vendredi 11 février 2011

Fac, je te hais.

Les non-chercheurs qui liront ces lignes découvriront avec plaisir que la gestion de l'information pose aussi problème dans un institut de recherche en informatique.

De quoi parle-t-on à l'INRIA en ce moment? J'aurais tant aimé écrire qu'on parle à la cafette et dans les couloirs de trucs comme la comparaison entre les DHT et le gossiping pour la recherche d'information en pair à pair ou de la démonstration des théorèmes fondamentaux des mathématiques en COQ. Vous rêvez ! On parle :
  • des nouvelles pratiques du suivi des chercheurs.
  • de la Fac.
Le suivi du chercheur. Un large sujet ! On imagine du coaching par d'autres chercheurs, comme ça se fait ailleurs. Mais non! Il s'agit de RH et de paperasserie. La méthode proposée est bâclée, imposée dans une urgence incompréhensible, mélangée d'évaluation (merci! Ça suffit! On est déjà bien trop évalués.) J'ai bien pensé écrire un article là dessus. Mais le sujet finit par me donner la nausée (trop d'emails). Alors je vais parler de l'autre sujet, plus light.

Fac, c'est un joli nom, un diminutif sympa, tout droit sorti des 4 facultés médiévales de l'université: les arts, la théologie, le droit et la médecine. Wiktionnaire nous dit que ça vient du latin facultas, "capacité".

Mais on ne parle pas de ça à l'INRIA. Chez nous, Fac, ça veut dire " Feuille d'ACtivité ". C'est un bousin pour dire le temps que vous passez à bosser pour la communauté européenne.

En préambule, pour ceux qui ne sont pas du milieu, expliquons rapidement les projets de recherche européens. Le plus souvent avec des gens un peu partout en Europe, on monte des "consortiums", on écrit une proposition de projet. Il est évalué. S'il est accepté, on doit faire le boulot proposé avec les moyens humains promis. D'où les fameuses facs qui montrent les personnes qui ont bossé sur le projet et le temps qu'elles y ont passé. Un peu comme si quand vous faites réparer votre voiture, vous exigiez de savoir qui a travaillé dessus et quand et combien de temps. On doit aussi apporter des "déliverables" (livrables?) promis, typiquement des rapports, du logiciel, des démonstrations.

On a vu par le passé des gens abuser (surtout des industriels s'il faut faire dans la délation, plus rarement des chercheurs), "charger" des journées de travail fantaisistes et recevoir de l'argent de l'Europe sans trop faire de recherche. Donc les feuilles de temps, même si j'adore pas, je respecte. Mais la manière d'installer la FAC nouvelle mérite d'être soulignée.

Précaution: Je vais sans doute me tromper sur les détails, dire des bêtises. Je ne suis pas un expert en Fac et je ne tiens pas le devenir.

Le logiciel FacWeb est arrivé, au nom qui fleure bon les vieux campus et les nouvelles technologies. Son installation tient d'un management autoritaire totalement méprisant des chercheurs. En tous cas, c'est comme ça que le ressentent les chercheurs.

Ce qui pose problème :
  • Dans l'urgence, on nous demande de tout laisser tomber pour nous occuper de feuilles d'activité.
  • On n'arrive pas à se connecter à FacWeb de l'extérieur et quasi tous les chercheurs sur mon contrat sont à Cachan "à l'extérieur". (C'est vrai que la Fac est une information très sensible au moins confidentielle défense).
  • Puis, on se connecte mais nos comptes n'ont pas été créés
  • Ensuite ils ont été créés mais nos mots de passe ne marchent pas, etc.
Bien sûr, si vous lisez des emails fleuves, si vous passez quelques coups de fils, si vous allez suivre une formation au Parc Club, et si vous avez un bon karma, vous n'aurez aucun problème avec la Fac. Bref, si vous vous arrêtez tout ce que vous aviez prévu de faire et passez au service des services, tout ira bien. Mais juste un petit rappel pour ceux qui nous dirigent. Nous aussi, on bosse. C'est marrant, on fait de le recherche avec des deadlines, des réunions, du travail. On ne peut pas tout laisser tomber pour suivre une nouvelle procédure.

On avait le choix entre annuler notre réunion de travail de Jeudi et la remplacer par une journée Fac ou ne pas remplir les Fac du mois de Janvier. On a choisi la deuxième option. Seulement voilà, on a ensuite réalisé qu'une assistante se retrouvait à faire nos feuilles d'activité en échangeant des emails avec nous pour les compléter. Ca lui fait une surcharge de travail considérable. Marche arrière toute. On a décidé de remplir les Fac car on ne veut surtout pas rendre la vie encore plus difficile aux assistantes des services.

Alors qu'est-ce qu'on peut faire? Râler sa frustration. Ce que je fais.

C'est vrai que ça ne prend pas tellement de temps de remplir les Fac (quand tout est au point). C'est vrai que les chercheurs réagissent de manière trop épidermique quand on leur demande de faire de la paperasserie. Mais il faut comprendre qu'ils ont de plus en plus de ces petites tâches qui les empêchent de bosser. Il faut comprendre que quand un chercheur a déjà une journée super chargée, il déteste perdre une ou deux heures sur une procédure installée dans l'urgence, mal préparée, avec des outils mal adaptés, pour donner une information qui tiendrait en quelques lignes: les journées où il a bossé sur le projet machin en janvier.

