lundi 27 avril 2015
Le Non faire
Pour sauver les 8000 œuvres de l'Atelier du Non Faire entreposées à Maison Blanche (Neuilly sur Marne)
8000 toiles qui ont été peintes par les patients de l'hôpital Maison Blanche à Neuilly sur Marne vont être détruites par les bulldozers qui doivent raser l'hôpital pour y prévoir un projet immobilier...Ces 8000 toiles , témoins d'un art brut, témoins d'une création si particulière , devraient trouver leur place dans un musée ou un atelier permanent ... Ce patrimoine doit être préservé et non détruit ....
vendredi 24 avril 2015
Managing your digital life with a Personal information management system
dimanche 19 avril 2015
vendredi 10 avril 2015
Vous laïkiez ? j'en suis fort aise. Eh bien : aimez maintenant.
Twitter mais aussi les autres réseaux sociaux et surtout Facebooken prennent plein la tronche dans le clip de Stromae avec des dessins Sylvain Chomet qui avait fait Les Triplettes de Belleville.
A ne pas rater !
mardi 31 mars 2015
Sauvons la Gare Lisch !
On l'a fait !![]() Les effets de cette action sont déjà visibles, dès le samedi matin au café Le Départ où les rencontres se sont succédées, mais aussi au contact des élus, des riverains de passage approuvant l'action et dans la presse quotidienne régionale sur Le Parisien et France 3 Paris. Pour ceux qui n'ont pu être présents ce samedi pour récupérer leurs contreparties, elles vous seront envoyées par la poste dans les prochains jours. N'hésitez pas à visiter l'exposition tant qu'elle est encore en place et à partager vos photos sur les réseaux sociaux ! Pour ceux qui ne pourront s'y rendre, les portraits sont aussi visible sur notre site : http://www.garelisch.fr/savegarelisch/ Vous pouvez les partager sur Facebook en ajoutant vos motivations. Et si vous souhaitez réaffirmer votre soutien, après votre sourire c'est de votre signature dont nous avons besoin... Crédit photo : Benoit Alix |
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lundi 30 mars 2015
54 women who rocked the tech world
http://uk.businessinsider.com/54-women-who-rocked-the-tech-world-2015-2?op=1?r=US
Et parmi elle pas de française ; mais nous avons des jeunes chercheuses et ingénieures si brillantes que ça va changer !
Je ne résiste pas au plaisir de frimer : parmi les 54, deux de mes co-auteurs :

Et parmi elle pas de française ; mais nous avons des jeunes chercheuses et ingénieures si brillantes que ça va changer !
Je ne résiste pas au plaisir de frimer : parmi les 54, deux de mes co-auteurs :
- Tova Milo, qui a fait un post doc avec moi (92) et est revenue pour passer 4 années à INRIA dans mon équipe (01-04)
- Jennifer Widom qui m'a invité à Stanford (95-97)

samedi 28 mars 2015
Une semaine bien remplie
Un article accepté "Collaborative Access Control in WebdamLog" à la Conférence Internationale ACM SIGMOD on the Management of Data - sur slideshare
Une présentation "Personal Information Management Systems" à la Conférence Internationale sur "Extending Database Technology"
Et je la termine avec une table ronde "Big Data : adieu la vie privée ?" à la Cité des Sciences et de l'Industrie
lundi 23 mars 2015
Dieu a-t-il programmé le monde en Java ?
Dans un article de Binaire, je résume un article de Baptiste Mélès. J'aimerais donner envie de lire l’article complet.
vendredi 20 mars 2015
Le chemin pavé de bonnes intentions de la fin des libertés
Renseignement :
le Conseil national du numérique s’inquiète d’une extension du champ de
la surveillance et invite à renforcer les garanties et les moyens du
contrôle démocratique
Communiqué de presse Renseignement : le Conseil national du
numérique s’inquiète d’une extension du champ de la surveillance et
invite à renforcer les garanties et les moyens du contrôle démocratique
Le Premier Ministre a présenté en Conseil des ministres un…
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mercredi 18 mars 2015
Paris Tech REVIEW : Devons-nous tous apprendre à coder ?
Paris Tech REVIEW (17 mars 2015)
Série Education – 5 – Devons-nous tous apprendre à coder?
http://www.paristechreview.com/2015/03/17/apprendre-programmer/
ParisTech Review – L’enseignement de l’informatique prend aujourd’hui une importance grandissante. Quels sont ses enjeux, pour les élèves et pour nos sociétés?
Serge Abiteboul – La raison principale est que l’informatique est au cœur du monde numérique que nous sommes en train de construire. Pour comprendre, maîtriser et participer à ce monde numérique, la connaissance de l’informatique est indispensable. Et si nous voulons être compétitifs sur un plan économique, nous avons également besoin de maîtriser la science et la technique informatique. À titre de comparaison, il est aussi important de comprendre l’informatique aujourd’hui qu’il était important de connaître les mathématiques ou la physique au XIXe et au XXe siècles.
