vendredi 1 avril 2011

Allez Maurice !

Avec Fukushima, on n'a pas de quoi se réjouir.

Je pourrais parler des résultats de la loterie Labex et autres Machinex, mais j'y comprends rien. Je n'arrive pas à me motiver sur ce sujet. Luc m'a montré hier que le résultat de Rossman s'appliquait à FO et pas à datalog. Et ça me fout les boules. Mais l'échec de mon labex d'informatique, je m'en fous. C'est bête mais je m'en fous, mais complètement.

Pour un sujet important: ne pas manquer La nécessité d'une véritable éducation de l'informatique sur France Q. Et en plus, ça donne le plaisir de passer 18 minutes avec Maurice Nivat.

Et une pensée pour Philippe Flajolet qui est allé faire des algorithmes ailleurs...




vendredi 18 mars 2011

La tambouille de la recherche à la française

On s'inquiétait un peu dans le milieu de la recherche de ces Labex et de leurs évaluations. Dans ce milieu on a une grande expérience de l'évaluation. On s'inquiétait de l'ampleur du problème, du trop grand nombre de contraintes, du travail dans l'urgence, etc.

Il semblerait qu'on avait raison de s'interroger.

http://blog.educpros.fr/henriaudier/2011/03/17/la-grande-patouille-des-labex/

PS: on m'a trouvé un peu mou sur le sujet du 12-0 pour les hommes aux élections de nouveaux membres de l'académie. Il fallait comprendre. Je trouve cela inadmissible, inacceptable, intolérable.

mercredi 16 mars 2011

Où sont les femmes?

Hier j'étais à l'académie.

On a élu Joseph Sifakis et ça fait plaisir. Nous sommes si peu d'informaticiens à l'académie.

Mais la fête a été gâchée. Sur les 12 nouveaux membres, aucune femme. Voir http://www.academie-sciences.fr/. Pas de quoi parader. Jusqu'à maintenant j'hésitais sur un système de quotas qui a l'effet pervers d'élire des femmes en jetant une ombre sur leur niveau. Je pensais naïvement qu'elles étaient largement assez nombreuses à avoir le niveau pour qu'il n'y ait pas besoin de ça. Je n'hésite plus. S'il faut des quotas pour élire des femmes qu'on mette des quotas.

Un article précédent sur le sujet. Rien n'a changé :-(

mardi 8 mars 2011

Web et révolution numérique

Quelques minutes extraites d'un débat de plus de deux heure: à Sèvres Débat

http://www.sevres-debats.net/

sur Daily motion

Towards Universal Access to Human Knowledge

La Cantine, Mercredi 16 mars 2011, à partir de 19h

«Towards Universal Access to Human Knowledge» Brewster Kahle

L’initiative de Google sur la numérisation en masse assortie de clauses d’exclusivité sur ces ressources (notamment sur leur indexation) pose la question de l’accessibilité de ces savoirs, accumulés depuis des siècles par les bibliothèques.

Comment cet accès peut-il être garanti à l’avenir, verra-t-on une écologie de systèmes innovants naître sur ces nouveaux contenus comme on l’a vu avec l’émergence d’un espace d’information immense et ouvert, le Web, il y a une vingtaine d’année ?

L’Open Content Alliance a été créée pour permettre un accès ouvert à toutes ces connaissances mais aussi pour que l’innovation se poursuive sur la base de ces contenus numérisés.

Plus généralement, Internet étant devenu le média clé de notre époque doit pouvoir être mis en perspective, maintenant et dans le futur, comme l’illustre encore, s’il en était besoin, le rôle qu’il joue dans le printemps arabe. Ce média mérite un mémoire. Afin de préserver et de rendre utilisables des fragments significatifs et de valeur de ce déluge d’information, il est nécessaire de constituer une mémoire ouverte de l’Internet, à grande échelle. Comment une telle mémoire peut-être créée et conservée dans le temps, comment l’utiliser, quels problèmes pose-t-elle ?

Le fondateur d’Internet Archive et de l’Open Content Alliance Brewster Kahle, viendra nous faire part de son point vue sur ses questions et en débattre, mercredi 16 mars.

Cette conférence, qui aura lieu à La Cantine, premier espace de travail collaboratif en réseau (http://lacantine.org/), sera suivie d’une discussion avec les participants, modérée par Hervé le Crosnier et Julien Masanès, directeur de l’Internet Memory Foundation.