Pour finir, je me suis dit que bosserai sur les Fac le weekend, mais ça, ce n'était pas possible: FacWeb ne bosse pas le weekend (sic). Il y a sans doute aussi de bonnes excuses (les logiciels qui travaillent même le weekend sont plus chers?) mais quand même c'est trop drôle.

vendredi 4 février 2011

Connaissez-vous Léo Szilàrd ?

Ce texte me parait si vrai que j'ai des doutes sur sa véracité. Même s'il est faux, merci Marie-Christine.

Léo Szilàrd (1898-1964), premier concepteur de la réaction en chaîne (dès 1933), auteur de la lettre cosignée avec Einstein pour convaincre le président Roosevelt de fabriquer la bombe A... Ce visionnaire (pour bien d'autres raisons que nous ne détaillerons pas) consacra la fin de sa vie à la défense d’un monde dénucléarisé et à l’écriture de nouvelles. Dans l’une d’elles "la voix des dauphins", un milliardaire demande au personnage principal, un chercheur, comment on pourrait ralentir l’avancée de la science, trop rapide selon lui.

Le chercheur répond : « On pourrait mettre en place une agence dotée annuellement de trente millions de dollars. Les chercheurs ayant besoin d’argent pourraient y faire des demandes, en se montrant convaincants. Comptons pour examiner les dossiers dix comités, chacun composé d’une douzaine de chercheurs. Prenons les chercheurs les plus actifs et nommons-les membres de ces comités… Premièrement, les meilleurs chercheurs seraient soustraits à leurs laboratoires et occupés à l’évaluation des dossiers. Deuxièmement, les chercheurs cherchant de l’argent se concentreraient sur des questions jugées prometteuses, et sur lesquelles ils seraient à peu près sûrs de pouvoir publier rapidement. Les premières années, il y aurait certainement une augmentation notable de la production scientifique ; mais à force de rechercher les choses évidentes, bientôt la science se tarirait… Il y aurait des modes, et ceux qui les suivraient auraient les crédits. Ceux qui ne les suivraient pas n’en auraient pas, et apprendraient rapidement à suivre les modes à leur tour. »

Léo Szilàrd, The Voice of the Dolphins, Simon et Schuster, 1961.

dimanche 23 janvier 2011

Les: promesses et écueils du Web

J'ai animé un débat sur ce thème dans le cadre de Sèvres Débats :

http://www-rocq.inria.fr/~abitebou/pub/11SevresDebats.pdf

Ce n'est pas compliqué de faire participer le public sur ce sujet. Il suffit de balancer quelques Scuds comme : "les jours du papier sont comptés" ou "Et si la vie virtuelle est mieux que la vie réelle, pourquoi ne pas oublier la vie réelle".

Évidemment, le sujet est trop vaste : on n'a pas pu tout aborder.

mardi 4 janvier 2011

Indignez-moi, Benoît !

Avec tout le battage médiatique, j'attendais beaucoup du petit livre de Stéphane Hessel, "Indignez vous !". Après l'année de l'iPad, on allait avoir le réveillon de l'indignation.

Avec tout le respect qui est dû à son grand âge, quelle déception!

Ça commence plutôt bien avec des indignations qu'il est toujours bon de rappeler. Oui ! Qu'on arrête de nous dire que le pays n'a pas les moyens d'une politique sociale: le pays est bien plus riche qu'à la libération. Oui ! "L'indifférence est la pire des attitudes".

Sinon. Ça patauge. Les solutions du Conseil National de la Résistance. Vous ne croyez pas que ça date ? Que ce n'est pas adapté à nos problèmes ? Pas un mot sur l'écologie. Mon tout est très franchouille dans la catégorie champions de l'indignation. Pas un mot sur comment construire ? La pureté révolutionnaire mais pas le réalisme. Quelles pistes suivre ? Comment avancer ?

On s'indigne et on va boire un coup au troquet du coin ?

Si je suis resté sur ma faim dans cette absence de proposition, j'ai été carrément bloqué quand SH s'est mis à parler de Palestine. 2 pages sur les 13 du texte ! Il n'a pas trouvé de meilleure cause d'indignation en Afrique, en Asie ? Non ! Sa principale indignation, c'est Gaza et la Cisjordanie. Et là je trouve son indignation déséquilibrée, injuste. Pas un mot pour dire que des juifs ont le droit de vivre en Israel, pas un mot en faveur des juifs expulsés des pays arabes. Quand même, ma bonne dame, c'est insupportable après ce qu'ils ont vécu, qu'ils puissent faire ça.

Je suis le premier à défendre les droits des palestiniens mais je m'arrange pour mettre dans la même phrase ceux des israéliens. Pas M. Hessel.

Deux illustrations. "Le Hamas n'a pas pu éviter que des rockets soient envoyées sur les villes israéliennes" (sic). "on peut se dire que le terrorisme est une forme d'exaspération... L'exaspération est compréhensible, je dirais puisqu'elle est naturelle". Quoi ??? SH rajoute quand même "mais pour autant elle n'est pas acceptable". Ouf ! On aurait fini par croire en lisant ce texte que le Hamas n'est pas un mouvement terroriste, une bande de pacifistes dont le terrorisme est à soutenir. Vous avez dit confus ?