Le président américain Barack Obama le dit très bien dans cette vidéo où il appelle les jeunes Américains à apprendre à programmer. Il y a des programmes dans à peu près tous les outils que nous utilisons et tous les objets qui nous entourent. À partir de là, deux attitudes sont possibles. L’une consiste à dire : c’est nous qui allons écrire ces programmes, les maîtriser et être ainsi maîtres de notre destin. L’autre à dire : d’autres vont les écrire et décider pour nous. Il est possible de vivre comme ça, en utilisant les produits des autres. Mais d’un point de vue économique, cela signifie perdre notre compétitivité, c’est disparaître de la carte du monde de l’innovation, puisque cette innovation passe de plus en plus souvent par l’informatique.
D’un point de vue individuel, on peut également se contenter d’être passif devant tous ces objets et les laisser décider pour nous. Ou bien on peut décider de faire quelque chose qui n’est pas prévu dans le manuel. Par exemple, vous êtes en train de gérer le site web d’une association et il y a quelque chose qui ne vous plaît pas. Si vous ne comprenez pas les dix lignes de code qui déterminent cette fonction et ne savez pas écrire les deux lignes de code qui vont la modifier, vous restez un esclave des technologies.
Si l’on veut être un citoyen à part entière, si l’on veut prendre en main son destin, il faut par exemple comprendre ce que c’est que le cloud ou le vote électronique et il faut être capable de se programmer une petite application sur son téléphone et de customiser quelques lignes de code sur un site web. Et ce quelque soit son métier. C’est à la portée de tout le monde : ce n’est pas plus compliqué que d’écrire un rapport en français ou de concevoir la logistique d’une entreprise. L’enjeu est de devenir de vrais participants et de démystifier ce domaine, afin qu’il ne reste pas l’apanage du département IT de son entreprise.
Clarifions le vocabulaire : on a souvent tendance à confondre informatique et numérique. Quelle est la différence entre ces deux termes et comment s’articulent-ils?
Il y a un monde numérique et une science informatique. Au lieu de lire un livre papier, vous lisez un livre numérique ; en classe, au lieu d’un tableau avec une craie, vous avez un tableau numérique ; votre appareil photo est devenu numérique et votre voiture est numérique. Le monde qui vous entoure est numérique. Quand on apprend aux enfants à écrire, on peut leur apprendre à se servir d’un correcteur orthographique ; quand on apprend aux enfants à compter, on peut leur apprendre à se servir d’Excel. Ce sont des outils numériques mais il s’agit toujours d’apprendre à écrire ou d’apprendre à compter. De même, on peut familiariser les gens à l’utilisation de Google ou leur apprendre les risques de Facebook mais il n’y a pas un enseignement du moteur de recherche Google ou de la confidentialité dans Facebook. Il n’y a pas un « cours de numérique ». Cela s’enseigne avec les autres matières.
Au cœur de ce monde numérique, il y a l’informatique avec la programmation. L’informatique est ce qui permet de fabriquer tous les programmes qui font vivre ce monde numérique. Là, il s’agit véritablement d’un enseignement, d’une science et d’une technique et non simplement de familiariser les gens à des outils ou des pratiques. On mélange le fait d’apprendre à se servir d’outils avec apprendre l’informatique, ce qui n’a strictement rien à voir.
Donc, l’informatique est une science qu’il faut enseigner, comme on enseigne la physique, la chimie ou les mathématiques. Mais c’est aussi une technique. Il faut aussi apprendre à fabriquer soi-même des programmes, à résoudre des problèmes avec l’informatique. Oublier cela revient à oublier l’un des aspects fondamentaux de l’informatique.
Faut-il enseigner l’informatique comme une matière à part entière ou en distiller dans chacune des autres matières, de par son caractère interdisciplinaire?
Il faut faire attention à ne pas faire de confusion. Si l’on veut habituer les gens à des outils numériques, cela dépend des différentes matières (des outils de conception de bâtiment pour un architecte, des outils de bibliothèque et de recherche pour un littéraire, des outils de calculs pour un scientifique, etc.). Mais pour ce qui est de l’informatique en tant que science, il n’y en a qu’une. Il n’y a qu’une seule pensée algorithmique. Que vous soyez en train d’écrire un programme qui calcule les occurrences de certains mots dans un texte de Proust ou qui fasse des multiplications de matrices, les opérations de base seront les mêmes (opérations de séquencement, tests, boucles, etc.). C’est dans la mise en pratique de cette science qu’on peut choisir des projets de programmation différents, en s’appuyant sur des matières spécifiques, tout comme sur les intérêts et les expériences spécifiques de chaque enfant.