L’Internet Memory Foundation (anciennement European Archive) est, à l’image d’Internet Archive, une institution à but non lucratif qui, depuis 2005, soutient activement la préservation de l’Internet comme nouveau média. (http://internetmemory.org). Internet Memory construit une mémoire du Net permettant l’analyse, la recherche et création de nouveaux services innovants.

Au programme

19h Pot d'accueil des participants

19h30 Brewster Kahle : «Un accès universel aux connaissances»

20h15 Discussions autour des thématiques abordées

Nous vous remercions de nous confirmer votre participation en vous inscrivant sur le site de la Cantine :

http://lacantine.org/events/towards-universal-access-to-human-knowledge-by-brewster-kahle


dimanche 27 février 2011

Le cassoulet siliconé de Sarkozy

Un article sur Rue89 qui dit à peu près ce que je racontai dans un vieil article. Ça prouve que nous sommes de plus en plus à penser ça?

mardi 15 février 2011

Help: Linguist needed !

Préambule : On m'a agressé sur le thème "on assiste à des trucs incroyables en Tunisie et en Egypte, qui s'appuient sur Internet, et tu n'en dis rien dans ton blog". Oui et en plus, je vais parler d'un sujet tellement mineur. Mais c'est la définition d'un slow blog : on parle de ce qu'on veut, quand on veut. Le Web et la démocratie, le sujet me passionne. Pas seulement pour ce qui est de la révolution mais surtout parce que potentiellement cela pourrait faire des citoyens qui contrôlent leurs élus, qui participent aux décisions. J'aimerais en parler... Mais une autre fois.

Prenons une science un peu particulière: La science du traitement de l'information au sens large, un peu à la Peter Denning, qui inclut des choses comme les télécoms, le traitement du signal, la bioinformatique. Comment on appelle ça ?

En anglais, ça hésite; voir en fin d'article. En Français, on a un terme excellent : Informatique, dont je comprends l'étymologie comme "science du traitement de l'information".

Mais voilà, par bêtise ou peut-être pour de sombres raisons politiques, on a un peu galvaudé le mot.

Informatique, ça fait rayon de la FNAC avec ses alignements de "livres" sur Windows et Word. Et pour citer Gérard Berry, quand on dit "tu t'y connais en informatique ?", ça sous-entend 'tu saurais réparer mon PC vérolé par un virus ?".

Bon. Si je ne me trompe, le mot mécanique peut désigner à la fois une science, la branche de la physique dont l'objet est l'étude des corps en mouvement ou à l'équilibre, mais aussi la conception voire la réparation de machine, et même un dispositif physique "la mécanique d'une horloge". On a pourtant gardé le mot mécanique pour la science. Tiens d'ailleurs la section de l'académie des sciences s'appelle Mécanique et Informatique. On y a mis les sciences avec des noms à problème?

On besoin d'un mot pour en parler. Si ce n'est informatique, c'est quoi?

Science et technologie de l'information et des télécommunications: cette appellation STIC a eu le vent en poupe pendant longtemps aux ministères et au CNRS. Au final, ça fait un peu has been car les télécoms maintenant c'est totalement de l'informatique. Et puis personne ne sait trop ce que ça veut dire.

Science de l'information: Malheureusement ce terme correspond au super étroit "Information science" = the collection, classification, storage, retrieval, and dissemination of recorded knowledge treated both as a pure and as an applied science.

Sciences du numérique (rien à voir avec analyse numérique) prôné notamment je crois par Gérard Berry, et qui est le nom de la chair du collège de France. Dans l'esprit de Gérard, c'est très large, un peu ce que je traduis moi par informatique.

Le CNRS vient de créer un institut des sciences informatiques et de leurs interactions. Si le "ique" référait déjà aux sciences, c'est un pléonasme? Ou alors c'est juste pour bien insister sur le coté scientifique. Finalement, j'aime assez ça.

Quand on me demande ce que je fais: je suis "chercheur en informatique" (et ni en computer science, STIC, sciences numériques, sciences digitales, etc.). Et maintenant je dirai que mon domaine c'est les sciences informatiques.

Informatique, j'ai choisi ton camp. :-)

Rédigé à la suite d'une question de Val Tannen (U. Penn) et d'échanges de mails avec lui et Gérard Berry (INRIA).

______________________________________________

En anglais, ça hésite:
  • On a le "computer science" mais "calculer" n'est qu'un bout de la lorgnette.
  • On a sa variante de computing sciences.
  • On a informatics utilisé plutôt en UK que Webster traduit par "Information science".
Il suffit de consulter la richesse des noms de départements... d'informatiques dans les pays de langue anglaise. C'est le souk! C'est que les pauvres, ils n'ont pas pensé à habiliter le mot informatics.

vendredi 11 février 2011

Fac, je te hais.