Oui. Pour finir, le texte plonge encore plus dans la confusion avec deux pages sur la non-violence et l'insurrection pacifique assez incompréhensibles.

Si nous n'avons pas mieux à opposer aux penseurs du libéralisme qui inondent nos télés, nos radios, nos journaux, nous sommes mal barrés.

dimanche 5 décembre 2010

L'américain de Sèvres

Dernier article de cette série qui commence à ressembler à du spamming.

Vient de paraître : L'américain de Sèvres par Serge Abiteboul et Yann Fradin.

En HTML : http://sevres-pratique.com/Americain
En EPUB (ipad, iphone, etc.) : http://sevres-pratique.com/Americain/AmericainDeSevres.epub
Les précédents : http://sevres-pratique.com/Serge

License Creative Commons

France, tes chercheurs foutent le camp !

3 références

  1. Les expatriés de l’enseignement supérieur français aux Etats-Unis, une étude de l’Institut Montaigne,
  2. Why French Scholars Love U.S. Colleges dans le New York Times
  3. The French Academic Diaspora dans Inside Higher Ed,

Des copains profs aux US (Moshe V. et Hector G.M.) m’ont envoyé des pointeurs sur ces articles. Et comme parmi le petit nombre de mes lecteurs, le taux d’expats est élevé, je ne peux pas échapper au sujet.

Partons d’un petit échantillon : un chercheur qui, après plusieurs séjours aux Etats-Unis, six ans en tout en Californie, a décidé de rentrer en France. Oups. Pardon, il s’agit de moi et je n’ai rien décidé. C’était une décision collective de la famille. Et oui. Le chercheur n’est pas seul dans sa bulle. Il a aussi une famille qui participe aux décisions. Agrandissons l’échantillon. Des copains, profs d’informatique dans des facs américaines. Gérard M. a choisi de rester aux Etats-Unis surtout parce qu’il s’est marié avec une américaine qui imaginait mal de vivre en France. Amélie M. est partie (à mon humble avis) parce qu’elle et son copain regardaient trop de films américains. Ils n’écartent pas de rentrer. Victor V. (qu’on assimilera sans effort à un français) passe autant de temps en France qu’aux US même s’il est prof là-bas, en partie parce que lui et son épouse américaine sont très francophiles. Donc dans cet échantillon très représentatif (on reconnait qu’il est restreint et n’inclut que des informaticiens), les chercheurs ne choisissent pas les US pour les raisons qu’on donne souvent : le salaire trop faible et le manque de moyens.

Le salaire. Je sais bien que le fric est devenu le premier critère de réussite mais je n’ai pas vraiment l’impression que ce soit le salaire qui détermine le choix de mes collègues ou de mes étudiants qui partent. (Quand on connait le salaire de départ d’un maître de conférence, on peut d’ailleurs être surpris.)

Les moyens. Oui. Par exemple, plusieurs de mes étudiants sont partis chez Google parce qu’ils y trouvaient des possibilités de développer des systèmes, offertes nulle part ailleurs. Mais c’est vrai que la plupart n’étaient pas français, qu’il y a peu d’endroit comme Google, que ça ne durera pas, et que certains reviendront sans doute.

Des chercheurs arrivent en France d’autres en partent. Parler juste d’un brain drain des français vers les US est réducteur. On devrait parler d’Europe avec Alkis P. qui est aux US mais n’écarte pas la possibilité d’un retour. (La diaspora française d’ailleurs est en proportion, ridicule par rapport aux diasporas israélienne ou grecque.) Donc ce qui compte, ce n’est pas pour la France de garder les français mais pour l’Europe d’attirer les meilleurs d’Asie ou d’Afrique, et pas forcément pour les garder égoïstement. (Et ça, ce n’est pas un problème neuf.)

Revenons en France. Je ne dis pas que la situation est parfaite. Loin de là et ça ne s’arrange pas. Mais bon. On n’est pas si mauvais et notre vie de chercheur n’est pas si horrible. Alors pourquoi tous ces gens (y compris le président de la république) disent-ils que les chercheurs français sont nuls et que les meilleurs foutent le camp ? Parce que le français aime se plaindre. Il se plaint de sa recherche comme il se plaint de son système social (essayez le système américain), de son industrie (pourtant parmi les meilleures du monde), de ses impôts (les allemands en paient autant), etc. Pour confirmer scientifiquement, une étude menée parmi des enfants de nombreux pays sur les devoirs. Le gosse américain est super content de ce qu’il a fait, bien au dessus de sa vraie performance. Et le petit français est lui parmi les plus mécontents, bien en dessous de ce qu’il a réussi.

Donc pour conclure : Oui ! L’environnement de la recherche en France est catastrophique. Oui ! C’est de pire en pire. La recherche est moribonde. L’université est quasi détruite. Après tout, je suis français. Il faut bien que je me plaigne.

De l'extension du domaine de la censure

Wikileaks : ça fait sourire qu'on étale autant de données confidentielles. Et puis on n'y pense plus. Qu'un diplomate américain trouve Sarkozy excité, cela ne surprend personne. Mais voilà, tout cela tourne en démonstration de censure.