Alors, que peut-on enseigner?
La science informatique a développé une nouvelle forme de pensée, la pensée algorithmique qui explique comment les choses peuvent être faites par des programmes. La notion d’algorithme est bien connue depuis longtemps. Quand on vous apprend à faire une opération, par exemple l’addition, la multiplication ou la division, on vous apprend des algorithmes. Mais nous sommes maintenant confrontés à des situations beaucoup plus complexes, avec la programmation d’outils intelligents et d’application intelligentes. Du coup, il faut maîtriser tous ces concepts de façon plus abstraite. Par exemple, il faut apprendre ce qu’est une boucle, qui permet d’itérer une certaine tâche.
Mais l’informatique est aussi très concrète. La beauté de cette science est que l’on peut tout suite mettre en pratique ce qu’on a appris en écrivant de petits programmes simples. Cela marche extrêmement bien dès l’école primaire avec des langages comme Scratch, grâce auxquels les enfants peuvent se familiariser très jeunes avec la programmation. Il s’agit donc de comprendre la pensée informatique, qui est vraiment fondamentale pour comprendre le monde qui nous entoure, et en même temps de se familiariser tout de suite avec cette pensée en écrivant des petits programmes.
On peut donc commencer dès le plus jeune âge?
Il faut commencer dès le plus jeune âge, car c’est un âge auquel les enfants sont plus réceptifs à de nouvelles idées. Il y a le slogan “apprendre à lire, écrire et compter”. On peut rajouter “et à programmer”. Cela doit être une nouvelle dimension du socle commun de l’éducation nationale car apprendre à programmer est devenu indispensable au même titre qu’il est indispensable de savoir lire, écrire et compter.
Évidemment, l’informatique ne se résume pas à la programmation, tout comme les mathématiques ne se réduisent pas à calculer ou la littérature à écrire. Mais c’est le fondement de l’informatique, qu’il faut enseigner depuis le plus jeune âge.
L’école est-elle le meilleur cadre pour cet apprentissage? Ou bien doit-il se faire grâce à des initiatives émanant de la société civile?
On découvre un peu partout des enseignants qui ont commencé à apprendre aux enfants à programmer. Cela se fait aussi énormément en dehors de l’école. Il y a des goûters, des clubs, des associations comme Magic Makers, qui proposent de super activités en dehors de l’école. Tout ce qui est fait en dehors de l’école est excellent mais il faut quand même réaliser que si l’on veut arriver à toucher tous les enfants et ne laisser personne sur le bord de la route, il faudra rapidement intégrer cet enseignement dans les programmes scolaires.
Et pour ceux qui sont déjà sortis de l’école sans avoir appris l’informatique?
Ils peuvent se former sur le tas. Il existe des associations, des formations en ligne, parfois sous forme de jeu pour la programmation. Ceux qui sont aujourd’hui dans les métiers d’ingénierie doivent le faire. Il est également indispensable de former les enseignants qui n’ont pas eu d’informatique lors de leur formation.
Une fois en mode croisière, on peut imaginer trois temps scolaires, comme nous l’avons souligné dans un rapport pour l’Académie des Sciences. Dans un premier temps, à l’école, il s’agit de familiariser aux grands concepts, apprendre les bases de la pensée informatique et algorithmique et, éventuellement sous forme ludique, commencer à toucher à des langages de programmation comme Scratch. Puis, le collègue doit véritablement être le lieu où toute la population doit apprendre les bases de l’informatique, c’est-à-dire la programmation et les bases des algorithmes, ce que c’est que l’information, comment fonctionnent les machines, etc. Il ne s’agit pas d’un enseignement approfondi mais disons d’atteindre un niveau comparable à celui que les élèves acquièrent au collège en physique ou en biologie. C’est la base qui va leur permettre plus tard, s’ils en ont besoin, de se spécialiser et d’acquérir des compétences supplémentaires.
Quand on passe au lycée, on peut imaginer des enseignements informatiques adaptés aux orientations de chacun. L’élève qui va entrer en section scientifique sera plus intéressé par les applications mathématiques de l’informatique tandis que celui qui sera en section littéraire se penchera plus sur d’autres aspects de cette science, comme l’indexation de texte, la linguistique, etc. Dans les lycées professionnels, les jeunes font déjà pas mal d’informatique, plus qu’ailleurs car il y a une conscience plus développée du caractère indispensable de l’enseignement de l’informatique.
Concrètement, quelles sont les initiatives en matière d’enseignement de l’informatique qui ont déjà vu le jour dans le monde, et dont la France et d’autres pays en retard pourraient s’inspirer?