Les non-chercheurs qui liront ces lignes découvriront avec plaisir que la gestion de l'information pose aussi problème dans un institut de recherche en informatique.

De quoi parle-t-on à l'INRIA en ce moment? J'aurais tant aimé écrire qu'on parle à la cafette et dans les couloirs de trucs comme la comparaison entre les DHT et le gossiping pour la recherche d'information en pair à pair ou de la démonstration des théorèmes fondamentaux des mathématiques en COQ. Vous rêvez ! On parle :
  • des nouvelles pratiques du suivi des chercheurs.
  • de la Fac.
Le suivi du chercheur. Un large sujet ! On imagine du coaching par d'autres chercheurs, comme ça se fait ailleurs. Mais non! Il s'agit de RH et de paperasserie. La méthode proposée est bâclée, imposée dans une urgence incompréhensible, mélangée d'évaluation (merci! Ça suffit! On est déjà bien trop évalués.) J'ai bien pensé écrire un article là dessus. Mais le sujet finit par me donner la nausée (trop d'emails). Alors je vais parler de l'autre sujet, plus light.

Fac, c'est un joli nom, un diminutif sympa, tout droit sorti des 4 facultés médiévales de l'université: les arts, la théologie, le droit et la médecine. Wiktionnaire nous dit que ça vient du latin facultas, "capacité".

Mais on ne parle pas de ça à l'INRIA. Chez nous, Fac, ça veut dire " Feuille d'ACtivité ". C'est un bousin pour dire le temps que vous passez à bosser pour la communauté européenne.

En préambule, pour ceux qui ne sont pas du milieu, expliquons rapidement les projets de recherche européens. Le plus souvent avec des gens un peu partout en Europe, on monte des "consortiums", on écrit une proposition de projet. Il est évalué. S'il est accepté, on doit faire le boulot proposé avec les moyens humains promis. D'où les fameuses facs qui montrent les personnes qui ont bossé sur le projet et le temps qu'elles y ont passé. Un peu comme si quand vous faites réparer votre voiture, vous exigiez de savoir qui a travaillé dessus et quand et combien de temps. On doit aussi apporter des "déliverables" (livrables?) promis, typiquement des rapports, du logiciel, des démonstrations.

On a vu par le passé des gens abuser (surtout des industriels s'il faut faire dans la délation, plus rarement des chercheurs), "charger" des journées de travail fantaisistes et recevoir de l'argent de l'Europe sans trop faire de recherche. Donc les feuilles de temps, même si j'adore pas, je respecte. Mais la manière d'installer la FAC nouvelle mérite d'être soulignée.

Précaution: Je vais sans doute me tromper sur les détails, dire des bêtises. Je ne suis pas un expert en Fac et je ne tiens pas le devenir.

Le logiciel FacWeb est arrivé, au nom qui fleure bon les vieux campus et les nouvelles technologies. Son installation tient d'un management autoritaire totalement méprisant des chercheurs. En tous cas, c'est comme ça que le ressentent les chercheurs.

Ce qui pose problème :
  • Dans l'urgence, on nous demande de tout laisser tomber pour nous occuper de feuilles d'activité.
  • On n'arrive pas à se connecter à FacWeb de l'extérieur et quasi tous les chercheurs sur mon contrat sont à Cachan "à l'extérieur". (C'est vrai que la Fac est une information très sensible au moins confidentielle défense).
  • Puis, on se connecte mais nos comptes n'ont pas été créés
  • Ensuite ils ont été créés mais nos mots de passe ne marchent pas, etc.
Bien sûr, si vous lisez des emails fleuves, si vous passez quelques coups de fils, si vous allez suivre une formation au Parc Club, et si vous avez un bon karma, vous n'aurez aucun problème avec la Fac. Bref, si vous vous arrêtez tout ce que vous aviez prévu de faire et passez au service des services, tout ira bien. Mais juste un petit rappel pour ceux qui nous dirigent. Nous aussi, on bosse. C'est marrant, on fait de le recherche avec des deadlines, des réunions, du travail. On ne peut pas tout laisser tomber pour suivre une nouvelle procédure.

On avait le choix entre annuler notre réunion de travail de Jeudi et la remplacer par une journée Fac ou ne pas remplir les Fac du mois de Janvier. On a choisi la deuxième option. Seulement voilà, on a ensuite réalisé qu'une assistante se retrouvait à faire nos feuilles d'activité en échangeant des emails avec nous pour les compléter. Ca lui fait une surcharge de travail considérable. Marche arrière toute. On a décidé de remplir les Fac car on ne veut surtout pas rendre la vie encore plus difficile aux assistantes des services.