"Les méthodes abjectes et dangereuses que Wikileaks utilise sont inacceptables et doivent être condamnées avec la plus grande fermeté par tous les pays du monde. Wikileaks n’a pas de place dans l’internet civilisé que nous devons construire." selon Muriel Marlan-Militello, une obscure député UMP, j'imagine future ministre de la recherche, ou de l'économie numérique, voir de la propagande. Et de soutenir une autre gloire nationale, Eric Besson, ministre de cette économie numérique (en plus de l'industrie) qui demande l'interdiction de l'hébergement de Wikileaks en France. Super la France rejoint la Chine et autres dictatures dans le front anti-liberté sur le Web.

Leur Internet n'est pas le mien ! Le Web est plus compliqué à censurer qu'un vulgaire canard. Mais si on ne fait rien, ils finiront par y arriver.

C'est difficile de trouver Wikileaks. Mais on le trouve encore. Au moment où j'écris sur http://213.251.145.96/

Pour comment manipuler les DNS pour qu'on puisse trouver le site de Wikileaks :
http://www.bortzmeyer.org/a-propos-wikileaks.html

PS: Avec comme vague lien la censure, Felix Nussbaum au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme. A découvrir absolument.





Felix Nussbaum
Selbstbilnis mit Judenpass
© ADAGP, Paris 2010

mardi 19 octobre 2010

Sauvez Gaupillat !

La France est baladée entre des mutations de société comme l'allongement de la vie ou le chômage massif, des réponses sectaires et simplistes comme l'augmentation de l'âge de la retraite. Des lycéens caillassent les flics, des lycéens se font menotter sous les fenêtres de mon bureau. . La France est en révolte. Mais je ne sais pas trop quoi en dire.

Alors je cause d'une autre actualité brûlante.

« Il y a deux choses dans un édifice, son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde; c’est donc dépasser son droit que de la détruire »
Victor Hugo

La fabrique Gaupillat, au 43 bis route de Vaugirard à Meudon, est le dernier bâtiment industriel du Val de Seine. Construite à la fin du 19ème siècle, elle constitue un exemple d’architecture industrielle avec sa cheminée, ses sheds, ses poutres métalliques et sa façade en briques.
Durant 160 ans, les ateliers d’estampillage ont rythmé la vie du Bas-Meudon, face à l’emblématique Ile Seguin. Depuis 2005, l’association La Fabrique s’est créée pour sauvegarder et mettre en valeur ce bâtiment unique. L’ancienne usine Gaupillat est aujourd’hui menacée de destruction.

Un permis de démolir à été déposé en Mairie de Meudon, le 7 juillet dernier.

Aidez nous à garder cette usine.

Pétition: http://www.association-lafabrique.org/wordpress/archives/1568


mercredi 6 octobre 2010

Par amour ou pour la tune

Vous vous êtes toujours interrogés sur ce qui pousse en France un brillant scientifique autour de bac + 10 à prendre un poste de maître de conférence ou de chercheur ? Moi je ne suis pas sûr de bien comprendre. Et le même dix ans plus tard, bousculé entre ses cours, ses contrats, l'administration dévorante, et le reste et peut-être même un peu de recherche, qu'est-ce qui le pousse à rester ? Ils sont masos ?

Une étude a regardé cela de près dans le monde : For love and money.

On y apprend que le scientifique français a un pouvoir d'achat légèrement supérieur à celui du chinois et comparable à l'italien mais vachement plus faible que l'anglais ou l'allemand. On apprend aussi (si on ne le savait pas déjà) que les femmes sont moins bien payées que les hommes même dans les carrières scientifiques.

Alors par amour ou pour la tune?

Bibliographie: Une présentation que j'ai faite pendant SIGMOD Beijing, 2007, sur Life in Academia.

lundi 20 septembre 2010

L'écologie dans les nuages

L'académie des sciences à la suite d'une demande de Valérie Pécresse organisait aujourd'hui un débat scientifique sur le réchauffement climatique. Comme on m'a interrogé sur cette réunion, je réponds dans ce blog.

Le journal Le Monde d'hier parlait de « secret » et de « huit clos ». Explication : l'académie a deux types de séances :
  • des séances publiques, qui attirent peu de public,
  • et des séances privées, dites « secrètes ». Je pensais jusqu'à présent qu'il s'agissait surtout d’éviter au public ces séances assez peu intéressantes.
Parlons donc de la séance « secrète » d'aujourd'hui. Et avant tout, des précautions. Je ne connais rien au climat et j'ai séché la matinée pour cause de boulot plus sérieux. J’ai sacrifié mon après-midi parce que j’étais curieux de voir ce qui pouvait sortir de cette réunion. La salle était bien pleine, pleine d’académiciens spécialistes, et puis quelques invités, et pas mal de curieux comme moi.

Le but du débat est d'établir l'état actuel des connaissances scientifiques sur le changement climatique, dire où il y a consensus, où il y a désaccord, où il faut faire de la recherche.

Il ne s’agit pas de répondre aux questions que tout le monde se pose.

Il ne s’agit pas non plus de comprendre pourquoi les politiques et le grand public ne crèvent pas de trouille devant ce que leurs racontent les scientifiques. Ce problème tient plus de la sociologie ou la psychiatrie que de la science. C’est hors sujet !

Il ne s'agit pas de parler des mises en cause de la recherche en climatologie par Allègre et d'autres, ni d'erreurs ici ou là. Du coté d’ici : Des études scientifiques ont montré que les erreurs dans les rapports du Giec ne mettent pas en cause ses conclusions et notamment que le réchauffement climatique depuis la seconde moitié du 20ème siècle est très probablement d'origine humaine. Et du coté de là : les erreurs détruisent les arguments.

