samedi 29 septembre 2012

Les désarrois de la recherche publique en France

  Réaction après une lecture très rapide du rapport sur la recherche publique en France de l'Académie des sciences: http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/rads0912.pdf

Simplifier. Le rapport est plutôt intéressant. Excellent départ avec comme première recommandation : « simplifier la gestion et les structures de la recherche publique ». Malheureusement, ce n’est pas le premier comité à proposer de simplifier les structures. J’ai participé récemment à un comité qui a proposé la fusion d’INRIA et du département informatique du CNRS. Il ne s’est rien passé. Les structures des labos d’info restent toujours aussi illisibles avec les deux instituts, les universités, les écoles d’ingénieurs, l’institut des télécoms et le reste. Et pour clarifier on a ajouté les labex, idex, et autres bidules annexes. Erk ! Big Erk !

AERES. Ne tirez plus sur l’ambulance. L’AERES est la dernière victime expiatoire. Pourtant, l’idée d’une structure un peu indépendante pour évaluer n’avait rien de sot, plutôt que de faire ça à l’arrache sur un coin de tables entre copains des ministères. Le problème ce n’est pas l’AERES, c’est sa réalisation. Il fallait ériger en  dogmes : l’éthique, la légèreté et la simplicité. Prenons INRIA. Nous avions une évaluation plutôt bien faite (qui s’alourdit en parfait accord avec le Théorème (français) de la Dérive Bureaucratique). L’AERES a rajouté une deuxième évaluation alors qu’il lui aurait suffi de s’approprier l’évaluation existante, de la simplifier, de l’alléger et pas le contraire.  Les évaluations à répétition de nos structures sont ubuesques. Elles seraient juste risibles sans la dictature de la note qui condamne à disparaître si on n’est pas dans une structure à A+.

Salaires jeunes chercheurs. Le rapport insiste sur un point important : « la revalorisation des rémunérations des jeunes chercheurs … dans les dix, douze premières années de leurs carrières. » Tout à fait Thierry. Moi j’aurais dit enseignant-chercheurs.

On reste quand même sur sa faim. J’aurais aimé qu’on parle de la séparation entre deux classes, chercheurs et enseignants-chercheurs, qui rigidifie notre environnement et qui, en tout cas en informatique, a peu de sens. Et puis, comme beaucoup, j’avoue ne pas trop comprendre les idex et autres machinex, à ne pas être convaincu que ça améliore les choses, que les euros sont bien utilisés. Le rapport n’a pas répondu à mes questions.

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