Alors qu'est-ce qu'on peut faire? Râler sa frustration. Ce que je fais.

C'est vrai que ça ne prend pas tellement de temps de remplir les Fac (quand tout est au point). C'est vrai que les chercheurs réagissent de manière trop épidermique quand on leur demande de faire de la paperasserie. Mais il faut comprendre qu'ils ont de plus en plus de ces petites tâches qui les empêchent de bosser. Il faut comprendre que quand un chercheur a déjà une journée super chargée, il déteste perdre une ou deux heures sur une procédure installée dans l'urgence, mal préparée, avec des outils mal adaptés, pour donner une information qui tiendrait en quelques lignes: les journées où il a bossé sur le projet machin en janvier.

Pour finir, je me suis dit que bosserai sur les Fac le weekend, mais ça, ce n'était pas possible: FacWeb ne bosse pas le weekend (sic). Il y a sans doute aussi de bonnes excuses (les logiciels qui travaillent même le weekend sont plus chers?) mais quand même c'est trop drôle.

vendredi 4 février 2011

Connaissez-vous Léo Szilàrd ?

Ce texte me parait si vrai que j'ai des doutes sur sa véracité. Même s'il est faux, merci Marie-Christine.

Léo Szilàrd (1898-1964), premier concepteur de la réaction en chaîne (dès 1933), auteur de la lettre cosignée avec Einstein pour convaincre le président Roosevelt de fabriquer la bombe A... Ce visionnaire (pour bien d'autres raisons que nous ne détaillerons pas) consacra la fin de sa vie à la défense d’un monde dénucléarisé et à l’écriture de nouvelles. Dans l’une d’elles "la voix des dauphins", un milliardaire demande au personnage principal, un chercheur, comment on pourrait ralentir l’avancée de la science, trop rapide selon lui.

Le chercheur répond : « On pourrait mettre en place une agence dotée annuellement de trente millions de dollars. Les chercheurs ayant besoin d’argent pourraient y faire des demandes, en se montrant convaincants. Comptons pour examiner les dossiers dix comités, chacun composé d’une douzaine de chercheurs. Prenons les chercheurs les plus actifs et nommons-les membres de ces comités… Premièrement, les meilleurs chercheurs seraient soustraits à leurs laboratoires et occupés à l’évaluation des dossiers. Deuxièmement, les chercheurs cherchant de l’argent se concentreraient sur des questions jugées prometteuses, et sur lesquelles ils seraient à peu près sûrs de pouvoir publier rapidement. Les premières années, il y aurait certainement une augmentation notable de la production scientifique ; mais à force de rechercher les choses évidentes, bientôt la science se tarirait… Il y aurait des modes, et ceux qui les suivraient auraient les crédits. Ceux qui ne les suivraient pas n’en auraient pas, et apprendraient rapidement à suivre les modes à leur tour. »

Léo Szilàrd, The Voice of the Dolphins, Simon et Schuster, 1961.

dimanche 23 janvier 2011

Les: promesses et écueils du Web

J'ai animé un débat sur ce thème dans le cadre de Sèvres Débats :

http://www-rocq.inria.fr/~abitebou/pub/11SevresDebats.pdf

Ce n'est pas compliqué de faire participer le public sur ce sujet. Il suffit de balancer quelques Scuds comme : "les jours du papier sont comptés" ou "Et si la vie virtuelle est mieux que la vie réelle, pourquoi ne pas oublier la vie réelle".

Évidemment, le sujet est trop vaste : on n'a pas pu tout aborder.

mardi 4 janvier 2011

Indignez-moi, Benoît !

Avec tout le battage médiatique, j'attendais beaucoup du petit livre de Stéphane Hessel, "Indignez vous !". Après l'année de l'iPad, on allait avoir le réveillon de l'indignation.

Avec tout le respect qui est dû à son grand âge, quelle déception!

Ça commence plutôt bien avec des indignations qu'il est toujours bon de rappeler. Oui ! Qu'on arrête de nous dire que le pays n'a pas les moyens d'une politique sociale: le pays est bien plus riche qu'à la libération. Oui ! "L'indifférence est la pire des attitudes".

Sinon. Ça patauge. Les solutions du Conseil National de la Résistance. Vous ne croyez pas que ça date ? Que ce n'est pas adapté à nos problèmes ? Pas un mot sur l'écologie. Mon tout est très franchouille dans la catégorie champions de l'indignation. Pas un mot sur comment construire ? La pureté révolutionnaire mais pas le réalisme. Quelles pistes suivre ? Comment avancer ?

