mardi 13 janvier 2015

Café technologique : Jules Ferry 3.0 - Ecole et numérique

14/01/2014 à 18h30 (Paris) Café de Flore : 172 bld Saint-Germain 75006 Paris (métro Saint Germain des prés)

Que faut-il enseigner et comment dans l’école de la société numérique ?  Comment redessiner un tissu éducatif ?

3 questions pour Inria-Alumni

Une des recommandations du rapport Jules Ferry 3.0 est de "former les citoyens d'une société numérique" en initiant à la pensée informatique. Selon-vous, en quoi l'enseignement de cette pensée est-elle indispensable ?
Serge Abiteboul : "Une mission de l’école est d’expliquer le monde dans lequel nous vivons, pas le monde du 19e ou même du 20e siècle. Le monde est devenu numérique et si on ignore l’informatique, qui est au cœur de ce changement, on ne comprend rien à ce nouveau monde, il reste magique. Il faut aussi préparer les citoyens aux problèmes de société qu’ils rencontreront. Pour avoir une chance de choisir la société dans laquelle ils vivront, il leur faut comprendre l’informatique.

La connaissance de l’informatique est essentielle dans les métiers du numérique, créateurs d’emplois, mais aussi pour l’engineering et les sciences dans tous les domaines. La compréhension de l’informatique est véritablement un plus dans quasiment toutes les professions, du chauffeur de taxi au professeur de philosophie. Pour un individu, ne pas maitriser les bases de l’informatique est de plus en plus un handicap. Pour un pays, ne pas l’enseigner condamne à rester ou devenir un pays sous-développé."

Le challenge d'enseigner l'informatique est d'importance. On constate depuis plusieurs années, en France, une dynamique positive en la matière mais jugée encore insuffisante. Concrètement aujourd’hui, comment s'y prendre ?Serge Abiteboul : "Nous avons vécu beaucoup de reculades. Le sport national, c’est la ponte de rapports. J’ai moi-même participé à un rapport de l’Académie des sciences ainsi qu’à un du Conseil national du numérique. Les conclusions de tous ces rapports sont identiques : il faut enseigner l’informatique. Le Ministère de l’éducation nationale s’est montré incapable de faire seul la transition. Il faut que les politiques décident, imposent un tempo et fassent bouger les lignes.

Comment s’y prendre ? Il faut introduire l’enseignement de l’informatique depuis l’école jusqu’au lycée, en insistant sur des pédagogies qui participent au développement des enfants et qui développent leur créativité comme les méthodes actives et la coopération dans des projets. Il faut bien avoir conscience que, comme dans les autres disciplines, la formation d’un professeur d'informatique exige de nombreuses années."

Quelles seraient les premières étapes pour permettre l'installation d'un tel enseignement ?

Serge Abiteboul : "En m’inspirant de recommandations du CNNum :
  • Enseigner à l'école primaire, les rudiments de la pensée informatique en mode connecté ou pas.
  • Enseigner l’informatique au collège, autour de l’apprentissage de la programmation, sur le temps alloué à la technologie.
  • Enseigner l’informatique à tous les élèves de toutes les filières du lycée, en commençant par généraliser l’option ISN à tous les lycées et toutes les filières.
  • Former à l’informatique les professeurs des écoles.
  • S’appuyer sur les professeurs déjà en poste et explorer d’autres enseignants potentiels (comme des chercheurs et ingénieurs informaticiens).
  • Créer un Capes d’informatique et développer le recrutement d’enseignants d’informatique compétents.
  •  Accorder dans l’enseignement de l’informatique une place centrale aux projets en groupe et favoriser dans ce cadre les projets en collaboration avec d’autres disciplines que l’informatique.
Il semble que nous assistions à une vraie introduction de l’informatique dans l’éducation nationale. Il faudra les efforts de tous pour la réussir !"

mardi 30 décembre 2014

Pour un joint...

Prenons cette question hypothétique posée à un concours de la fonction publique. Peut-on lier par une jointure les bases de données de l’éducation nationale et de l’immigration ?
  1. Oui. Cela permet de détecter des personnes en situation irrégulière.
  2. Non. Cela pourrait décourager les personnes en situation irrégulière d’envoyer leurs enfants à l’école.
Voir l'article avec Colin de la Higuera sur Binaire.

mercredi 24 décembre 2014

lundi 8 décembre 2014

Quatre présentations et un interview...

