège. Seront-ils un jour meilleurs que nos meilleurs mathématiciens pour démontrer des théorèmes? Et il nous resterait quoi? Peiner à comprendre leurs preuves? Proposer des théorèmes?
Polémique hier au café au LSV:
- C'est un truc techniquement super mais les mathématiciens s'en foutent.
- Ils s'en foutent peut-être mais cela va changer profondément les mathématiques.
- Pas le moins du monde...
Développer une preuve mathématique est quelque chose de purement artisanal, souvent impliquant seulement un crayon et une feuille de papier. On peut imaginer l'arrivée d'outils qui aideront les mathématiciens en vérifiant leurs hypothèses, en proposant des pistes, en développant des preuves formelles. Le mathématicien serait libéré de la partie fastidieuse des démonstrations. On sort de l'artisanat.
Développer une preuve mathématique est quelque chose de purement individuel (le plus souvent). On peut imaginer des collaborations entre des groupes de mathématiciens autour d'outils informatiques qui leurs permettraient d'additionner leurs talents, leurs efforts.
Bien sûr, tout ce que je dis s'applique aussi aux preuves de programme. C'est finalement un peu la même chose.
Il est énormément plus complexe de découvrir une preuve que de la vérifier. Les ordinateurs font mieux que nous dans la vérification. J'ose le sacrilège. Seront-ils un jour meilleurs que nos meilleurs mathématiciens pour démontrer des théorèmes? Et il nous resterait quoi? Peiner à comprendre leurs preuves? Proposer des théorèmes?
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