C’est clair que la France est en retard par rapport à d’autres pays qui ont pris le problème à bras le corps. Dans l’ensemble, les pays développés sont plutôt en avance. L’Angleterre a notamment décidé d’introduire l’enseignement de l’informatique en mettant un examen d’informatique à la fin du lycée. En Allemagne, où c’est de la compétence des régions, la Bavière a mené une réflexion très en amont, en s’appuyant sur les doubles compétences pour recruter des enseignants d’informatique avant même que l’informatique ne soit enseignée. Certains pays émergents s’y sont déjà lancés également, comme Israël ou la Corée du Sud. La tendance que l’on observe aujourd’hui est que l’enseignement de l’informatique se répand dans le monde, dans les pays développés comme dans les pays émergents, et de plus en plus tôt.
La France se situe plutôt parmi les mauvais élèves, en partie parce que nous avons plutôt investi sur l’enseignement des outils et des pratiques du numérique sans véritable volonté d’enseigner l’informatique. Mais les choses bougent dans l’Éducation nationale. Je veux être optimiste.
Série Education – 5 – Devons-nous tous apprendre à coder?
http://www.paristechreview.com/2015/03/17/apprendre-programmer/
ParisTech Review – L’enseignement de l’informatique prend aujourd’hui une importance grandissante. Quels sont ses enjeux, pour les élèves et pour nos sociétés?
Serge Abiteboul – La raison principale est que l’informatique est au cœur du monde numérique que nous sommes en train de construire. Pour comprendre, maîtriser et participer à ce monde numérique, la connaissance de l’informatique est indispensable. Et si nous voulons être compétitifs sur un plan économique, nous avons également besoin de maîtriser la science et la technique informatique. À titre de comparaison, il est aussi important de comprendre l’informatique aujourd’hui qu’il était important de connaître les mathématiques ou la physique au XIXe et au XXe siècles.
Le président américain Barack Obama le dit très bien dans cette vidéo où il appelle les jeunes Américains à apprendre à programmer. Il y a des programmes dans à peu près tous les outils que nous utilisons et tous les objets qui nous entourent. À partir de là, deux attitudes sont possibles. L’une consiste à dire : c’est nous qui allons écrire ces programmes, les maîtriser et être ainsi maîtres de notre destin. L’autre à dire : d’autres vont les écrire et décider pour nous. Il est possible de vivre comme ça, en utilisant les produits des autres. Mais d’un point de vue économique, cela signifie perdre notre compétitivité, c’est disparaître de la carte du monde de l’innovation, puisque cette innovation passe de plus en plus souvent par l’informatique.
D’un point de vue individuel, on peut également se contenter d’être passif devant tous ces objets et les laisser décider pour nous. Ou bien on peut décider de faire quelque chose qui n’est pas prévu dans le manuel. Par exemple, vous êtes en train de gérer le site web d’une association et il y a quelque chose qui ne vous plaît pas. Si vous ne comprenez pas les dix lignes de code qui déterminent cette fonction et ne savez pas écrire les deux lignes de code qui vont la modifier, vous restez un esclave des technologies.
Si l’on veut être un citoyen à part entière, si l’on veut prendre en main son destin, il faut par exemple comprendre ce que c’est que le cloud ou le vote électronique et il faut être capable de se programmer une petite application sur son téléphone et de customiser quelques lignes de code sur un site web. Et ce quelque soit son métier. C’est à la portée de tout le monde : ce n’est pas plus compliqué que d’écrire un rapport en français ou de concevoir la logistique d’une entreprise. L’enjeu est de devenir de vrais participants et de démystifier ce domaine, afin qu’il ne reste pas l’apanage du département IT de son entreprise.
Clarifions le vocabulaire : on a souvent tendance à confondre informatique et numérique. Quelle est la différence entre ces deux termes et comment s’articulent-ils?
Il y a un monde numérique et une science informatique. Au lieu de lire un livre papier, vous lisez un livre numérique ; en classe, au lieu d’un tableau avec une craie, vous avez un tableau numérique ; votre appareil photo est devenu numérique et votre voiture est numérique. Le monde qui vous entoure est numérique. Quand on apprend aux enfants à écrire, on peut leur apprendre à se servir d’un correcteur orthographique ; quand on apprend aux enfants à compter, on peut leur apprendre à se servir d’Excel. Ce sont des outils numériques mais il s’agit toujours d’apprendre à écrire ou d’apprendre à compter. De même, on peut familiariser les gens à l’utilisation de Google ou leur apprendre les risques de Facebook mais il n’y a pas un enseignement du moteur de recherche Google ou de la confidentialité dans Facebook. Il n’y a pas un « cours de numérique ». Cela s’enseigne avec les autres matières.