On s'indigne et on va boire un coup au troquet du coin ?

Si je suis resté sur ma faim dans cette absence de proposition, j'ai été carrément bloqué quand SH s'est mis à parler de Palestine. 2 pages sur les 13 du texte ! Il n'a pas trouvé de meilleure cause d'indignation en Afrique, en Asie ? Non ! Sa principale indignation, c'est Gaza et la Cisjordanie. Et là je trouve son indignation déséquilibrée, injuste. Pas un mot pour dire que des juifs ont le droit de vivre en Israel, pas un mot en faveur des juifs expulsés des pays arabes. Quand même, ma bonne dame, c'est insupportable après ce qu'ils ont vécu, qu'ils puissent faire ça.

Je suis le premier à défendre les droits des palestiniens mais je m'arrange pour mettre dans la même phrase ceux des israéliens. Pas M. Hessel.

Deux illustrations. "Le Hamas n'a pas pu éviter que des rockets soient envoyées sur les villes israéliennes" (sic). "on peut se dire que le terrorisme est une forme d'exaspération... L'exaspération est compréhensible, je dirais puisqu'elle est naturelle". Quoi ??? SH rajoute quand même "mais pour autant elle n'est pas acceptable". Ouf ! On aurait fini par croire en lisant ce texte que le Hamas n'est pas un mouvement terroriste, une bande de pacifistes dont le terrorisme est à soutenir. Vous avez dit confus ?

Oui. Pour finir, le texte plonge encore plus dans la confusion avec deux pages sur la non-violence et l'insurrection pacifique assez incompréhensibles.

Si nous n'avons pas mieux à opposer aux penseurs du libéralisme qui inondent nos télés, nos radios, nos journaux, nous sommes mal barrés.

dimanche 5 décembre 2010

L'américain de Sèvres

Dernier article de cette série qui commence à ressembler à du spamming.

Vient de paraître : L'américain de Sèvres par Serge Abiteboul et Yann Fradin.

En HTML : http://sevres-pratique.com/Americain
En EPUB (ipad, iphone, etc.) : http://sevres-pratique.com/Americain/AmericainDeSevres.epub
Les précédents : http://sevres-pratique.com/Serge

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France, tes chercheurs foutent le camp !

3 références

  1. Les expatriés de l’enseignement supérieur français aux Etats-Unis, une étude de l’Institut Montaigne,
  2. Why French Scholars Love U.S. Colleges dans le New York Times
  3. The French Academic Diaspora dans Inside Higher Ed,

Des copains profs aux US (Moshe V. et Hector G.M.) m’ont envoyé des pointeurs sur ces articles. Et comme parmi le petit nombre de mes lecteurs, le taux d’expats est élevé, je ne peux pas échapper au sujet.

Partons d’un petit échantillon : un chercheur qui, après plusieurs séjours aux Etats-Unis, six ans en tout en Californie, a décidé de rentrer en France. Oups. Pardon, il s’agit de moi et je n’ai rien décidé. C’était une décision collective de la famille. Et oui. Le chercheur n’est pas seul dans sa bulle. Il a aussi une famille qui participe aux décisions. Agrandissons l’échantillon. Des copains, profs d’informatique dans des facs américaines. Gérard M. a choisi de rester aux Etats-Unis surtout parce qu’il s’est marié avec une américaine qui imaginait mal de vivre en France. Amélie M. est partie (à mon humble avis) parce qu’elle et son copain regardaient trop de films américains. Ils n’écartent pas de rentrer. Victor V. (qu’on assimilera sans effort à un français) passe autant de temps en France qu’aux US même s’il est prof là-bas, en partie parce que lui et son épouse américaine sont très francophiles. Donc dans cet échantillon très représentatif (on reconnait qu’il est restreint et n’inclut que des informaticiens), les chercheurs ne choisissent pas les US pour les raisons qu’on donne souvent : le salaire trop faible et le manque de moyens.

Le salaire. Je sais bien que le fric est devenu le premier critère de réussite mais je n’ai pas vraiment l’impression que ce soit le salaire qui détermine le choix de mes collègues ou de mes étudiants qui partent. (Quand on connait le salaire de départ d’un maître de conférence, on peut d’ailleurs être surpris.)

Les moyens. Oui. Par exemple, plusieurs de mes étudiants sont partis chez Google parce qu’ils y trouvaient des possibilités de développer des systèmes, offertes nulle part ailleurs. Mais c’est vrai que la plupart n’étaient pas français, qu’il y a peu d’endroit comme Google, que ça ne durera pas, et que certains reviendront sans doute.