Bon. Je pensais qu’on allait se contenter de dire que les chercheurs sur le climat, quoiqu'en dise Allègre, savent ce qu'ils font ; ils progressent vachement vite. Des spécialistes allaient nous expliquer vite fait. On aurait écouté. On n'aurait pas eu de bagarre. On aurait bu un coup (ça manquait) et on se serait quittés bons copains.

Oui mais voilà. J'étais juste ignorant big time et plein d'idées préconçues sur ce débat comme sur le sujet.

J'ai écouté des gens tout l'après-midi. En particulier, un dénommé Richard Litzen, prof au MIT, et grand sceptique du réchauffement climatique devant le seigneur. J'ai eu le temps de me demander pourquoi il avait été invité ? C'était le seul à ne pas parler français. J'imagine que la majorité des spécialistes ne causent pas notre langue. Ça m'a surpris qu'il n'y ait qu'un anglophone. Et ça m'a surpris qu’il soit engagé dans le camp hyper minoritaire. C'est de la parano ? Oui ! D'autres non francophones étaient invités qui ont décliné.

Lui, j'ai vite compris qu'il pensait le contraire de ce qu'on m'avait raconté. J'ai pas compris tous ses arguments. Avec lui et avec d’autres, j'ai raté plein de trucs soit parce qu'il me manquait les bases, soit parce que je rêvais à d'autres problèmes, ou peut-être parce qu’ils étaient parfois confus. Merci à quelques intervenants qui m'ont un peu sorti de mon ignorance, surtout à une Sandrine Bony-Lena que j'ai trouvée lumineuse. Merci à Edouard Bard pour son parler clair.

Avec elle et d'autres, on comprend que les nuages posent problème. Qu'ils sont trop hyper compliqués à modéliser. On serait presque tenté de passer du coté des stratocumulus et de leurs copains. Nuages, résistez ! Qu'il reste au moins une place aux rêves. Et puis on se dit que c'est trop sérieux. Il faut aussi mettre les nuages en équations pour savoir si on va gagner 1.5 ou 5 degrés.

Un chercheur nous explique qu'avec je ne sais plus combien de degrés en plus, on cultivera du maïs en Suède. Donc ça a du bon le réchauffement climatique ? Un biologiste nous explique que même un degré de plus, ce n’est pas bon pour l'écologie. Dommage qu'il soit hors sujet ! Quelqu'un intervient pour dire qu'il aimerait bien qu'on parle du fond. Hors sujet ! On lui répète la règle du jeu. C'est un peu le bordel. Finalement il valait peut-être mieux que ce soit à huit clos.

Pendant une pause, j'ai demandé à des confrères académiciens qui s'y connaissent plus que moi ; c'est facile à trouver. Le premier m'a confirmé que le réchauffement climatique est d’origine humaine. Un second confirme. Le troisième m’explique que c’est un problème complexe. Oui. Ça j'avais compris que c'était complexe et que l'on n’avait pas de certitude. Mais la vie est toute-entière dans un cadre incertain. Les scientifiques construisent leurs théories sur l’incertitude ? Reprise du débat. Je dois interrompre mon sondage.

De loin en loin, ça dérape du consensus pour s'engueuler. Mince ce n’est pas simple la vérité sur le climat. Des scientifiques s'appuient sur des travaux scientifiques et d'autres scientifiques nous disent ensuite qu'ils ont été invalidés. Que croire ? Je ne peux pas tout vérifier. Je veux croire les spécialistes comme Bony-Lena et Bard. Finalement, ce débat n’aura fait qu'ajouter à la confusion, à ma confusion. De toute façon, que pouvait-il ajouter aux réunions scientifiques sur le sujet ?

Un vieil académicien fait remarquer qu'il est venu pour parler réchauffement climatique. A-t-il bien dit : « Quand j’étais étudiant à normal sup, les hivers étaient plus rudes. » Dans ce débat surréaliste, son intervention est une bouffée de fraicheur.

Voir le communiqué de presse

lundi 13 septembre 2010

Data publica à la Cantine

"Le projet Data Publica met en place et opérera une place de marché sur laquelle ceux qui possèdent des données viendront publier leurs méta-données ou leurs API ainsi que la ou les licences sous lesquelles elles peuvent être utilisées, et ceux qui développent des applications viendront prendre ces méta-données pour développer des applications au modèles économiques compatible avec la licence d'utilisation..."

Pour en savoir plus: cliquer

Et si vous connaissez pas, c'est une bonne occasion de découvrir La Cantine.

mercredi 25 août 2010

P ≠ NP, Sexe et SMS

Selon une enquête aux US, les jeunes de moins de 25 ans répondent à des messages électroniques pour :
  1. 22% en réunion
  2. 49% en mangeant
  3. 24% sur les gogues
  4. 10% quand ils baisent.
Voir http://adage.com/article?article_id=143705 (trouvé sur le tweet de FB)

C'est encore une expression de la supériorité de la nouvelle génération: ils sont plus "multithreaded" (multi-tâches?) que leurs anciens.