Au cœur de ce monde numérique, il y a l’informatique avec la programmation. L’informatique est ce qui permet de fabriquer tous les programmes qui font vivre ce monde numérique. Là, il s’agit véritablement d’un enseignement, d’une science et d’une technique et non simplement de familiariser les gens à des outils ou des pratiques. On mélange le fait d’apprendre à se servir d’outils avec apprendre l’informatique, ce qui n’a strictement rien à voir.
Donc, l’informatique est une science qu’il faut enseigner, comme on enseigne la physique, la chimie ou les mathématiques. Mais c’est aussi une technique. Il faut aussi apprendre à fabriquer soi-même des programmes, à résoudre des problèmes avec l’informatique. Oublier cela revient à oublier l’un des aspects fondamentaux de l’informatique.
Faut-il enseigner l’informatique comme une matière à part entière ou en distiller dans chacune des autres matières, de par son caractère interdisciplinaire?
Il faut faire attention à ne pas faire de confusion. Si l’on veut habituer les gens à des outils numériques, cela dépend des différentes matières (des outils de conception de bâtiment pour un architecte, des outils de bibliothèque et de recherche pour un littéraire, des outils de calculs pour un scientifique, etc.). Mais pour ce qui est de l’informatique en tant que science, il n’y en a qu’une. Il n’y a qu’une seule pensée algorithmique. Que vous soyez en train d’écrire un programme qui calcule les occurrences de certains mots dans un texte de Proust ou qui fasse des multiplications de matrices, les opérations de base seront les mêmes (opérations de séquencement, tests, boucles, etc.). C’est dans la mise en pratique de cette science qu’on peut choisir des projets de programmation différents, en s’appuyant sur des matières spécifiques, tout comme sur les intérêts et les expériences spécifiques de chaque enfant.
Alors, que peut-on enseigner?
La science informatique a développé une nouvelle forme de pensée, la pensée algorithmique qui explique comment les choses peuvent être faites par des programmes. La notion d’algorithme est bien connue depuis longtemps. Quand on vous apprend à faire une opération, par exemple l’addition, la multiplication ou la division, on vous apprend des algorithmes. Mais nous sommes maintenant confrontés à des situations beaucoup plus complexes, avec la programmation d’outils intelligents et d’application intelligentes. Du coup, il faut maîtriser tous ces concepts de façon plus abstraite. Par exemple, il faut apprendre ce qu’est une boucle, qui permet d’itérer une certaine tâche.
Mais l’informatique est aussi très concrète. La beauté de cette science est que l’on peut tout suite mettre en pratique ce qu’on a appris en écrivant de petits programmes simples. Cela marche extrêmement bien dès l’école primaire avec des langages comme Scratch, grâce auxquels les enfants peuvent se familiariser très jeunes avec la programmation. Il s’agit donc de comprendre la pensée informatique, qui est vraiment fondamentale pour comprendre le monde qui nous entoure, et en même temps de se familiariser tout de suite avec cette pensée en écrivant des petits programmes.
On peut donc commencer dès le plus jeune âge?
Il faut commencer dès le plus jeune âge, car c’est un âge auquel les enfants sont plus réceptifs à de nouvelles idées. Il y a le slogan “apprendre à lire, écrire et compter”. On peut rajouter “et à programmer”. Cela doit être une nouvelle dimension du socle commun de l’éducation nationale car apprendre à programmer est devenu indispensable au même titre qu’il est indispensable de savoir lire, écrire et compter.
Évidemment, l’informatique ne se résume pas à la programmation, tout comme les mathématiques ne se réduisent pas à calculer ou la littérature à écrire. Mais c’est le fondement de l’informatique, qu’il faut enseigner depuis le plus jeune âge.
L’école est-elle le meilleur cadre pour cet apprentissage? Ou bien doit-il se faire grâce à des initiatives émanant de la société civile?
On découvre un peu partout des enseignants qui ont commencé à apprendre aux enfants à programmer. Cela se fait aussi énormément en dehors de l’école. Il y a des goûters, des clubs, des associations comme Magic Makers, qui proposent de super activités en dehors de l’école. Tout ce qui est fait en dehors de l’école est excellent mais il faut quand même réaliser que si l’on veut arriver à toucher tous les enfants et ne laisser personne sur le bord de la route, il faudra rapidement intégrer cet enseignement dans les programmes scolaires.
Et pour ceux qui sont déjà sortis de l’école sans avoir appris l’informatique?
Ils peuvent se former sur le tas. Il existe des associations, des formations en ligne, parfois sous forme de jeu pour la programmation. Ceux qui sont aujourd’hui dans les métiers d’ingénierie doivent le faire. Il est également indispensable de former les enseignants qui n’ont pas eu d’informatique lors de leur formation.