Des chercheurs arrivent en France d’autres en partent. Parler juste d’un brain drain des français vers les US est réducteur. On devrait parler d’Europe avec Alkis P. qui est aux US mais n’écarte pas la possibilité d’un retour. (La diaspora française d’ailleurs est en proportion, ridicule par rapport aux diasporas israélienne ou grecque.) Donc ce qui compte, ce n’est pas pour la France de garder les français mais pour l’Europe d’attirer les meilleurs d’Asie ou d’Afrique, et pas forcément pour les garder égoïstement. (Et ça, ce n’est pas un problème neuf.)

Revenons en France. Je ne dis pas que la situation est parfaite. Loin de là et ça ne s’arrange pas. Mais bon. On n’est pas si mauvais et notre vie de chercheur n’est pas si horrible. Alors pourquoi tous ces gens (y compris le président de la république) disent-ils que les chercheurs français sont nuls et que les meilleurs foutent le camp ? Parce que le français aime se plaindre. Il se plaint de sa recherche comme il se plaint de son système social (essayez le système américain), de son industrie (pourtant parmi les meilleures du monde), de ses impôts (les allemands en paient autant), etc. Pour confirmer scientifiquement, une étude menée parmi des enfants de nombreux pays sur les devoirs. Le gosse américain est super content de ce qu’il a fait, bien au dessus de sa vraie performance. Et le petit français est lui parmi les plus mécontents, bien en dessous de ce qu’il a réussi.

Donc pour conclure : Oui ! L’environnement de la recherche en France est catastrophique. Oui ! C’est de pire en pire. La recherche est moribonde. L’université est quasi détruite. Après tout, je suis français. Il faut bien que je me plaigne.

De l'extension du domaine de la censure

Wikileaks : ça fait sourire qu'on étale autant de données confidentielles. Et puis on n'y pense plus. Qu'un diplomate américain trouve Sarkozy excité, cela ne surprend personne. Mais voilà, tout cela tourne en démonstration de censure.

"Les méthodes abjectes et dangereuses que Wikileaks utilise sont inacceptables et doivent être condamnées avec la plus grande fermeté par tous les pays du monde. Wikileaks n’a pas de place dans l’internet civilisé que nous devons construire." selon Muriel Marlan-Militello, une obscure député UMP, j'imagine future ministre de la recherche, ou de l'économie numérique, voir de la propagande. Et de soutenir une autre gloire nationale, Eric Besson, ministre de cette économie numérique (en plus de l'industrie) qui demande l'interdiction de l'hébergement de Wikileaks en France. Super la France rejoint la Chine et autres dictatures dans le front anti-liberté sur le Web.

Leur Internet n'est pas le mien ! Le Web est plus compliqué à censurer qu'un vulgaire canard. Mais si on ne fait rien, ils finiront par y arriver.

C'est difficile de trouver Wikileaks. Mais on le trouve encore. Au moment où j'écris sur http://213.251.145.96/

Pour comment manipuler les DNS pour qu'on puisse trouver le site de Wikileaks :
http://www.bortzmeyer.org/a-propos-wikileaks.html

PS: Avec comme vague lien la censure, Felix Nussbaum au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme. A découvrir absolument.





Felix Nussbaum
Selbstbilnis mit Judenpass
© ADAGP, Paris 2010

mardi 19 octobre 2010

Sauvez Gaupillat !

La France est baladée entre des mutations de société comme l'allongement de la vie ou le chômage massif, des réponses sectaires et simplistes comme l'augmentation de l'âge de la retraite. Des lycéens caillassent les flics, des lycéens se font menotter sous les fenêtres de mon bureau. . La France est en révolte. Mais je ne sais pas trop quoi en dire.

Alors je cause d'une autre actualité brûlante.

« Il y a deux choses dans un édifice, son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde; c’est donc dépasser son droit que de la détruire »
Victor Hugo

La fabrique Gaupillat, au 43 bis route de Vaugirard à Meudon, est le dernier bâtiment industriel du Val de Seine. Construite à la fin du 19ème siècle, elle constitue un exemple d’architecture industrielle avec sa cheminée, ses sheds, ses poutres métalliques et sa façade en briques.
Durant 160 ans, les ateliers d’estampillage ont rythmé la vie du Bas-Meudon, face à l’emblématique Ile Seguin. Depuis 2005, l’association La Fabrique s’est créée pour sauvegarder et mettre en valeur ce bâtiment unique. L’ancienne usine Gaupillat est aujourd’hui menacée de destruction.