Une enquête indépendante sur un échantillon de 3 personnes dans le RER B a conduit à des résultats similaires. Un exposé devant la direction de l'INRIA a montré que dans les tranches plus âgées, jusqu'à 87% des personnes assistant à une présentation peuvent en même temps répondre à des messages électroniques.

PS: je voulais écrire un article sur la nouvelle "preuve" de P ≠ NP. J'étais très intéressé parce qu'elle utilise la théorie des modèles finis. Mais voilà, j'ai fini sur un sujet plus léger.

jeudi 19 août 2010

Mes livres numériques à moi

J'ai regardé les formats de livres numériques, et voilà mes deux romans en format epub.

Le Livre d'Axel
Hirondelles sur le Web
PS: les versions epub sont thanx to Pierre S.

Webdam Access

Dans l'article précédent, je racontais les derniers jours de la vie privée. J'aurais aussi pu mentionner les trous de sécurité des smart phones, les virus qui s'infiltrent sur ces téléphones comme sur les PCs pour violer l'intimité numérique, ou du vol d'identité. Sur une note plus positive, je vais parler ici de travaux sur un Web plus protégé, notamment autour de la thèse d'un de mes doctorants, Alban Galland.

Le point de départ de Webdam Access est d'utiliser des signatures et de l'encryption pour protéger les données sur le Web. Evidemment, si je vous passe une photo encryptée et son secret, rien ne vous empêche, après l'avoir décryptée, de la publier sur un site quelconque. On va juste essayer de définir ce qui est autorisé ou pas, et de garantir que vous ne vous puissiez pas prouver que vous avez le droit de faire ça. C'est un peu minimum mais c'est déjà beaucoup. Donc on attache à toutes les informations des droits d'accès. On impose des règles comme " vous ne pouvez donner en clair une information à quelqu'un que si vous avez la preuve qu'il a le droit de l'avoir. " On attache aussi des informations de provenance aux informations, elles aussi authentifiées. Bref, on réalise collectivement un contrôle d'accès semblable à ce qu'on trouve dans les bases de données mais dans un environnement où de nombreux " pairs " partagent de l'information. Si tous les pairs sont honnêtes, on aura un système sûr. Sinon, si quelqu'un réalise une action illégale à l'intérieur du contexte sécurisé, on saura le détecter. Ailleurs, c'est la jungle du Web. On peut évidemment combiner tout cela avec d'autres techniques comme le watermarking (marquage en filigrane) qui permet de glisser, par exemple dans une copie de photo, une signature invisible qui permet de la distinguer d'autres copies et ainsi de détecter qui a " fuité ".
Dans ce cadre distribué, la gestion de données peut vite devenir une tâche de raisonnement complexe : trouver qui possède l'information cherchée, trouver une preuve de son droit d'accès à cette information, peut-être décrypter et vérifier que personne n'a triché. Une des difficultés est la gestion des mises-à-jour. Comment je fais pour révoquer maintenant les droits de quelqu'un sur un rapport, quand des tas de gens croient savoir que cette personne a le droit de le lire ?
Pour plus d'info, contacter Alban.Galland <à> inria.fr

mardi 17 août 2010

On cache tout – On cache rien

La globalisation de la société s'accompagne d'une autre globalisation peut-être aussi effrayante, celle de la vie privée. Après la famille, la tribu, le village, la ville, vous voilà plongés dans le réseau universel. Du 22 à Asnières, vous êtes passés brutalement à machin@gmail.com. Comme vos jobs, vos adresses sont délocalisées. Vous n'êtes plus nulle part et pourtant jamais vous n'avez été aussi suivis, tracés, espionnés : CCTV, Navigo, GPS, CB, etc. Vos trucs à vous, votre petite vie étriquée qui n'intéresse personne, sont exposés dans leurs moindres détails.

Une bêtise de jeunesse que vous vouliez cacher, des goûts que vous préféreriez garder pour vous, des entorses banales à la loi ou à des morales trop étriquées. Tout peut y passer ! Pas de droit à l'oubli, pas de droit au secret. Des pages Web viennent réveiller des souvenirs que vous aimeriez gommer, des blogs, des forums, les ressasser, leurs images peut-être vous hanter. Vous n'êtes rien et pourtant, vous vous mettez à exister dans des recoins du Web contre votre gré. Des ennemis ou pire des "amis" viennent vous rappeler vos erreurs, ou juste raconter, déformer des vérités qui ne leurs appartiennent pas. Et puis la rumeur peut enfler, et détruire encore plus efficacement que la langue de vipère ou le corbeau d'antan. Comment lutter contre une pieuvre qui enveloppe la terre avec la mémoire infinie de ses téraoctets ?

On vous avait dit que le Web apportait la connaissance universelle. On avait oublié de vous dire qu'il traînait dans ses guêtres, la commère de tous les commérages. L'informatique procure des moyens considérables pour obtenir des informations sur vous, les stocker dans des bases de données innombrables - vos comptes bancaires, vos mails sur Google, vos amis sur Facebook, vos bookmarks sur Firefox Sync, etc - et maintenant les disséminer. Les lois sur la protection de la vie privée (comme Informatique et Liberté) se révèlent bien inefficaces devant l'ampleur du problème.

Est-ce que la techno qui nous a mis dans ce merdier peut nous sortir de là? Je crains que non. La loi pourrait. Mais j'ai peur que les remèdes ne soient bien pires que le mal. Un flicage intensif ne servirait que les dictateurs et les moralisateurs de tous poils.