Les données du Web : quand nos vies numériques deviennent des bases des connaissances, Rencontres INRIA Industrie, Technologies du web, Lille, nov. 2014, http://lille1tv.univ-lille1.fr/videos/video.aspx?id=07216857-93d6-42dd-9a3f-10123c6d99ad

Turn your "digital self" into a knowledge base.
Workshop: Open Scientific Data, Paris-Saclay Center for Data Science, nov 2014, http://webcast.in2p3.fr/videos-serge_abiteboul


Rapport  Jules Ferry 3.0 (avec Christine Balagué et Sophie Pène)
Cap digital, déc 2014. 

Premières Assises Médias Entreprises, Table ronde, Nouveaux, métiers, nouveaux médias du XXIème siècle, Lycée Louis le Grand, déc 2014.

Apprendre le code à l'école : « Ne pas être esclaves, mais acteurs », Le Parisien, Le Magazine, déc. 2014. http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/apprendre-le-code-a-l-ecole-ne-pas-etre-esclaves-mais-acteurs-03-12-2014-4343889.php
 

jeudi 20 novembre 2014

Barbie est trop conne ! Mais pas Casey !

Barbie informaticienne ? Si elle sait se servir d’un ordinateur…

Heureusement les filles et les blondes en particulier peuvent apprendre l'informatique. Ce ne sont pas des Barbies... 

(via Gilles)

Mais ne ratez pas la suite de l'histoire :

http://caseyfiesler.com/2014/11/18/barbie-remixed-i-really-can-be-a-computer-engineer/

Et encore :

mobile.clubic.com/mag/culture/actualite-740293-barbie-coder-internet-coup-main.html

Finalement, Barbie n'est pas si conne que ça. C'est Brian le connard...

mercredi 19 novembre 2014

Venez en France !

Les salaires dans la Silicone Valley sont trop élevés. Vous avez du mal à trouver des ingés compétents.   

 

Wolverton: Want better broadband choices? Move to France

http://www.siliconbeat.com/2014/11/17/wolverton-want-better-broadband-choices-move-to-france/


dimanche 16 novembre 2014

Le savant et l'autruche

Alexandre Grothendieck
 
Il est assez peu courant que des scientifiques se posent la question du rôle de leur science dans la société. J’ai même l’impression très nette que plus ils sont haut situés dans la hiérarchie sociale et plus par conséquent ils se sont identifiés à l’establishment, ou moins ils sont contents de leur sort et moins ils ont tendance à remettre en question cette religion qui nous a été inculquée dès les bancs de l’école primaire : toute connaissance scientifique est bonne, quel que soit son contexte ; tout progrès technique est bon. Et comme corollaire : la recherche scientifique est toujours bonne. Aussi les scientifiques, y compris les plus prestigieux, ont-ils généralement une connaissance de leur science exclusivement « de l’intérieur », plus éventuellement une connaissance de certains rapports administratifs de leur science avec le reste du monde. Se poser une question comme : la science actuelle en général, ou mes recherches en particulier, sont-elles utiles, neutres ou nuisibles à l’ensemble des hommes ? Cela n’arrive pratiquement jamais, la réponse étant considérée comme évidente par les habitudes de pensée enracinées depuis l’enfance et léguées depuis des siècles. Pour ceux d’entre nous qui sommes des enseignants, la question de la finalité de l’enseignement, ou même simplement celle de son adaptation aux débouchés, est tout aussi rarement posée.

A lire : http://revueagone.revues.org/754

mercredi 22 octobre 2014

L'arpète de papier

Les lecteurs branchouilles ont bien sûr déjà lu L'arpète en numérique.

Pour les autres, qui n'ont pas encore saisi que nous avions abordé le 21ème siècle, L'arpète sort enfin en papier.Vous pouvez le commander :
  1. dans votre librairie préférée bien sûr
  2. www.placedeslibraires.fr/
  3. amazon.fr

L’arpète | Serge Abiteboul

jeudi 16 octobre 2014

30 ans de la Conf BDA

Avec les pères du domaines.  Claude a posé son fusil de chasseur et quitté pour quelques jours son Berry pour venir.

 Georges Gardarin, Claude Delobel, Michel Adiba @ BDA2014

Retrouvailles sympas.

Atelier pour les étudiants sur la vie d'enseignant-chercheur...


lundi 13 octobre 2014

Un petit flot dans Océan

Océan, un portail international pour les MOOCs francophones ou FLOTs (pour Formations en Ligne Ouvertes à Tous)

vient d'accueillir notre Flot:
 
Serge Abiteboul, Benjamin Nguyen et Yannick Le Bras - SILLAGES.info
Cette formation, libre et gratuite, est destinée aux élèves de premier cycle universitaire et de classes préparatoires désirant se former aux fondements des bases de données relationnelles et à leur mise en pratique. En terme de contenu, la formation va un peu plus loin que le programme officiel des CPGE. Les concepts fondamentaux utilisés tournent autour de la logique, sans faire d’hypothèse sur les prérequis. Au-delà des étudiants du premier cycle, cette formation est ouverte à toute personne désirant comprendre les bases de données relationnelles et s’initier à leur utilisation. A la fin de la formation, les apprenants seront capables d’écrire des requêtes SQL complexes et comprendront comment ces requêtes sont traduites, optimisées et exécutées par un système de gestion de bases de données (SGBD).

mardi 30 septembre 2014

Faites vous plaisir : Votez Binaire !