Un permis de démolir à été déposé en Mairie de Meudon, le 7 juillet dernier.

Aidez nous à garder cette usine.

Pétition: http://www.association-lafabrique.org/wordpress/archives/1568


mercredi 6 octobre 2010

Par amour ou pour la tune

Vous vous êtes toujours interrogés sur ce qui pousse en France un brillant scientifique autour de bac + 10 à prendre un poste de maître de conférence ou de chercheur ? Moi je ne suis pas sûr de bien comprendre. Et le même dix ans plus tard, bousculé entre ses cours, ses contrats, l'administration dévorante, et le reste et peut-être même un peu de recherche, qu'est-ce qui le pousse à rester ? Ils sont masos ?

Une étude a regardé cela de près dans le monde : For love and money.

On y apprend que le scientifique français a un pouvoir d'achat légèrement supérieur à celui du chinois et comparable à l'italien mais vachement plus faible que l'anglais ou l'allemand. On apprend aussi (si on ne le savait pas déjà) que les femmes sont moins bien payées que les hommes même dans les carrières scientifiques.

Alors par amour ou pour la tune?

Bibliographie: Une présentation que j'ai faite pendant SIGMOD Beijing, 2007, sur Life in Academia.

lundi 20 septembre 2010

L'écologie dans les nuages

L'académie des sciences à la suite d'une demande de Valérie Pécresse organisait aujourd'hui un débat scientifique sur le réchauffement climatique. Comme on m'a interrogé sur cette réunion, je réponds dans ce blog.

Le journal Le Monde d'hier parlait de « secret » et de « huit clos ». Explication : l'académie a deux types de séances :
  • des séances publiques, qui attirent peu de public,
  • et des séances privées, dites « secrètes ». Je pensais jusqu'à présent qu'il s'agissait surtout d’éviter au public ces séances assez peu intéressantes.
Parlons donc de la séance « secrète » d'aujourd'hui. Et avant tout, des précautions. Je ne connais rien au climat et j'ai séché la matinée pour cause de boulot plus sérieux. J’ai sacrifié mon après-midi parce que j’étais curieux de voir ce qui pouvait sortir de cette réunion. La salle était bien pleine, pleine d’académiciens spécialistes, et puis quelques invités, et pas mal de curieux comme moi.

Le but du débat est d'établir l'état actuel des connaissances scientifiques sur le changement climatique, dire où il y a consensus, où il y a désaccord, où il faut faire de la recherche.

Il ne s’agit pas de répondre aux questions que tout le monde se pose.

Il ne s’agit pas non plus de comprendre pourquoi les politiques et le grand public ne crèvent pas de trouille devant ce que leurs racontent les scientifiques. Ce problème tient plus de la sociologie ou la psychiatrie que de la science. C’est hors sujet !

Il ne s'agit pas de parler des mises en cause de la recherche en climatologie par Allègre et d'autres, ni d'erreurs ici ou là. Du coté d’ici : Des études scientifiques ont montré que les erreurs dans les rapports du Giec ne mettent pas en cause ses conclusions et notamment que le réchauffement climatique depuis la seconde moitié du 20ème siècle est très probablement d'origine humaine. Et du coté de là : les erreurs détruisent les arguments.

Bon. Je pensais qu’on allait se contenter de dire que les chercheurs sur le climat, quoiqu'en dise Allègre, savent ce qu'ils font ; ils progressent vachement vite. Des spécialistes allaient nous expliquer vite fait. On aurait écouté. On n'aurait pas eu de bagarre. On aurait bu un coup (ça manquait) et on se serait quittés bons copains.

Oui mais voilà. J'étais juste ignorant big time et plein d'idées préconçues sur ce débat comme sur le sujet.

J'ai écouté des gens tout l'après-midi. En particulier, un dénommé Richard Litzen, prof au MIT, et grand sceptique du réchauffement climatique devant le seigneur. J'ai eu le temps de me demander pourquoi il avait été invité ? C'était le seul à ne pas parler français. J'imagine que la majorité des spécialistes ne causent pas notre langue. Ça m'a surpris qu'il n'y ait qu'un anglophone. Et ça m'a surpris qu’il soit engagé dans le camp hyper minoritaire. C'est de la parano ? Oui ! D'autres non francophones étaient invités qui ont décliné.

