Leçon inaugurale de mon cours
Sciences des données : de la Logique du premier ordre à la Toile
jeudi 08 mars 2012 18H00, Collège de France, Amphithéâtre Marguerite de Navarre
Détails
«Towards Universal Access to Human Knowledge» Brewster Kahle
L’initiative de Google sur la numérisation en masse assortie de clauses d’exclusivité sur ces ressources (notamment sur leur indexation) pose la question de l’accessibilité de ces savoirs, accumulés depuis des siècles par les bibliothèques.
Comment cet accès peut-il être garanti à l’avenir, verra-t-on une écologie de systèmes innovants naître sur ces nouveaux contenus comme on l’a vu avec l’émergence d’un espace d’information immense et ouvert, le Web, il y a une vingtaine d’année ?
L’Open Content Alliance a été créée pour permettre un accès ouvert à toutes ces connaissances mais aussi pour que l’innovation se poursuive sur la base de ces contenus numérisés.
Plus généralement, Internet étant devenu le média clé de notre époque doit pouvoir être mis en perspective, maintenant et dans le futur, comme l’illustre encore, s’il en était besoin, le rôle qu’il joue dans le printemps arabe. Ce média mérite un mémoire. Afin de préserver et de rendre utilisables des fragments significatifs et de valeur de ce déluge d’information, il est nécessaire de constituer une mémoire ouverte de l’Internet, à grande échelle. Comment une telle mémoire peut-être créée et conservée dans le temps, comment l’utiliser, quels problèmes pose-t-elle ?
Le fondateur d’Internet Archive et de l’Open Content Alliance Brewster Kahle, viendra nous faire part de son point vue sur ses questions et en débattre, mercredi 16 mars.
Cette conférence, qui aura lieu à La Cantine, premier espace de travail collaboratif en réseau (http://lacantine.org/), sera suivie d’une discussion avec les participants, modérée par Hervé le Crosnier et Julien Masanès, directeur de l’Internet Memory Foundation.
L’Internet Memory Foundation (anciennement European Archive) est, à l’image d’Internet Archive, une institution à but non lucratif qui, depuis 2005, soutient activement la préservation de l’Internet comme nouveau média. (http://internetmemory.org). Internet Memory construit une mémoire du Net permettant l’analyse, la recherche et création de nouveaux services innovants.
19h Pot d'accueil des participants
19h30 Brewster Kahle : «Un accès universel aux connaissances»
20h15 Discussions autour des thématiques abordées
Nous vous remercions de nous confirmer votre participation en vous inscrivant sur le site de la Cantine :
http://lacantine.org/events/towards-universal-access-to-human-knowledge-by-brewster-kahle
3 références
Des copains profs aux US (Moshe V. et Hector G.M.) m’ont envoyé des pointeurs sur ces articles. Et comme parmi le petit nombre de mes lecteurs, le taux d’expats est élevé, je ne peux pas échapper au sujet.
Partons d’un petit échantillon : un chercheur qui, après plusieurs séjours aux Etats-Unis, six ans en tout en Californie, a décidé de rentrer en France. Oups. Pardon, il s’agit de moi et je n’ai rien décidé. C’était une décision collective de la famille. Et oui. Le chercheur n’est pas seul dans sa bulle. Il a aussi une famille qui participe aux décisions. Agrandissons l’échantillon. Des copains, profs d’informatique dans des facs américaines. Gérard M. a choisi de rester aux Etats-Unis surtout parce qu’il s’est marié avec une américaine qui imaginait mal de vivre en France. Amélie M. est partie (à mon humble avis) parce qu’elle et son copain regardaient trop de films américains. Ils n’écartent pas de rentrer. Victor V. (qu’on assimilera sans effort à un français) passe autant de temps en France qu’aux US même s’il est prof là-bas, en partie parce que lui et son épouse américaine sont très francophiles. Donc dans cet échantillon très représentatif (on reconnait qu’il est restreint et n’inclut que des informaticiens), les chercheurs ne choisissent pas les US pour les raisons qu’on donne souvent : le salaire trop faible et le manque de moyens.
Le salaire. Je sais bien que le fric est devenu le premier critère de réussite mais je n’ai pas vraiment l’impression que ce soit le salaire qui détermine le choix de mes collègues ou de mes étudiants qui partent. (Quand on connait le salaire de départ d’un maître de conférence, on peut d’ailleurs être surpris.)
Les moyens. Oui. Par exemple, plusieurs de mes étudiants sont partis chez Google parce qu’ils y trouvaient des possibilités de développer des systèmes, offertes nulle part ailleurs. Mais c’est vrai que la plupart n’étaient pas français, qu’il y a peu d’endroit comme Google, que ça ne durera pas, et que certains reviendront sans doute.
Des chercheurs arrivent en France d’autres en partent. Parler juste d’un brain drain des français vers les US est réducteur. On devrait parler d’Europe avec Alkis P. qui est aux US mais n’écarte pas la possibilité d’un retour. (La diaspora française d’ailleurs est en proportion, ridicule par rapport aux diasporas israélienne ou grecque.) Donc ce qui compte, ce n’est pas pour la France de garder les français mais pour l’Europe d’attirer les meilleurs d’Asie ou d’Afrique, et pas forcément pour les garder égoïstement. (Et ça, ce n’est pas un problème neuf.)
Revenons en France. Je ne dis pas que la situation est parfaite. Loin de là et ça ne s’arrange pas. Mais bon. On n’est pas si mauvais et notre vie de chercheur n’est pas si horrible. Alors pourquoi tous ces gens (y compris le président de la république) disent-ils que les chercheurs français sont nuls et que les meilleurs foutent le camp ? Parce que le français aime se plaindre. Il se plaint de sa recherche comme il se plaint de son système social (essayez le système américain), de son industrie (pourtant parmi les meilleures du monde), de ses impôts (les allemands en paient autant), etc. Pour confirmer scientifiquement, une étude menée parmi des enfants de nombreux pays sur les devoirs. Le gosse américain est super content de ce qu’il a fait, bien au dessus de sa vraie performance. Et le petit français est lui parmi les plus mécontents, bien en dessous de ce qu’il a réussi.
Donc pour conclure : Oui ! L’environnement de la recherche en France est catastrophique. Oui ! C’est de pire en pire. La recherche est moribonde. L’université est quasi détruite. Après tout, je suis français. Il faut bien que je me plaigne.

La fabrique Gaupillat, au 43 bis route de Vaugirard à Meudon, est le dernier bâtiment industriel du Val de Seine. Construite à la fin du 19ème siècle, elle constitue un exemple d’architecture industrielle avec sa cheminée, ses sheds, ses poutres métalliques et sa façade en briques.
Durant 160 ans, les ateliers d’estampillage ont rythmé la vie du Bas-Meudon, face à l’emblématique Ile Seguin. Depuis 2005, l’association La Fabrique s’est créée pour sauvegarder et mettre en valeur ce bâtiment unique. L’ancienne usine Gaupillat est aujourd’hui menacée de destruction.
Un permis de démolir à été déposé en Mairie de Meudon, le 7 juillet dernier.
Aidez nous à garder cette usine.
Pétition: http://www.association-lafabrique.org/wordpress/archives/1568