Une fois en mode croisière, on peut imaginer trois temps scolaires, comme nous l’avons souligné dans un rapport pour l’Académie des Sciences. Dans un premier temps, à l’école, il s’agit de familiariser aux grands concepts, apprendre les bases de la pensée informatique et algorithmique et, éventuellement sous forme ludique, commencer à toucher à des langages de programmation comme Scratch. Puis, le collègue doit véritablement être le lieu où toute la population doit apprendre les bases de l’informatique, c’est-à-dire la programmation et les bases des algorithmes, ce que c’est que l’information, comment fonctionnent les machines, etc. Il ne s’agit pas d’un enseignement approfondi mais disons d’atteindre un niveau comparable à celui que les élèves acquièrent au collège en physique ou en biologie. C’est la base qui va leur permettre plus tard, s’ils en ont besoin, de se spécialiser et d’acquérir des compétences supplémentaires.
Quand on passe au lycée, on peut imaginer des enseignements informatiques adaptés aux orientations de chacun. L’élève qui va entrer en section scientifique sera plus intéressé par les applications mathématiques de l’informatique tandis que celui qui sera en section littéraire se penchera plus sur d’autres aspects de cette science, comme l’indexation de texte, la linguistique, etc. Dans les lycées professionnels, les jeunes font déjà pas mal d’informatique, plus qu’ailleurs car il y a une conscience plus développée du caractère indispensable de l’enseignement de l’informatique.
Concrètement, quelles sont les initiatives en matière d’enseignement de l’informatique qui ont déjà vu le jour dans le monde, et dont la France et d’autres pays en retard pourraient s’inspirer?
C’est clair que la France est en retard par rapport à d’autres pays qui ont pris le problème à bras le corps. Dans l’ensemble, les pays développés sont plutôt en avance. L’Angleterre a notamment décidé d’introduire l’enseignement de l’informatique en mettant un examen d’informatique à la fin du lycée. En Allemagne, où c’est de la compétence des régions, la Bavière a mené une réflexion très en amont, en s’appuyant sur les doubles compétences pour recruter des enseignants d’informatique avant même que l’informatique ne soit enseignée. Certains pays émergents s’y sont déjà lancés également, comme Israël ou la Corée du Sud. La tendance que l’on observe aujourd’hui est que l’enseignement de l’informatique se répand dans le monde, dans les pays développés comme dans les pays émergents, et de plus en plus tôt.
La France se situe plutôt parmi les mauvais élèves, en partie parce que nous avons plutôt investi sur l’enseignement des outils et des pratiques du numérique sans véritable volonté d’enseigner l’informatique. Mais les choses bougent dans l’Éducation nationale. Je veux être optimiste.
jeudi 26 février 2015
Neutralité du réseau : Et si on faisait comme les ricains ?
Merci Obama !
On s'attend à ce que La Federal Communications Commission aux États-Unis d'Amérique reconnaisse jeudi les services Internet comme un bien public. C'est un changement majeur pour qu'Internet reste un espace de liberté et pas une jungle trustée par quelques uns. Yes !
Pour en savoir plus :
On s'attend à ce que La Federal Communications Commission aux États-Unis d'Amérique reconnaisse jeudi les services Internet comme un bien public. C'est un changement majeur pour qu'Internet reste un espace de liberté et pas une jungle trustée par quelques uns. Yes !
Pour en savoir plus :
- New York Time
- Arrêt sur image (Merci Judith)
mardi 17 février 2015
Un moment de Grace
Grace Hopper : un des premiers grands programmeurs était une programmeure
https://www.youtube.com/watch?v=1-vcErOPofQ
https://www.youtube.com/watch?v=1-vcErOPofQ
mercredi 11 février 2015
The elephant in the room: getting value from Big Data
Julia Stoyanovich and Fabian Suchanek ACM Sigmod blog
Big Data, and its 4 Vs – volume, velocity, variety, and veracity – have been at the forefront of societal, scientific and engineering discourse. Arguably the most important 5th V, value, is not talked about as much. How can we make sure that our data is not just big, but also valuable? WebDB 2015, the premier workshop on Web and Databases, focuses on this important topic this year.
Interviews of Serge Abiteboul (INRIA Saclay & ENS Cachan), Oren Etzioni (Allen Institute for Artificial Intelligence), Divesh Srivastava (AT&T Labs-Research) with Luna Dong (Google Inc.), and Gerhard Weikum (Max Planck Institute for Informatics).
Big Data, and its 4 Vs – volume, velocity, variety, and veracity – have been at the forefront of societal, scientific and engineering discourse. Arguably the most important 5th V, value, is not talked about as much. How can we make sure that our data is not just big, but also valuable? WebDB 2015, the premier workshop on Web and Databases, focuses on this important topic this year.