Alors on fait quoi ? On peut s'acheter une île, y interdire les nouvelles technologies, ou à défaut de l'argent pour, rejoindre les derniers rescapés du fléau, SDF et autres IAPF (Internet Access Provider Free).


















Il faut plutôt apprendre à vivre avec ces nouvelles technologies. Il faut apprendre à ne pas mettre tout et n'importe quoi sur le Web. Publier le nom de votre coup de foudre d'hier soir sur Facebook, ce n'est peut-être pas très intelligent. Mettre la photo d'un pote très ému sur votre blog, ce n'est pas drôle. Il faut apprendre à se protéger. Il faut développer pour le Web, des règles de bases de vie en communauté.

PS : Dr. Twitter et M. Carpe. A coup de blogs, de tweets, et autres instruments de ramdam, nous prenons tant de plaisir à nous raconter dans un étalage qui donne parfois le vertige, la nausée. Et en même temps, on aimerait vivre caché? On veut dire ou on veut taire ? C'est quoi cette schizophrénie ?

dimanche 25 juillet 2010

Mourir sur Facebook

J'ai causé d'un article du New York Times, Facebook After Death avec des amis. Dans le roman que j'écris en ce moment, l'Arpette, il y a un chapitre sur le sujet. En voilà un extrait:

Elle avait de nombreux contacts sur Facebook. Il faudrait compter combien parmi eux n'étaient que des loosers qui n'avaient accepté ou même demandé à être son " ami " que pour améliorer leurs propres scores ? Donnant-donnant. Tu fais plus un et moi aussi. Certains savent à peine qui était Denise Hervieux. D'autres l'ont oublié ou ne l'ont peut-être même jamais su. Peu parmi eux s'apercevront de sa disparition. Ils seront encore moins à la pleurer.

Son compteur de contacts s'est bloqué car elle n'est plus. Facebook va continuer à la proposer comme amie, dans de charmants clins d'œil de l'au-delà. On frissonne devant un de ces messages même si on sait bien que le mort n'a rien à voir avec l'indélicatesse de la proposition. Finalement, reste une occasion troublante de se souvenir.


Avec un employé pour des centaines de milliers d'utilisateurs, on comprend que Facebook ne fasse dans la dentelle. Un jour, ils s'apercevront de la disparition de Denise, sans doute parce qu'une de ses amies aura trouvé le bouton de déclaration de décès. Un contrôleur de mort vérifiera qu'il ne s'agit pas d'une mauvaise plaisanterie. Peut-être accolera-t-il alors au nom " Denise Hervieux ", une petite croix, pour elle la si peu catholique. Et ses pages Facebook deviendront un mausolée.


Facebook n'était qu'un truc de gosses. Des vieux y meurent maintenant et leurs morts compliquent la vie du réseau.


Les amies de Denise vont essayer de continuer à la faire vivre sur le Web. Mais l'issue de leur combat contre le temps ne fait aucun doute. Les comptes de celle qui vient de mourir vont être arrêtés. Ses pages sur Facebook finiront par disparaitre. Son site Web se figera. Encore quelques années et il sera fermé, entraînant avec lui dans sa mort, la mention " Webmaître Denise Hervieux ". Tous les sites où elle écrivait s'éteindront eux aussi l'un après l'autre. Ça prendra peut-être du temps, mais les marques qu'elle a laissées sur la toile s'estomperont , disparaitront. Vingt ans, cent ans, deux cents, l'infini pour le Web, et Denise finira avec Sebastian, fossilisés ensemble dans les archives du Web, sur la Wayback Machine, fosse commune des internautes disparus.

lundi 19 juillet 2010

Des bits et pas de la fibre cellulosique

A mon humble avis :
  • L’imprimerie est condamnée par le numérique comme le papyrus a été condamné par l’imprimerie.
  • Les éditeurs sont condamnés à passer numérique ou à disparaitre avec le papier.
En focalisant le débat sur la défense du papier, on rate les vrais sujets, et ce qui compte vraiment, l’accès à la lecture pour tous. On lisait avant Gutenberg et on continuera à lire après le livre numérique. Le numérique ne tuera pas le livre comme les lecteurs mp3 n’ont pas tué la musique. (Il n’y a jamais eu autant de gens dans les concerts.) Est-ce qu'on lira autrement? Et aussi, selon des travaux récents, le numérique bénéficie surtout à ceux qui maitrisent déjà bien les connaissances. Comment faire pour que le plus grand nombre profite de ces nouvelles technologies ?

Un aspect parmi d’autres, le numérique devrait permettre de faire baisser le prix de l’accès aux contenus. Qu’en est-il ? Ca coûte combien ? Pour un journal ? J’ai cherché sur le Web et j’ai trouvé des offres (12 euros/mois pour Libé) mais souvent la durée et le contenu n’étaient clairs. Les livres ? Combien ça coûte un bon vieux livre en format électronique ? On trouve déjà des classiques pour rien ou presque. C’est génial ! Et les livres récents ? Voilà un test qui vaut son pesant de cacahuètes. Sophie a voulu acheter le dernier roman de John Irving, « Last Night in Twisted River », chez Amazon, le roi du livre numérique. Nous avons adoré le « pricing » (j’utilise un mot anglais pour nous distancier de cette aberration) : 11.56 $ en poche ; 18.48 $ relié ; et 20.01 $ en numérique !