Lui, j'ai vite compris qu'il pensait le contraire de ce qu'on m'avait raconté. J'ai pas compris tous ses arguments. Avec lui et avec d’autres, j'ai raté plein de trucs soit parce qu'il me manquait les bases, soit parce que je rêvais à d'autres problèmes, ou peut-être parce qu’ils étaient parfois confus. Merci à quelques intervenants qui m'ont un peu sorti de mon ignorance, surtout à une Sandrine Bony-Lena que j'ai trouvée lumineuse. Merci à Edouard Bard pour son parler clair.

Avec elle et d'autres, on comprend que les nuages posent problème. Qu'ils sont trop hyper compliqués à modéliser. On serait presque tenté de passer du coté des stratocumulus et de leurs copains. Nuages, résistez ! Qu'il reste au moins une place aux rêves. Et puis on se dit que c'est trop sérieux. Il faut aussi mettre les nuages en équations pour savoir si on va gagner 1.5 ou 5 degrés.

Un chercheur nous explique qu'avec je ne sais plus combien de degrés en plus, on cultivera du maïs en Suède. Donc ça a du bon le réchauffement climatique ? Un biologiste nous explique que même un degré de plus, ce n’est pas bon pour l'écologie. Dommage qu'il soit hors sujet ! Quelqu'un intervient pour dire qu'il aimerait bien qu'on parle du fond. Hors sujet ! On lui répète la règle du jeu. C'est un peu le bordel. Finalement il valait peut-être mieux que ce soit à huit clos.

Pendant une pause, j'ai demandé à des confrères académiciens qui s'y connaissent plus que moi ; c'est facile à trouver. Le premier m'a confirmé que le réchauffement climatique est d’origine humaine. Un second confirme. Le troisième m’explique que c’est un problème complexe. Oui. Ça j'avais compris que c'était complexe et que l'on n’avait pas de certitude. Mais la vie est toute-entière dans un cadre incertain. Les scientifiques construisent leurs théories sur l’incertitude ? Reprise du débat. Je dois interrompre mon sondage.

De loin en loin, ça dérape du consensus pour s'engueuler. Mince ce n’est pas simple la vérité sur le climat. Des scientifiques s'appuient sur des travaux scientifiques et d'autres scientifiques nous disent ensuite qu'ils ont été invalidés. Que croire ? Je ne peux pas tout vérifier. Je veux croire les spécialistes comme Bony-Lena et Bard. Finalement, ce débat n’aura fait qu'ajouter à la confusion, à ma confusion. De toute façon, que pouvait-il ajouter aux réunions scientifiques sur le sujet ?

Un vieil académicien fait remarquer qu'il est venu pour parler réchauffement climatique. A-t-il bien dit : « Quand j’étais étudiant à normal sup, les hivers étaient plus rudes. » Dans ce débat surréaliste, son intervention est une bouffée de fraicheur.

Voir le communiqué de presse

lundi 13 septembre 2010

Data publica à la Cantine

"Le projet Data Publica met en place et opérera une place de marché sur laquelle ceux qui possèdent des données viendront publier leurs méta-données ou leurs API ainsi que la ou les licences sous lesquelles elles peuvent être utilisées, et ceux qui développent des applications viendront prendre ces méta-données pour développer des applications au modèles économiques compatible avec la licence d'utilisation..."

Pour en savoir plus: cliquer

Et si vous connaissez pas, c'est une bonne occasion de découvrir La Cantine.

mercredi 25 août 2010

P ≠ NP, Sexe et SMS

Selon une enquête aux US, les jeunes de moins de 25 ans répondent à des messages électroniques pour :
  1. 22% en réunion
  2. 49% en mangeant
  3. 24% sur les gogues
  4. 10% quand ils baisent.
Voir http://adage.com/article?article_id=143705 (trouvé sur le tweet de FB)

C'est encore une expression de la supériorité de la nouvelle génération: ils sont plus "multithreaded" (multi-tâches?) que leurs anciens.

Une enquête indépendante sur un échantillon de 3 personnes dans le RER B a conduit à des résultats similaires. Un exposé devant la direction de l'INRIA a montré que dans les tranches plus âgées, jusqu'à 87% des personnes assistant à une présentation peuvent en même temps répondre à des messages électroniques.

PS: je voulais écrire un article sur la nouvelle "preuve" de P ≠ NP. J'étais très intéressé parce qu'elle utilise la théorie des modèles finis. Mais voilà, j'ai fini sur un sujet plus léger.

jeudi 19 août 2010

Mes livres numériques à moi

J'ai regardé les formats de livres numériques, et voilà mes deux romans en format epub.

Le Livre d'Axel
Hirondelles sur le Web
PS: les versions epub sont thanx to Pierre S.