Interviews of Serge Abiteboul (INRIA Saclay & ENS Cachan), Oren Etzioni (Allen Institute for Artificial Intelligence), Divesh Srivastava (AT&T Labs-Research) with Luna Dong (Google Inc.), and Gerhard Weikum (Max Planck Institute for Informatics).
mardi 3 février 2015
Colloquium d'informatique de l'UPMC
l'UPMC communique :)
C'est avec plaisir que nous vous convions à assister au prochain exposé organisé dans le cadre du Colloquium d'informatique de l'UPMC Sorbonne Universités : http://colloquium.lip6.fr/
Toward personal knowledge bases
présenté par Serge Abiteboul, directeur de recherche à Inria et ENS Cachan.
Ce colloquium s'adresse à un public large, et est ouvert à tous les chercheurs et étudiants en informatique.
L'exposé aura lieu:
- Mardi 24 février 2015 à 18h
- Amphithéâtre 15
- Université Pierre et Marie Curie
- 4, place Jussieu (métro Jussieu)
- 75005 Paris
Pour s'y rendre :
http://www.upmc.fr/fr/universite/campus_et_sites/a_paris_et_en_idf/jussieu.html
Un cocktail est prévu à 17h15 en prélude à la conférence.
===== Abstract:
A Web user today has his/her data and information distributed in a number of services that operate in silos. Computer wizards already know how to control their personal data to some extent. It is now
becoming possible for everyone to do the same, and there are many advantages to doing so. Everyone should now be in a position to manage his/her personal information. Furthermore, we will argue that we should move towards personal knowledge bases and discuss advantages to do so. We will mention recent works around a datalog dialect, namely Webdamlog.
===== Short bio:
Serge Abiteboul obtained his Ph.D. from the University of Southern California, and a State Doctoral Thesis from the University of Paris-Sud. He has been a researcher at the Institut National de
Recherche en Informatique et Automatique since 1982 and is now Distinguished Affiliated Professor at Ecole Normale Supérieure de Cachan. He was a Lecturer at the École Polytechnique and Visiting
Professor at Stanford and Oxford University. He has been Chair Professor at Collège de France in 2011-12 and Francqui Chair Professor at Namur University in 2012-2013. He co-founded the company Xyleme in 2000. Serge Abiteboul has received the ACM SIGMOD Innovation Award in 1998, the EADS Award from the French Academy of sciences in 2007; the Milner Award from the Royal Society in 2013; and a European Research Council Fellowship (2008-2013). He became a member of the French Academy of Sciences in 2008, and a member the Academy of Europe in 2011. He is a member of the Conseil national du numérique. His research work focuses mainly on data, information and knowledge management, particularly on the Web. He founded and is an editor of the blog binaire.blogs.lemonde.fr
lundi 26 janvier 2015
Des graphs animés
Il y a un mec a londres qui transforme ses graphs en gifs animés : http://now-here-this.timeout.com/2015/01/23/met-the-guy-who-paints-gifs-on-londons-walls/
mercredi 14 janvier 2015
mardi 13 janvier 2015
Café technologique : Jules Ferry 3.0 - Ecole et numérique
14/01/2014 à 18h30 (Paris) Café de Flore : 172 bld Saint-Germain 75006 Paris (métro Saint Germain des prés)
Que faut-il enseigner et comment dans l’école de la société numérique ? Comment redessiner un tissu éducatif ?
Serge Abiteboul : "Une mission de l’école est d’expliquer le monde dans lequel nous vivons, pas le monde du 19e ou même du 20e siècle. Le monde est devenu numérique et si on ignore l’informatique, qui est au cœur de ce changement, on ne comprend rien à ce nouveau monde, il reste magique. Il faut aussi préparer les citoyens aux problèmes de société qu’ils rencontreront. Pour avoir une chance de choisir la société dans laquelle ils vivront, il leur faut comprendre l’informatique.
La connaissance de l’informatique est essentielle dans les métiers du numérique, créateurs d’emplois, mais aussi pour l’engineering et les sciences dans tous les domaines. La compréhension de l’informatique est véritablement un plus dans quasiment toutes les professions, du chauffeur de taxi au professeur de philosophie. Pour un individu, ne pas maitriser les bases de l’informatique est de plus en plus un handicap. Pour un pays, ne pas l’enseigner condamne à rester ou devenir un pays sous-développé."
Le challenge d'enseigner l'informatique est d'importance. On constate depuis plusieurs années, en France, une dynamique positive en la matière mais jugée encore insuffisante. Concrètement aujourd’hui, comment s'y prendre ?Serge Abiteboul : "Nous avons vécu beaucoup de reculades. Le sport national, c’est la ponte de rapports. J’ai moi-même participé à un rapport de l’Académie des sciences ainsi qu’à un du Conseil national du numérique. Les conclusions de tous ces rapports sont identiques : il faut enseigner l’informatique. Le Ministère de l’éducation nationale s’est montré incapable de faire seul la transition. Il faut que les politiques décident, imposent un tempo et fassent bouger les lignes.