Pour parler d'informatique, Binaire est là : http://binaire.blog.lemonde.fr
 
Votez pour Binaire au Golden Blog Awards (http://www.golden-blog-awards.fr/blogs/binaire.html) - on peut voter une fois par jour !


http://www.golden-blog-awards.fr/blogs/binaire.html

mercredi 24 septembre 2014

mardi 23 septembre 2014

Que faire du Big Data ?


Autour de la question, Sophie Joubert, RFI, Mardi 23 septembre 2014
SA (Inria), Pierre-Michel Menger (Collège de France) et Bernard Harcourt (Université de Chicago / EHESS), s'interrogeront autour de la question suivante : « Que faire du Big Data ? »

podcast (première partie)
podcast (deuxième partie)


mardi 9 septembre 2014

Ecrivains de l'Inde

 

Ne manquez pas cette occasion unique d’aller à la rencontre d’écrivains remarquables au travers de conversations, tables rondes, lectures et soirées musicales d’exception. Avec Vikram Chandra, Kiran Desai, Jeet Thayil, Urvashi Butalia, Indra Sinha, Sudeep Sen, Shumona Sinha, Amit Chaudhuri
et beaucoup d'autres.

Via Karen-Rae

Interview sur BFM Business (radio)

L'enseignement de l'informatique à l'école.
Avec Nicolas Sadirac (fondateur de l'Epitec et avec Xavier Niel, de l'Ecole 42)

Émission l'Atelier Numérique de François Sorel, 06/09/14 de 16h à 17h. 

Retranscription de : Le code dès l’école, une brique essentielle pour façonner sa pensée numérique  

Disponible sur iTunes : attention c'est le second du 06/09/14. A partir de 16:30
Disponible sur mon site

vendredi 22 août 2014

Génération numérique

Arnaud Devillard m'interviewe dans Sciences et Avenir de Août 2014. Super boulot je trouve et pas seulement parce qu'il est sympa avec moi. Seul problème : il faut payer pour le lire :(

vendredi 25 juillet 2014

L'informatique à l'école : un pas bien timide, mais un pas quand même

Depuis quelques mois les appels à un enseignement de l’informatique dans les écoles et lycées se multipliaient, traduisant l’impatience tant de parents que de personnalités politiques, de scientifiques et de représentants du monde numérique. En annonçant dans le Journal du dimanche du 13 juillet 2014 qu’il favoriserait « en primaire une initiation au code informatique, de manière facultative et sur le temps périscolaire », Benoît Hamon a fait un pas – certes timide mais difficile car le sujet n’est toujours pas consensuel.

A défaut d’être la réponse attendue, c’est un signal d’encouragement aux très nombreux enseignants qui innovent jour après jour, luttent contre le décrochage scolaire, en s’appuyant sur les pratiques numériques de leurs élèves pour motiver et former aux approches critiques, mais butent vite sur le manque de compétences informatiques, le leur et celui de leurs élèves. C’est aussi un signal d’encouragement aux très nombreuses associations et aux rares collectivités territoriales qui ont pris à leur charge la formation à l’informatique que l’école différait. Les uns et les autres ont compris que la culture numérique implique une initiation précoce à l’informatique et ne saurait se suffire des « usages ». Les uns et les autres savent que la transition numérique de notre société appelle ces savoirs et savoir-faire, pour de futurs citoyens créatifs, solidaires et lucides.

La programmation encourage naturellement l’apprentissage par l’essai-erreur, le travail collaboratif. Elle place les élèves dans des attitudes actives, créatives, de partage et de contribution. Un projet mené à bien est un plaisir, une fierté. Cela explique ses succès auprès d’élèves décrocheurs. L’entrée du « code » à l’école doit être l’occasion de participer à la transformation de l’enseignement. Si la volonté d’opérer en douceur semble être de mise avec une amorce par le périscolaire, le choix du primaire comme point de départ peut aussi s’envisager comme l’opportunité d’un changement de fond, une occasion de convergence entre les professeurs des écoles et les acteurs de l’éducation populaire, de la médiation scientifique et numérique, de l’entrepreneuriat social, pour une école ouverte, reliée aux territoires. Reste à savoir l’exploiter. Cet appel au riche tissu de ressources territoriales implique une gestion de projet, qui va mobiliser les directeurs d’école. Il faudra travailler en réseau entre écoles et associations, proposer aux animateurs et éducateurs qui le souhaitent une certification ou une validation d’acquis, l’enjeu pour les élèves étant la base d’une véritable littératie numérique qui aidera les autres savoirs fondamentaux à se révéler.