Donc on paie plus cher alors que les éditeurs font des économies de papier, d’impression, de stockage, de transports, d’invendus au pilon. Il va falloir qu’ils se calment s’ils veulent qu’on achète leurs livres sinon on peut toujours les télécharger illégalement. Ça ne vous rappelle rien ?
Aujourd’hui, si on n’a pas d’argent, on peut lire autant de livres qu’on veut gratuitement en allant à la bibliothèque. Et demain avec le numérique ? Aujourd’hui, on peut passer des livres à ses copains. Et demain avec le numérique ?

Le papier est en train de disparaître. Un nouveau système est à inventer. Il faut trouver un système qui permette aux écrivains de vivre de leur travail. Il reste aux éditeurs un rôle assez noble, celui de sélectionner les livres que nous liront. Mais d’autres modes de sélection sont possibles, par exemple basés sur la recommandation dans des réseaux sociaux. On aimerait que l’accès à la lecture pour tous soit au centre du dispositif et pas juste le profit des éditeurs.

Note : En temps passé sur chaque média. La télévision est en baisse (–37 %) ; les journaux aussi (–18 %). Les gagnants : les jeux vidéo (+77 %), Internet (+39 %) et la télévision par câble (+20 %). Le livre se défend bien (+3 %). Source US Census Bureau.

Note : Il faudrait aussi parler de la Babel du format. Par exemple, on en arrive à utiliser le lecteur Kindle sur l’Ipad pour lire un livre acheté chez Amazon. Bien sûr, la plupart des livres qu’on trouve sont sous des formats propriétaires. Erk ! La vie est dure !

mardi 6 juillet 2010

Evaluons, evaluons

Un numéro spécial de Nature sur la bibliométrie si vous n'êtes pas encore saturés par ce sujet qui finit par devenir plus important que la recherche elle-même.

samedi 3 juillet 2010

J’ai même pas d’iPad

Il est beau. Il est lisse. Il sent bon le luxe. Mais il sert à quoi ? Il est plus cher qu’un netbook. C’est un peu comme un gros Iphone mais sans caméra (pas de vidéo sur Skype) et super trop lourd pour téléphoner. Il est trop fragile pour qu’on l’emmène sur les chantiers. Un jour on pourra s’en servir comme télécommande globale à la maison pour la télé, les machines à laver, le frigidaire, etc. Mais pour l’instant, on ne peut même pas éteindre la lumière avec.

Buzz réglé au millimètre, rupture de stock bien orchestrée, records de vente, annonces modestes : "Ladies and gentlemen, well mostly ladies. I give you the greates invention of all time! (Steve Jobs pour la sortie de l'iPad.)

Combien ça coûte : 500 et 900 euros pour l’iPad selon Wikipédia. (C’est fou ce qu’on trouve dans les encyclopédies de nos jours.) C’est cher pour lire son mél et surfer le oueb. Mais quand on aime, on ne compte pas.

Cela a facilement convaincu les branchés, ceux qui l’ont attendu, ceux qui ont fait la queue pour l’acheter, ceux qui l’ont déjà, ceux qui ne peuvent plus s’en passer, ceux qui ont déjà commandé l’iPhone 4. Mais c’est pas pour :

  • Les ringards comme moi qui pensent pouvoir vivre sans.
  • Les malins qui attendent la prochaine version qui sera beaucoup mieux.
  • Les radins qui attendent que le prix baisse.
  • Les pauvres membres de l’Institut de Prévention des Accidents Domestiques devenu introuvable sur le Web.
  • Les écolos qui n’y voient que pollution et gaspillage de moult matières premières.
  • Ceux qui trouvent que c’est liberticide qu’un développeur ait à demander la permission à Apple pour proposer la moindre application et d’avoir à leur refiler un pourcentage des ventes. (Apple a presque coulé parce que le Mac était trop fermé. Ils refont la même erreur ? Je ne comprends pas tout.)
  • Tous ceux qui ne voient pas à quoi il sert.
  • Et les pauvres qui n’ont pas les moyens de se payer tous les nouveaux gadgets inutiles.

Ca fait quand même beaucoup de monde. Apple devrait s’inquiéter

Une photo qui commence à dater mais que je trouve toujours drôle

Sérieusement, on peut s’en servir pour regarder des films dans les trains ou les avions. On faisait déjà ça avec son laptop mais l’image et le son sont meilleurs. OK mais pas de quoi crier à la révolution. C’est aussi un des nombreux supports pour le livre numérique. Petite mise au point : iPad n’était pas le premier. Dans le créneau, je verrais même une avance pour le Kindle d’Amazon qui est basé sur du papier numérique et permet de lire des e-book. Pub gratuite : le Kindle ne coûte que 189$ chez Amazon US.

jeudi 17 juin 2010

Informatique en Terminal S: formation des profs

Si ça vous a échappé, allez voir le programme proposé par Jean-Pierre Archambault, Gérard Berry, Gilles Dowek et Maurice Nivat.

Il présente parfois une vision un peu française du domaine, mais on ne cachera pas notre plaisir. Un programme ambitieux et intéressant qui a d'abord le mérite d'exister.

Pas mal d'info sur le site de l'Association Enseignement Public & Informatique, EPI: http://www.epi.asso.fr