Comment s’y prendre ? Il faut introduire l’enseignement de l’informatique depuis l’école jusqu’au lycée, en insistant sur des pédagogies qui participent au développement des enfants et qui développent leur créativité comme les méthodes actives et la coopération dans des projets. Il faut bien avoir conscience que, comme dans les autres disciplines, la formation d’un professeur d'informatique exige de nombreuses années."
Quelles seraient les premières étapes pour permettre l'installation d'un tel enseignement ?
Serge Abiteboul : "En m’inspirant de recommandations du CNNum :
Que faut-il enseigner et comment dans l’école de la société numérique ? Comment redessiner un tissu éducatif ?
3 questions pour Inria-Alumni
Une des recommandations du rapport Jules Ferry 3.0 est de "former les citoyens d'une société numérique" en initiant à la pensée informatique. Selon-vous, en quoi l'enseignement de cette pensée est-elle indispensable ?Serge Abiteboul : "Une mission de l’école est d’expliquer le monde dans lequel nous vivons, pas le monde du 19e ou même du 20e siècle. Le monde est devenu numérique et si on ignore l’informatique, qui est au cœur de ce changement, on ne comprend rien à ce nouveau monde, il reste magique. Il faut aussi préparer les citoyens aux problèmes de société qu’ils rencontreront. Pour avoir une chance de choisir la société dans laquelle ils vivront, il leur faut comprendre l’informatique.
La connaissance de l’informatique est essentielle dans les métiers du numérique, créateurs d’emplois, mais aussi pour l’engineering et les sciences dans tous les domaines. La compréhension de l’informatique est véritablement un plus dans quasiment toutes les professions, du chauffeur de taxi au professeur de philosophie. Pour un individu, ne pas maitriser les bases de l’informatique est de plus en plus un handicap. Pour un pays, ne pas l’enseigner condamne à rester ou devenir un pays sous-développé."
Le challenge d'enseigner l'informatique est d'importance. On constate depuis plusieurs années, en France, une dynamique positive en la matière mais jugée encore insuffisante. Concrètement aujourd’hui, comment s'y prendre ?Serge Abiteboul : "Nous avons vécu beaucoup de reculades. Le sport national, c’est la ponte de rapports. J’ai moi-même participé à un rapport de l’Académie des sciences ainsi qu’à un du Conseil national du numérique. Les conclusions de tous ces rapports sont identiques : il faut enseigner l’informatique. Le Ministère de l’éducation nationale s’est montré incapable de faire seul la transition. Il faut que les politiques décident, imposent un tempo et fassent bouger les lignes.
Comment s’y prendre ? Il faut introduire l’enseignement de l’informatique depuis l’école jusqu’au lycée, en insistant sur des pédagogies qui participent au développement des enfants et qui développent leur créativité comme les méthodes actives et la coopération dans des projets. Il faut bien avoir conscience que, comme dans les autres disciplines, la formation d’un professeur d'informatique exige de nombreuses années."
Quelles seraient les premières étapes pour permettre l'installation d'un tel enseignement ?
Serge Abiteboul : "En m’inspirant de recommandations du CNNum :
- Enseigner à l'école primaire, les rudiments de la pensée informatique en mode connecté ou pas.
- Enseigner l’informatique au collège, autour de l’apprentissage de la programmation, sur le temps alloué à la technologie.
- Enseigner l’informatique à tous les élèves de toutes les filières du lycée, en commençant par généraliser l’option ISN à tous les lycées et toutes les filières.
- Former à l’informatique les professeurs des écoles.
- S’appuyer sur les professeurs déjà en poste et explorer d’autres enseignants potentiels (comme des chercheurs et ingénieurs informaticiens).
- Créer un Capes d’informatique et développer le recrutement d’enseignants d’informatique compétents.
- Accorder dans l’enseignement de l’informatique une place centrale aux projets en groupe et favoriser dans ce cadre les projets en collaboration avec d’autres disciplines que l’informatique.
mardi 30 décembre 2014
Pour un joint...
Prenons cette question hypothétique posée à un concours de la
fonction publique. Peut-on lier par une jointure les bases de données de
l’éducation nationale et de l’immigration ?
- Oui. Cela permet de détecter des personnes en situation irrégulière.
- Non. Cela pourrait décourager les personnes en situation irrégulière d’envoyer leurs enfants à l’école.
mercredi 24 décembre 2014
vendredi 12 décembre 2014
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