Le recours au périscolaire ne pourrait évidemment seul suffire. Un enseignement périscolaire se doit d’être créatif, expérimental, ludique, émancipateur, non-institutionnel. Il peut enrichir l’enseignement scolaire, participer à faire évoluer contenus et méthodes, à cultiver des compétences transversales. Il ne peut se substituer à l’école. Une approche basée purement sur le périscolaire ne touchera pas tous les enfants, engendrera des inégalités entre territoires ruraux et agglomérations, entre écoles « branchées » et les autres (même si de telles inégalités pourraient être atténuées par des politiques volontaristes couteuses). Enfin et surtout sans une l’implication active des professeurs des écoles eux-mêmes, l’apprentissage de l’informatique par les enfants restera isolé des autres enseignements et ne pourra pleinement réussir.

C’est là qu’une autre mesure annoncée par Benoît Hamon prend toute son importance, et traduit une vision qui dépasse heureusement la délégation aux associations : l’entrée de son enseignement dans les ESPE (les Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education), dont la loi de refondation de l’école a fait le cœur de la transformation numérique de l’enseignement. Il faut avancer rapidement et résolument dans ce sens et accompagner cette mesure par un développement de la formation continue dans ce domaine pour toucher la plus grande partie des professeurs des écoles. La formation de l’ordre de 350 000 professeurs des écoles est un défi considérable, que la profession va devoir organiser. On voit bien qu’il ne s’agit pas seulement de former tous les professeurs « au code », mais de les engager dans la transformation de leurs disciplines et de leur pédagogie, reconfigurées par la « société numérique » et désormais imprégnées par les sciences et techniques informatiques.

Il faut aussi répondre aux inquiétudes légitimes : il ne s’agit pas de former de la main-d’œuvre pour l’industrie du logiciel ; il ne s’agit pas d’appendre à coder pour coder ; il ne s’agit pas d’apprendre une nouvelle discipline abstraite ; il ne s’agit pas non plus d’une démission de l'école, d’une brèche dans laquelle s’engouffreraient les nouveaux acteurs industriels de l’éducation numérique pour se substituer à l’école.

Il reste que la tâche est complexe. Il faudra les efforts de tous et une mobilisation très large pour que ce projet réussisse.

Au-delà de l’école primaire, la déclaration de Benoît Hamon touche le collège et le lycée. Il choisit de s’appuyer d’abord sur les professeurs de mathématiques et de technologie. C’est à court terme une solution. Le vivier de tels professeurs volontaires pour enseigner l’informatique existe mais on atteint vite ses limites, quand cela ne participe pas à accentuer comme en mathématiques une pénurie endémique de tels enseignants. Il est urgent d’ouvrir les portes de l’éducation nationale à des enseignants dont l’informatique est la compétence principale. Le vivier naturel se trouve dans les licences et master d’informatique, et aussi dans les entreprises pour des ingénieurs qui souhaiteraient une reconversion. Sur ce sujet, nous attendons une véritable vision qui fasse bouger les lignes.

Benoît Hamon présente un projet qu’il faut concrétiser et enrichir. Tout ne peut se résumer à une brève initiation au « code informatique ». Il ne suffit pas de savoir écrire des programmes dans un langage informatique quelconque pour, par exemple, comprendre comment fonctionne le moteur de recherche de Google, l’encryption dans un système de vote électronique, ou une base de données « dans les nuages ». Au-delà des seuls aspects scientifiques et techniques, l’enseignement de l’informatique représente le chemin de l’acquisition d’une véritable culture numérique par tous. La formation de ses enseignants en informatique et en culture numérique est la clé de la réussite. C’est bien là une des ambitions que l’éducation nationale doit porter dans les années à venir.

Serge Abiteboul et Sophie Pène, membres du Conseil national du numérique

Sur le site du CNNum


lundi 14 juillet 2014

Matinale d'Europe 1 un 14 juillet

Hier c'était le mariage de Nicoletta et Fabian. Très sympa. Couché très tard. Et ce rendez-vous improbable sur Europe 1 pour parler encore d'enseignement de la programmation.
L'enseignement de la programmation